Égalité et équité dans les politiques publiques

« Agir pour l’égalité et pour l’équité » : c’est le thème du séminaire organisé aujourd’hui et demain à la CPS par le secteur de la Condition féminine du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, avec le soutien technique du Secrétariat général de la Communauté du Pacifique. Deux journées de réflexion sur la prise en compte de l’égalité hommes-femmes dans les politiques publiques.

Ce séminaire s’adresse aux cabinets des différents secteurs du gouvernement et aux personnels de leurs directions respectives. Il s’inscrit dans le Plan stratégique de l’égalité hommes-femmes 2015-2019 élaboré par le secteur de la Condition féminine, et reprend les recommandations de la Journée internationale de la Femme 2015 à Ouitchambo.

Mardi matin, Colin Tukuitonga, directeur général de la CPS, a rappelé que cet organisme se posait comme « chef de file » dès lors qu’il s’agit de faire progresser l’égalité hommes-femmes, et que, vingt ans après la Déclaration de Beijing, malgré les avancées, dans le domaine de l’éducation en particulier, « il y a encore du pain sur la planche, notamment en matière de santé ou d’intégration de la dimension Genre dans les politiques et programmes publics ». Pourtant, dans une région Pacifique qui présente le plus faible taux de participation au monde de femmes dans les politiques publiques, les trois territoires français font figure d’exception, grâce à la loi sur la parité.

Une gouvernance équitable

Membre du gouvernement en charge de la Condition féminine, Déwé Gorodey considère les principes d’égalité et d’équité comme « des enjeux stratégiques pour le progrès social, économique, culturel et politique de notre pays ». De fortes disparités demeurant en Nouvelle-Calédonie en termes d’emploi, de prise de décision ou de santé, elle espère que ce séminaire ponctué de travaux de réflexion aidera les participants « à mieux comprendre les causes de ces écarts et à en évaluer les impacts ».

Conseillère en égalité des sexes au département du Développement humain de la CPS, Brigitte Leduc prend à son tour la parole pour définir les concepts de genre, équité, égalité et émancipation. Si elle reconnaît volontiers les avancées significatives enregistrées en Nouvelle-Calédonie, elle précise que « les programmes publics ne prennent pas forcément en considération les contraintes spécifiques des hommes et des femmes ».

Le séminaire se poursuit ce jeudi. Réduire les inégalités, permettre aux femmes de bénéficier des mêmes droits que les hommes et de participer pleinement à une gouvernance équitable du pays, tels en sont ses objectifs.

Quelques chiffres

– En Nouvelle-Calédonie, les demandeurs d’emploi sont des femmes à 56 % (2009) ;

– L’écart de salaires entre hommes et femmes atteint 14,4 % dans le privé et 18,2 % dans le public (2010) ;

– 2 cadres sur 5 sont des femmes (2009 ; 1 sur 5 en 1989) ;

– 17 % seulement de femmes ont été portées à la présidence des syndicats de salariés, fédérations patronales et chambres consulaires (2013) ;


IMGP9273

Élimination des discriminations

En ouverture du séminaire, Déwé Gorodey a appelé les participants à consulter le rapport sur la mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Cedef), rédigé en septembre 2013 et téléchargeable sur Internet. Il traite de la situation des femmes calédoniennes dans les différents domaines du développement du pays, met en exergue les inégalités persistantes, et recommande des mesures à prendre en faveur de l’égalité hommes-femmes.

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur