Une différence qui compte

DSC_0070-web

Malgré la loi de 2009 relative à l’emploi des personnes en situation de handicap, les employeurs peinent à embaucher. Lancée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie via la télé, la presse et des affiches, la campagne « Changeons de regard sur le handicap » entend montrer une image différente des travailleurs handicapés en valorisant leurs compétences.

En 2014, près de 60 % des entreprises et plus de la moitié des collectivités et des établissements publics préféraient remplir leur obligation d’emploi de personnes handicapées en payant une contribution financière. Ces fonds, gérés par le Conseil du handicap et de la dépendance, permettent notamment d’aménager des postes de travail, de financer des mesures d’insertion et de mettre en place des campagnes de sensibilisation. « Il n’y a pas eu d’évolution satisfaisante depuis la mise en place des textes. L’objectif de cette campagne est de mettre en avant les qualités des travailleurs handicapés. Il s’agit de montrer une vision positive », explique Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge du handicap.

visu-campagne

Alex, Thomas, René, Émeline et Pierre ont accepté de prêter leur visage à cette campagne. « J’aimerais que mon bout de chemin incite des personnes à prendre leur courage à deux mains. Employeurs, nous ne sommes pas moins performants ! L’expérience montre au contraire que les personnes handicapées sont souvent moins malades, moins absentes et plus impliquées que la moyenne », souligne Alexandre Oesterlin, architecte. « J’ai obtenu un diplôme de formation professionnelle avec mention alors qu’au départ, je ne savais pas écrire. Mais c’est encore difficile de trouver un travail stable », témoigne Thomas Dufour, agent d’accueil. Isabelle Champmoreau a tenu à rappeler qu’il « appartient aux institutions de montrer l’exemple et que chaque collectivité, dans ses domaines de compétences respectives, a la responsabilité d’accompagner les acteurs économiques dans l’accueil des salariés en situation de handicap. »

Plus de cohérence

Pour atteindre les objectifs en matière d’emploi, la formation, l’adaptation des postes de travail et l’accompagnement des personnes en situation de handicap sont un enjeu majeur. Selon Philippe Roux de l’association Handijob, « les employeurs n’ont pas peur d’embaucher, mais ont peur de mal faire ». Un recensement des dispositifs existants et des besoins va être justement mené en vue de l’élaboration du schéma du handicap et de la dépendance. « C’est une véritable feuille de route qui doit être mise en œuvre pour les prochaines années. Elle permettra de travailler sur les structures d’accueil à créer, les sujets de l’insertion, de l’emploi, des transports, des établissements recevant du public (ERP)… Le fil conducteur en est l’égalité d’accès aux droits », insiste Mme Champmoreau. Cette réflexion impliquera l’ensemble des acteurs du handicap et les partenaires sociaux pour des résultats attendus dès le deuxième semestre 2016.

Ce que dit la loi

Depuis janvier 2009, une loi du pays oblige les entreprises et les employeurs publics qui ont dépassé le seuil de 20 salariés à employer des travailleurs handicapés, selon un taux d’emploi fixé à 2,5 % de l’effectif total de l’entreprise ou de la collectivité. Les employeurs ne respectant pas ces quotas doivent payer une contribution annuelle ou passer des commandes auprès des centres d’aide par le travail (CAT). Cette contribution alimente un fonds dédié à la mise en place d’actions en matière d’insertion professionnelle, le FIPH.

 

La situation en chiffres

En 2014, 422 employeurs (secteur privé et secteur public confondus) étaient assujettis à la loi. Près de 99 % des entreprises et environ 94 % des collectivités et des établissements publics satisfaisaient totalement à leur obligation en employant ou en contribuant financièrement, mais ils demeuraient en dessous du seuil des 2,5 %. 297 salariés bénéficiaires étaient employés dans le secteur privé, un chiffre en stagnation par rapport à 2013, tandis que 97 agents bénéficiaires étaient employés dans le secteur public.

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur