L’intégration favorisée avec Handiscol

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Par arrêté en date du 1er septembre, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a voté une enveloppe de 4,5 millions de francs en faveur d’une vingtaine d’établissements publics du second degré, pour l’achat de matériels pédagogiques adaptés aux élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire. Découverte du dispositif « Handiscol » au sein du collège de Tuband.

L’Ulis 1 de Tuband a ouvert en 2013. Elle accueille huit élèves, cinq garçons et trois filles, âgés de 12 à 15 ans, qui présentent des troubles des fonctions cognitives – déficiences intellectuelles, autisme léger… –, d’un niveau scolaire se situant entre la grande section de maternelle et le CE2, mais relativement autonomes pour certains d’entre eux. Sur leurs vingt-six heures de cours hebdomadaires, onze en moyenne sont consacrées à leur intégration en classe ordinaire. Jason, Jean, Jean-Jacques… chaque enfant a son emploi du temps spécifique. Tous suivent les cours de musique, arts plastiques, SVT et EPS. Certains se rendent à ceux d’anglais et de physique. « L’inclusion se décide d’abord en fonction de l’évaluation de leur niveau, mais aussi de la disponibilité des enseignants et des demandes des parents », indique Juliette Perben, professeure des écoles spécialisée et coordinatrice du dispositif Ulis. « S’intégrer à une classe ordinaire n’est pas une démarche évidente pour les élèves. » Même si elle répond favorablement à un objectif de socialisation. Pour faciliter l’immersion, certains profs, comme en SVT, fournissent à maîtresse Juliette les cours en amont, afin qu’elle puisse les préparer.

Dispositif d’inclusion harmonieux

L’Ulis dispose de deux auxiliaires de vie : Mariette, toujours présente lors des temps de regroupement ciblés, et Monique qui accompagne les enfants en classe ordinaire. Margaux et Anakin aiment bien l’anglais. « My name is Margaux », lance sans hésiter celle qui travaille actuellement sur Halloween. Anakin, lui, vient d’obtenir un 15 qui récompense un travail assidu. « Peut-être que la maîtresse va me mettre un mot dans le carnet », espère pourtant ce bon élève qui fait bien ses devoirs et a donc peu de chance de lire, comme certains de ses copains, un rappel à l’ordre de l’enseignante !

« Avec une coordinatrice qui organise de façon cohérente le temps de vie et d’apprentissage de huit enfants très différents, le dispositif d’intégration fonctionne de manière harmonieuse, se félicite le principal Francis Modéran. Ces élèves doivent être considérés dans une totale normalité aux côtés de leurs camarades et le programme Handiscol, intégré et pérenne, favorise la fluidité de leur inclusion dans les cours ordinaires de l’établissement ».

Puzzles mathématiques

Cette année, grâce à une subvention de 30 000 F, Juliette a pu commander des casques et des clés USB, afin d’aménager un coin écoute dans la classe. Depuis l’ouverture de l’Ulis, Handiscol aura permis d’acheter divers matériels pédagogiques. Comme des tablettes servant, entre autres, à prendre des photos qui illustrent les activités menées au cours des projets vélo, jardin ou piscine, lesquels fournissent d’excellents exercices en matière de langage oral, de verbalisation ou de production d’écrit. « Nous nous sommes également équipés en matériel de lecture spécifique, en fichiers de mathématiques individualisés, ou, toujours en maths, de puzzles. Avec les puzzles, les enfants, qui ont des capacités d’abstraction limitées, apprennent les additions et les soustractions au moyen de nombreuses manipulations. Il leur faut du concret », poursuit Juliette. Un chronomètre mesure la durée d’exécution du puzzle, concours auquel Marie-Hélène semble encore intouchable.

Subventions en fonction des besoins

Cette année, 21 établissements ont bénéficié d’une subvention Handiscol du gouvernement : 16 collèges (Nouméa, Dumbéa, La Foa, Bourail, Poindimié, Houaïlou, Koné et Koumac) et 5 lycées de la capitale. Les financements varient d’une année à l’autre, selon les demandes des établissements et leur niveau d’équipement. En tête de liste pour 2015, le collège de Normandie, qui abrite déjà sept jeunes déficients auditifs, a perçu près de 700 000 F. Explication du principal, Stéphane Revelen : « Un nouveau dispositif Ulis ouvrira à la rentrée 2016. Il accueillera 8 élèves de niveau 6e, atteints de troubles cognitifs, des enfants du Mont-Dore et de Dumbéa qui jusque-là n’avaient pas d’établissement du second degré à proximité de leur lieu d’habitation. Handiscol permettra d’équiper une salle avec du matériel pédagogique adapté comme un vidéoprojecteur interactif, des ordinateurs, des tablettes… ».

À Tuband, l’ouverture de l’Ulis 1 en 2013 avait fait l’objet d’une aide très importante du gouvernement. Cette année, le collège, sans gros besoin, n’a perçu que 30 000 F. « Mais si l’an prochain nous accueillons un enfant quasi hémiplégique, il nous faudra un équipement particulièrement adapté. Alors, la subvention sera à nouveau bien plus élevée », précise Francis Modéran, le principal.

 

Segpa et Ulis

Le second degré de la Nouvelle-Calédonie scolarise aujourd’hui 513 élèves en situation de handicap. 296 collégiens sont intégrés individuellement dans les cursus d’enseignement, dont 115 en sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa, pour les élèves affichant un retard scolaire) et 181 en milieu ordinaire. Par ailleurs, 217 jeunes présentant une déficience sont scolarisés sous forme de petits groupes d’élèves (les Ulis, ou unités localisées pour l’inclusion scolaire). Des chiffres en augmentation régulière.

 

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