Le secondaire avec l’accent australien

Une section internationale australienne ouvrira au collège Georges-Baudoux à la rentrée 2016.
Une section internationale australienne ouvrira au collège Georges-Baudoux à la rentrée 2016.

La déclaration d’intention signée ce jeudi vise à ouvrir dès 2016 des sections internationales australiennes au sein de collèges et lycées calédoniens. C’est le fruit d’une longue coopération initiée par le vice-rectorat, avec l’ambassade de France à Canberra, le consulat général d’Australie à Nouméa, le Service de coopération régionale et des relations extérieures du gouvernement et les établissements partenaires.

Ambiance de fête dans la cour du collège Georges-Baudoux qui reçoit la visite de Christopher Pyne, ministre australien de l’Éducation et de la Formation, et de Paul Wilson, consul général d’Australie à Nouméa. Vêtus d’un tee-shirt rouge, les élèves de la classe CHAM musique entonnent un premier chant de bienvenue. La semaine prochaine, ils s’envoleront pour Adélaïde, dans le cadre d’un partenariat avec la Henley High School. À leurs côtés, tout en bleu, leurs camarades des sections 6e et 3e bilingues agitent des petits drapeaux australiens et français. Visite d’une classe, questions, parfois drôles, des collégiens, réponses ministérielles, la séquence s’étire dans la bonne humeur.

Quelques heures plus tôt, au siège du gouvernement, Christopher Pyne a paraphé un « arrangement administratif » entre les gouvernements australien et calédonien et la France. Il officialise l’ouverture, à la rentrée 2016, de « sections internationales australiennes » en classe de 6e aux collèges Baudoux et de Dumbéa-sur-Mer, et de 2nde au lycée Lapérouse, ayant vocation à scolariser ensemble élèves calédoniens et australiens ou autres ressortissants étrangers du Commonwealth. « Très prometteur, ce projet pilote, s’il est couronné de succès, pourra, je l’espère, être étendu à un plus grand nombre d’établissements », déclarait le ministre à l’issue de la signature.

Dix heures d’anglais par semaine

« Ces sections représentent pour nos enfants une belle opportunité d’entretenir des échanges privilégiés avec l’Australie, se réjouit Yuriko Hori, professeur de 3e, 4e et 5e bilingue à Baudoux. Elles vont remplacer officiellement le dispositif que nous avions mis en place pour assurer la continuité des écoles bilingues créées par le gouvernement local. Les élèves qui auront suivi tout le cursus jusqu’en 3e poursuivront leur scolarité au lycée Lapérouse, pour une plus grande cohérence ».

Au programme de ces classes spécifiques, dix heures d’anglais : quatre en cours d’anglais, quatre pour l’étude de la civilisation et de la littérature australiennes, deux en histoire-géo. Des enseignants australiens pourront intervenir. Pour le haut-commissaire Vincent Bouvier, « ce projet créera pour les jeunes Calédoniens un cadre propice à la maîtrise de l’anglais et à la connaissance de la culture australienne ; en sens inverse, il facilitera l’insertion des élèves australiens dans le système éducatif français ». Le dispositif devrait monter en puissance chaque année, afin d’aboutir à un baccalauréat à option internationale.

Une meilleure intégration régionale

Selon Philippe Germain, « le bilinguisme et l’ouverture vers l’extérieur des systèmes d’éducation et de formation sont devenus une priorité du gouvernement pour sa jeunesse ». Cette mesure constitue « un vecteur de réussite scolaire et une réelle plus-value au projet éducatif calédonien ». Et contribue à une meilleure intégration régionale « en favorisant les échanges de la Nouvelle-Calédonie en matière culturelle, scientifique, professionnelle et commerciale ».

« L’Australie entend s’engager davantage avec son voisin le plus proche, c’est une évidence, conclut Christopher Pyne. Et l’éducation représente un formidable tremplin en vue de relations diplomatiques renforcées ».

Signature de l’« arrangement administratif » au gouvernement.
Signature de l’« arrangement administratif » au gouvernement.

D’autres projets éducatifs

Programme des assistants de langue anglaise, accueil de professeurs de français australiens en stage de formation continue, actions menées par le Service de l’enseignement, des langues et de la culture kanak du vice-rectorat… Chaque année, une vingtaine de séjours culturels, linguistiques ou professionnels d’élèves, étudiants et enseignants sont organisés en partenariat avec des établissements scolaires australiens (une quarantaine en comptant la Nouvelle-Zélande, le Japon, Fidji et Vanuatu). D’autres projets éducatifs sont aujourd’hui en cours. Ils concernent les lycées Jules-Garnier, Lapérouse, Auguste-Escoffier, Saint-Joseph de Cluny et Saint-François d’Assise, ainsi que le collège Pai-Kaleone (Hienghène), pour des échanges avec des établissements de Gold Coast, Brisbane, Melbourne, Canberra ou Adélaïde.

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur