Vers un MIPE nouvelle génération ?

Destinés à faciliter les études des lycéens et étudiants, les plans MIPE (Micro portable étudiant) et ENPT (Éducation numérique pour tous) ont bénéficié à plus de 15 000 jeunes en 2013 et 2014. Mais le Gouvernement entend fusionner les deux mesures en un seul dispositif, plus équitable et plus transparent.

Initié en mars 2005, le MIPE permet aux étudiants de bénéficier d’une réduction de 30 %, supportée par le gouvernement, sur l’achat d’un micro-ordinateur portable ou d’une tablette numérique. Il intervient une seule fois dans le temps de scolarité. Jusque-là, le plafond s’élevait à 240 000 F. Les étudiants les plus aisés pouvaient donc jeter leur dévolu sur un ordinateur surpuissant, le transformer en console de jeux, ce qui n’était pas l’objectif d’une mesure destinée d’abord à aider les jeunes ne disposant pas de moyens suffisants pour acheter un appareil indispensable dans le cursus universitaire. Depuis la rentrée 2015, le plafond a été ramené à 150 000 F et un cahier des charges plus strict et correspondant aux besoins réels a été redéfini à l’usage des revendeurs.

Fini les tablettes à 1 franc !
Instauré en 2012 en faveur des lycéens, apprentis et étudiants hors Nouvelle-Calédonie, le dispositif ENPT prévoit quant à lui une réduction de 30 000 F, toujours supportée par le gouvernement, sur l’achat d’un ordinateur portable ou d’une tablette. Et de 20 000 F pour les enseignants du premier degré. Il est renouvelable tous les trois ans. Mais là aussi, l’expérience a parfois conduit à un détournement de l’esprit qui a prévalu à sa mise en place. Plusieurs revendeurs ont ainsi pu écouler un stock important de tablettes à 30 001 F (qui coûtaient en fait 1 F aux lycéens), matériel bas de gamme peu adapté aux réalités pédagogiques. En février dernier, le plafond a donc également été abaissé de 240 000 F à 150 000 F, alors que le cahier des charges était lui aussi révisé, à travers un certain nombre de mesures : taille de la tablette augmentée à 9 pouces minimum, clavier obligatoire, etc.

Vers l’harmonisation des deux dispositifs
Ces deux dernières années, le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a consacré près de 400 millions de francs au MIPE et à l’ENPT, opérations gérées par la Maison de l’étudiant en partenariat avec plus de trente enseignes réparties sur l’ensemble du territoire (grandes surfaces ou commerces de proximité). Avec, à la clé, un réel succès, plus de 15 000 bénéficiaires ayant été enregistrés en 2013 et 2014. Aujourd’hui, le gouvernement travaille à l’amélioration de ces dispositifs qui pourraient être fusionnés en un seul, plus simple, plus transparent, plus équitable, sans risque de pénaliser davantage les utilisateurs ni créer de fracture supplémentaire. Une telle harmonisation permettrait également de mieux anticiper les budgets dédiés et de rationaliser les dépenses. Et pourrait aboutir au lancement d’un MIPE nouvelle génération.

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