Le président du gouvernement suspend les négociations avec les rouleurs

Alors qu’un protocole d’accord était sur le point d’être finalisé mercredi soir entre les représentants du ContraKmine et le président du gouvernement, les rouleurs ont conditionné la signature du protocole à la validation préalable des mineurs. Pour imposer cette nouvelle exigence par l’intimidation, une balle a été tirée en direction du bureau du président du gouvernement. Cette escalade dans la violence a coupé court aux négociations.

« Nous ne sommes plus dans un état de droit », a déclaré Philippe Germain, en faisant allusion « au coup de fusil tiré sur l’institution ».
Le président rappelle qu’il a fait l’objet d’agressions verbales et morales depuis plusieurs semaines. Il a été séquestré, le 23 juillet entre 17h30 et 1h30 du matin par le ContraKmine en présence des dirigeants des sociétés minières, SLN, Ballande, Montagnat et le patron de MKM. Ses interlocuteurs voulaient l’obliger à s’engager personnellement à signer des autorisations d’exportation vers la Chine et le Japon. « La tolérance a des limites » a déclaré le président du gouvernement à la suite du coup du fusil ajoutant « qu’il ne discutait plus avec des personnes qui veulent imposer des décisions par la violence ».
Cette escalade est, selon lui, d’autant plus incompréhensible « que toutes les garanties ont été données aux rouleurs ». Pour cela, il a rappelé les termes du compte-rendu qui leur a été adressé après leur entretien, mardi soir, avec le GTPS (Groupe de travail des présidents et des signataires de l’Accord de Nouméa). Rappelons que toutes les institutions, Congrès, provinces et gouvernement, siègent au sein de ce groupe aux côtés des signataires historiques.

Préserver l’activité minière

Le GTPS a tout d’abord tenu à « assurer les sous-traitants du secteur minier de leur soutien et de leur volonté de préserver la pérennité de leurs activités minières sur le long terme. Les membres du GTPS tiennent de plus à souligner qu’il n’y a aucune intention de suspendre les exportations ». Il a, par ailleurs, « soutenu l’initiative du président du gouvernement de proposer un accord interprofessionnel visant à garantir des principes et des pratiques contractuels communs à l’ensemble des acteurs du secteur minier ». L’objet étant d’encadrer les conditions de travail des rouleurs. Le GTPS a ensuite réaffirmé son « engagement à ce que la profession minière, et notamment les sous-traitants, soient associés étroitement aux travaux visant la définition d’une stratégie Pays en matière de nickel, dont la question essentielle des exportations ». Concernant, enfin, les demandes d’exportation de latérites à destination de la Chine, les membres du GTPS n’ont pas trouvé un terrain d’entente. Les représentants du groupe « Les Républicains » y étant favorables, les autres (province Nord, Sud, Iles, UC, UNI et Calédonie ensemble) considérant qu’elles sont contraires au schéma minier de mars 2009, voté à l’unanimité.

« Les masques sont tombés »

La nouvelle rencontre de plus de quatre heures qui s’est tenue mercredi après-midi au haut-commissariat entre les rouleurs et Philippe Germain a permis, selon le président du gouvernement, d’aboutir à un projet de protocole de fin de conflit. « C’est là que les rouleurs m’ont précisé qu’il fallait que ce protocole soit validé par les mineurs. » Et d’ajouter : « Les masques sont tombés ! Les mineurs sont les initiateurs de ce conflit ».
« Je rappelle que leurs exportations ont augmenté de 50% sur les cinq dernières années, ce qui prouve que leurs activités se développent. Les mineurs ont délibérément décidé de stopper le roulage depuis deux mois pour étrangler les rouleurs et contraindre les institutions à autoriser les exportations vers la Chine. Les exportations vers l’Australie suffisaient à préserver leur activité. L’objectif affiché est de faire obstacle aux initiatives de la SMSP sur la Corée ou sur la Chine et surtout d’empêcher les institutions de définir une stratégie pays pour l’exploitation du nickel. »
Pour le président du gouvernement, aujourd’hui, « soit on revient dans un état de droit et j’estime, pour ma part, que les rouleurs ont suffisamment de garanties pour reprendre le travail, soit on bascule dans une autre stratégie et il reviendra alors à chacun d’assumer ses responsabilités ».

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