Comptes dans le rouge

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L’exécutif actuel a hérité d’une situation budgétaire fortement dégradée. C’est ce que révèle l’analyse en profondeur du compte administratif 2014 du budget principal de la Nouvelle-Calédonie.

La Nouvelle-Calédonie se retrouve dans une situation paradoxale. Son budget principal affiche un résultat positif de 6,7 milliards de F CFP dont 3,2 milliards en section de fonctionnement et 3,5 milliards en section d’investissement. Pourtant, son budget propre, celui qui permet d’assurer les dépenses de la collectivité pour son fonctionnement, est en difficulté et affiche un déficit de 4,2 milliards de F CFP.

L’illusion comptable

Ce constat est la conséquence de la gestion aléatoire des précédents gouvernements qui n’ont interprété la situation financière de la Nouvelle-Calédonie qu’à travers son résultat comptable. Seulement, ce résultat basé sur des recettes titrées masque les quelque 19 milliards de recettes exigibles non recouvrées début 2015. Un montant qui augmente chaque année. Ces recettes non acquises sont à l’origine de l’excédent fictif du compte administratif. Elles font augmenter artificiellement le résultat de la Nouvelle-Calédonie qui, tous les ans, paraît plus riche budgétairement qu’elle ne l’est en réalité.

Des dépenses non maîtrisées

Bercée par cette illusion comptable, la collectivité a dépensé des sommes dont elle ne disposait pas. Cette situation a même favorisé une croissance rapide des dépenses au détriment des provisions nécessaires. Ainsi, en 2014, les charges de personnel ont augmenté de 8,2 % alors qu’elles avaient été contenues depuis quelques années. Les dépenses d’interventions (subventions aux établissements publics, aux associations…) ont grimpé de 19,4 % et les charges exceptionnelles de 30 % du fait notamment des mesures prises pour financer le déficit des régimes sociaux et de l’augmentation ces deux dernières années des restitutions d’impôts, conséquences d’une situation économique moins favorable. Parallèlement, entre 2012 et 2013, ainsi qu’en 2014, les provisions pour risques financiers inscrites au bilan ont baissé de moitié, passant de 4,2 milliards à 2 milliards.

Recours à l’emprunt

De même, cette vision faussée a donné l’impression que la Nouvelle-Calédonie pouvait autofinancer des programmes d’investissement ambitieux sans avoir recours à l’emprunt, vidant ainsi la trésorerie disponible. Si bien que fin 2014, le budget principal 2015 a dû prévoir de recourir à l’emprunt à hauteur de 10,2 milliards de francs, afin de couvrir la quasi-totalité des investissements.

Par ailleurs, en 2014, lors du vote du budget supplémentaire, des contraintes avaient déjà été imposées pour tenter de freiner les pertes. On peut aussi noter une réduction de 9 % des dépenses pour les charges courantes, résultat des efforts d’économies opérées par les services. Toutefois, le déficit du budget propre de la Nouvelle-Calédonie représente une perte équivalant à 10 % de ses recettes réelles de fonctionnement. Et c’est sur cette base que la collectivité doit à présent construire son budget supplémentaire 2015.

Voté au Congrès

À l’issue d’un long débat, très technique, plutôt généraliste, et portant sur le degré de gravité de la situation, le compte administratif 2014 du budget principal de la Nouvelle-Calédonie a été voté le 25 juin à l’unanimité des membres du Congrès.

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