Exercice de sécurité à Vale NC

Un exercice grandeur nature était organisé le 19 juin par la Direction de la sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR) à l’usine de Vale NC pour tester son plan particulier d’intervention (PPI) en cas d’accident industriel majeur.

Voici le scénario catastrophe qui a été retenu par la sécurité civile pour tester ses capacités d’intervention sur un site à haut risque tel que l’usine de Goro : à 8 h 24, Vale NC prévient la DSCGR du déclenchement de son plan d’organisation interne en raison de la chute d’une grue sur un réservoir de dioxyde de soufre. Pas de fuite de gaz à ce stade, mais deux ouvriers sérieusement blessés qui doivent être évacués d’urgence. Vingt minutes plus tard, avec la dispersion d’un nuage toxique, la situation ne peut plus être maîtrisée en interne. Le président du gouvernement déclenche aussitôt le plan particulier d’intervention (PPI) afin d’alerter la population, de projeter les secours, d’évacuer et de déployer un poste de commandement opérationnel sur site.

Le poste de commandement opérationnel
Le poste de commandement opérationnel

Coordonner les actions

En tout, l’exercice, rendu difficile par l’isolement du site, aura duré près de cinq heures et mobilisé environ 150 intervenants, des moyens aériens et une dizaine d’acteurs institutionnels (DSCGR, DIMENC, DITTT, DASS, gendarmerie, SAMU, mairies…). Un faux accident qui doit permettre de valider le PPI de Vale NC. Ce document, qui définit l’organisation des secours, est imposé par la réglementation depuis 2012 pour les principaux sites à risque du pays. « L’objectif est de coordonner les actions des uns et des autres en amont pour être le plus efficace en cas de sinistre majeur », soulignait le président du gouvernement qui, en tant que directeur des opérations de secours, a supervisé l’ensemble du dispositif depuis le centre opérationnel du gouvernement. Philippe Germain entend bien que la compétence de la sécurité civile transférée depuis le 1er janvier 2014 soit « exercée de la meilleure manière possible » avec pour cela « un service qui monte en puissance ».

L'exercice a mobilisé des moyens aériens.
L’exercice a mobilisé des moyens aériens.

Vers la version finale du PPI de Vale NC

« Nous n’avons pas rencontré de failles majeures dans le plan. Le déclenchement de l’alerte et la procédure d’évacuation des victimes se sont bien déroulés », expliquait Éric Backès. Toutefois, le directeur de la sécurité civile a rappelé que ce test n’était pas une « auto-évaluation ». Il faut maintenant attendre les conclusions des experts de l’équipe d’observation, dont font partie d’autres acteurs institutionnels et techniques, afin d’améliorer la version finale du plan avant sa présentation au président du gouvernement et son adoption par arrêté.

Le faux accident a fait 38 victimes dont 20 en état de choc psychologique, 10 incommodées par les fumées et 8 touchées plus sérieusement.
Le faux accident a fait 38 victimes dont 20 en état de choc psychologique, 10 incommodées par les fumées et 8 touchées plus sérieusement.

Éric Backès a précisé que ce type de plan fait partie de la « boîte à outils » du dispositif Orsec (Organisation de la réponse de la sécurité civile) qui contient également le plan Orsec général permettant de gérer toutes les crises. Le PPI de Vale NC sera le premier à voir le jour, mais ce long travail doit être « aussi fait pour la SLN, KNS et les principales installations à risque de Nouvelle-Calédonie », a conclu Philippe Germain.

Des moyens supplémentaires

Depuis le transfert de la compétence il y a un an et demi, les moyens de la sécurité civile se sont améliorés avec notamment une équipe de direction étoffée comprenant une quarantaine de personnes (cadres ou agents). La Nouvelle-Calédonie s’est également dotée d’une unité spéciale d’intervention avec une centaine de sapeurs-pompiers volontaires qui se sont déjà illustrés lors de la saison des feux de forêt en 2014 ou, plus récemment, en se déployant à Tanna au Vanuatu, à la demande de l’État, dans le cadre d’une mission d’aide au rétablissement des populations. La DSCGR a commandé en début d’année trois nouveaux engins de lutte contre les feux de forêt, qui pourraient être livrés avant la fin de l’année, afin d’appuyer les moyens communaux pendant la saison sèche.

 

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