Pour l’autosuffisance alimentaire

Organisées par la province Sud, les Assises du développement rural avaient réuni 1 000 professionnels du monde agricole du 27 au 30 octobre 2014. Une journée de restitution a eu lieu le 17 juin à Bourail. Philippe Germain, président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, a tenu à y participer. Il a insisté sur les réformes à adopter pour se tourner vers l’autosuffisance alimentaire.

Présent à Bourail lors de la présentation de la « Politique publique agricole provinciale 2025 », Philippe Germain a appuyé la volonté provinciale de réformer en profondeur l’agriculture calédonienne. « Le gouvernement soutient la démarche initiée par la province Sud. Une démarche qui pose les bases d’une nouvelle politique publique agricole capable d’impulser une véritable dynamique pour l’ensemble des producteurs calédoniens. Le gouvernement y prendra toute sa part », a-t-il assuré.

Malgré tous les dispositifs publics existants, le secteur agricole calédonien n’assure plus aujourd’hui que 15 % de la couverture de nos besoins alimentaires. Pourquoi ? Alors que ce taux dépasse les 50 % à La Réunion, département grand à peine comme deux fois Lifou et peuplé par 850 000 habitants. Et comment y remédier ?

Pour Philippe Germain,

« le gouvernement doit se mobiliser autour d’un objectif stratégique : tendre vers l’autosuffisance alimentaire du pays, pour garantir l’approvisionnement correct des populations, la qualité sanitaire des produits, des prix accessibles et la durabilité de nos productions ».

Avec 13 milliards de production annuelle commercialisée, 4 500 exploitations en activité et une population familiale de 13 000 personnes, l’agriculture occupe une place primordiale en Brousse, où elle demeure la première source d’activité et de revenus, en même temps qu’un puissant vecteur de cohésion sociale et d’aménagement du territoire. « L’autosuffisance alimentaire est une véritable exigence pour être moins dépendants des importations », insiste le président du gouvernement.

Les agriculteurs au cœur du dispositif

« Certains préconisent d’ouvrir les importations de produits agricoles et alimentaires, pensant que c’est la solution pour faire baisser les prix, stimuler la concurrence et favoriser la compétitivité de nos exploitations. Mais au contraire, cela aurait pour effet de détruire l’emploi et les revenus des agriculteurs calédoniens, de casser notre tissu économique et social, notamment dans l’Intérieur, et, sans doute, de faire dégringoler notre niveau d’exigence en termes de qualité sanitaire des produits », poursuit-il.

« L’économie ne peut pas se résumer seulement à des chiffres, à des théoriques économiques ou à des dogmes, ajoute-t-il. La production agricole locale, ce sont avant tout des hommes et des femmes qui travaillent dur et qui contribuent au développement de notre pays. Ils doivent être au centre du dispositif ».

Des réformes sont absolument nécessaires (lire encadré). Et même si le développement rural est une compétence des provinces, le gouvernement entend travailler en étroite collaboration avec elle, en partenariat avec les établissements publics agricoles.

« Le rêve calédonien, celui de l’autosuffisance alimentaire, doit devenir une réalité, conclut-il. Dans un contexte budgétaire contraint, cet objectif impose une mutualisation des moyens et une meilleure coordination des actions entre l’ensemble des acteurs du secteur ».

Comment y parvenir

Quelques mesures avancées par Philippe Germain pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire :
– optimiser l’organisation des filières de production, de transformation et de commercialisation, et améliorer la recherche et les transferts de technologie.
– renforcer les dispositifs de prévention des aléas climatiques, notamment en période de sècheresse, en mettant en place une véritable politique d’investissements publics en matière d’hydraulique agricole.
– redéfinir le dispositif de régulation des importations de fruits et légumes.
– réformer le régime de retraite des exploitants et le statut de leurs conjoints, pour donner envie aux jeunes de se lancer dans l’agriculture.
– se doter des outils juridiques et financiers de mise en valeur du foncier rural – baux ruraux et sur terres coutumières – accompagnés des fonds de garantie correspondants.

-2© Fabrice Wenger-province Sud

© Fabrice Wenger – province Sud

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur