Moins de friture pour la ligne

De gauche à droite : Isabelle Capart, coordinatrice du programme “Mange mieux et bouge plus”, Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la santé, de la jeunesse et des sports, et le Dr Bernard Rouchon, directeur de l’ASS-NC.
De gauche à droite : Isabelle Capart, coordinatrice du programme “Mange mieux et bouge plus”, Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la santé, de la jeunesse et des sports, et le Dr Bernard Rouchon, directeur de l’ASS-NC.

Du 20 juillet au 2 août, le gouvernement et l’Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie (ASS-NC) mènent une campagne destinée à informer les Calédoniens sur les différents modes de cuisson, pour qu’ils puissent les utiliser en alternance dans le cadre d’une alimentation plus variée, moins grasse et moins salée, mais toujours savoureuse.

Dans le cadre de son programme de prévention primaire des pathologies de surcharge, et en complément des campagnes de promotion d’une activité physique régulière, l’ASS-NC incite aujourd’hui la population à modifier ses habitudes alimentaires. Chargée de la santé, de la jeunesse et des sports au gouvernement, Valentine Eurisouké, par ailleurs présidente de l’ASS-NC, rappelle que, dans sa déclaration de politique générale, Philippe Germain a insisté sur « la nécessaire prévention à mettre en place pour changer certains comportements et améliorer ainsi la santé des Calédoniens tout en maîtrisant nos dépenses de santé ».

Les aliments n’ont pas la même valeur nutritive selon leur mode de préparation. En cuisine, de nombreux modes de cuisson peuvent être utilisés et substitués à la friture, privilégiée par les Océaniens mais bien trop grasse. Cuisson à l’eau et grillade bien sûr, mais aussi à la vapeur qui permet de conserver vitamines et minéraux, papillote qui préserve la saveur des aliments, au four en position grill, parfaite pour les viandes, poissons ou légumes, ou encore cuisson dans une poêle ou une cocotte à revêtement antiadhésif, sans ajout de matière grasse.

Une campagne colorée

« Notre objectif est de remettre le plaisir au menu de la santé à travers une campagne dont les femmes sont la cible prioritaire », indique Isabelle Capart, coordinatrice du programme “Mange mieux et bouge plus”. L’ASS-NC constitue actuellement un catalogue de vingt-cinq petits spots diffusés sur les réseaux sociaux et dans les salles d’attente des professionnels de santé (y compris en version sous-titrée pour limiter le dérangement). « Nous ne voulons pas stigmatiser les comportements, mais favoriser une alimentation plus saine, à travers une campagne très colorée et au format agréable », explique le Dr Bernard Rouchon, directeur de l’ASS-NC. Signes encourageants, « de plus en plus d’Océaniens pratiquent une activité physique, ce qui permet d’espérer un effet buvard des parents sur leurs enfants ».

Nombreuses animations

Plusieurs partenaires se sont unis à cette initiative en relayant la campagne sur le terrain par des actions de proximité. Le CCAS de Nouméa a proposé un atelier cuisine le 25 juillet à l’ETFPA pour une trentaine de personnes titulaires d’une parcelle aux jardins familiaux de Normandie. Le professeur de cuisine de l’ALP de Koumac a concocté des menus spéciaux les 23, 28 juillet et 1er août pour sensibiliser les élèves aux différents modes de cuisson. Les deux diététiciennes du Centre d’éducation de l’ASS-NC animent deux ateliers alimentation par semaine et trois ateliers cuisine par mois pour les patients du CE. La direction des Affaires sanitaires et sociales de la Province Nord organise des animations autour de la cuisson du taro le 29 juillet au marché de Poindimié, du manioc et du taro le 22 août à Vieux-Touho. Les restaurants de la DDEC participent également à la campagne. Enfin, une dizaine d’ambassadrices formées par l’ASS-NC travaillent sur des défis à relever chaque semaine, des petits changements progressifs de comportements, comme avec les habitants de Dumbéa-sur-Mer et Tindu.

Neuf recettes à la carte

La campagne se décline à travers différents supports, spot télé, radio, affiches… et neuf fiches recettes : velouté de courgettes (mode de cuisson : bouillir), lentilles aux aromates (mijoter), poulet à la moutarde (papillote), rôti de cerf (rôtir), poêlée de légumes (sauter, revenir), sauce vinaigrette allégée, sauce au yaourt (cuire à la vapeur), marinade aux agrumes et au gingembre (griller), frites de patates douces (faire frire) et pomme cuite à la cannelle (au micro-ondes). scan recette

Plus d’un Calédonien sur deux concerné

L’obésité et les maladies chroniques associées (diabète, maladies cardio-vasculaires ou articulaires…) augmentent en Nouvelle-Calédonie comme dans le reste du monde. Aujourd’hui, plus d’un Calédonien sur deux est concerné par le surpoids (principalement les hommes) ou l’obésité (une majorité de femmes), et au moins un sur dix souffre de diabète de type 2. C’est l’indice de masse corporelle (IMC) qui détermine l’état de surcharge pondérale : surpoids pour un IMC compris entre 25 et 30, obésité au-dessus de 30. La sédentarité et l’alimentation déséquilibrée sont les facteurs de risques principaux de la prise de poids.

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