Le gouvernement à New York

Vice-président du gouvernement, Jean-Louis d’Anglebermes vient de participer à New York à la session finale du Comité spécial de décolonisation des Nations Unies. Une première.

JLA New York

Pour la première fois depuis la création du Comité de décolonisation, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, représenté à la demande du président Germain par son vice-président Jean-Louis d’Anglebermes, a participé à une réunion officielle du Comité des 24 au siège des Nations Unies. Il s’agissait de sa session finale 2015 au cours de laquelle, comme chaque année, le projet de résolution sur la Nouvelle-Calédonie est élaboré avant d’être soumis à l’Assemble générale en décembre pour son adoption définitive. Comme au Nicaragua en mai dernier lors du séminaire régional du comité, le vice-président est intervenu pour porter à la connaissance du comité l’état d’avancement du  « cheminement de la Nouvelle-Calédonie vers son émancipation », conformément au pont 3.2.1. de l’Accord de Nouméa.

À Managua, l’intervention de M. d’Anglebermes avait pour objet de présenter les grandes orientations de la politique du gouvernement installé depuis le 1er avril. Dans son intervention du 26 juin à New York, il s’est attaché à répondre aux inquiétudes, questions et recommandations exprimées par le comité et l’Assemblée générale dans la dernière résolution consacrée à la Nouvelle-Calédonie, celle du 5 décembre 2014. Il a ainsi exposé, point par point, les initiatives, réformes et projets menés par le gouvernement et susceptibles de répondre aux interrogations des Nations Unies.

Rassurer le comité

Jean-Louis d’Anglebermes est tout d’abord revenu sur les réformes économiques et sociales en cours, vecteur de sérénité dans le processus d’évolution institutionnelle. Il a ensuite rassuré le comité sur l’intensité actuelle du dialogue entre les partenaires du processus, notamment dans le cadre du dernier comité des signataires, sur la détermination du corps électoral restreint et sur la question minière. Il a aussi présenté l’action du gouvernement visant à l’amélioration de la situation du peuple kanak et à une plus grande insertion régionale de la Nouvelle-Calédonie.

Pas de positionnement politique

Jean-Louis d’Anglebermes en a profité pour rencontrer plusieurs représentants permanents d’États et personnalités des Nations Unies impliqués dans les questions de la décolonisation, lors d’échanges riches et constructifs. Il s’est ainsi entretenu avec François Delattre, ambassadeur, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, et son adjoint, Alexis Lamek.

À New York, le vice-président du gouvernement a aussi rappelé le rôle de la Nouvelle-Calédonie, “territoire non-autonome” selon les termes des Nations Unies, dans les travaux menés par le Comité des 24. Il a notamment précisé que le président du gouvernement ou son représentant, seul habilité à représenter officiellement le pays dans ces travaux, s’attachait dans ses échanges et interventions à jouer un rôle pédagogique et informatif, sans positionnement politique.

Jean-Louis d’Anglebermes en compagnie de Xavier Lasso Mendoza, président du Comité des 24.
Jean-Louis d’Anglebermes en compagnie de Xavier Lasso Mendoza, président du Comité des 24.

La génèse du Comité des 24

En 1960 l’Organisation des Nations Unies s’est dotée d’un dispositif imposant aux États membres l’obligation de lui communiquer les renseignements propres à l’éclairer sur la situation des territoires dits “non-autonomes”, inscrits sur la liste des pays à décoloniser. Retirée en 1950, la Nouvelle-Calédonie y figure à nouveau depuis le 12 décembre 1986. Un comité spécial des Nations Unies est chargé d’évaluer les processus de décolonisation en cours. Aussi appelé Comité des 24 – même s’il comprend aujourd’hui 29 membres de l’ONU –, il organise chaque année, en mai, un séminaire régional délocalisé associant les territoires non-autonomes et, un mois plus tard, sa session de clôture à New York.

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