Mobilisation générale autour de la COP 21

Philippe Germain et Georges De Noni, directeur de l’Institut de recherche pour le développement, ont présidé mercredi 30 septembre dans l’auditorium de l’IRD une réunion de présentation des différents travaux conduits par le gouvernement en vue de l’élaboration d’une politique climat pour la Nouvelle-Calédonie. Ces travaux s’inscrivent dans la préparation de la 21e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP 21.

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L’objectif de cette réunion était de préparer avec les scientifiques, associations et collectivités la stratégie que la Nouvelle-Calédonie entend bâtir pour « prendre toute sa part dans la mobilisation internationale » suscitée par l’organisation à Paris, sous présidence française, de la COP 21. Celle-ci s’annonce en effet cruciale et doit aboutir à un accord international – l’Accord de Paris – qui a vocation à contenir le réchauffement global de la planète en deçà de 2°C d’ici à 2100, conformément à la plate-forme commune adoptée lors de la COP 15 de Copenhague en 2009.

À l’échelle calédonienne, il s’agit désormais, comme l’a annoncé le président du gouvernement, de « créer une dynamique participative inter-collectivités, afin d’intégrer le changement climatique aux politiques publiques, et d’établir une gouvernance forte, participative et inclusive ». Ces objectifs passent par « la définition d’une politique climat la plus ambitieuse possible », laquelle prévoit des plans d’atténuation et d’adaptation au changement climatique (lire encadré sur le schéma pour la transition énergétique). Elle permettra à notre pays d’être moins dépendant des énergies fossiles, de consommer moins d’énergie, ou encore de mettre en œuvre un développement économique durable, et constituera l’élément central de l’implication de la Nouvelle-Calédonie dans ce nouvel accord international sur le climat.

Des propositions concrètes

« Il ne nous reste que quelques semaines pour préparer notre dossier et arriver à Paris avec des propositions concrètes, et non les mains vides en nous posant simplement en victimes du changement climatique, a rappelé Philippe Germain. À nous de démontrer que nous faisons partie des bons élèves, soucieux, entre autres, de participer à la réduction des gaz à effet de serre, de doubler notre production d’énergies renouvelables d’ici à 2030 et de ramener notre consommation énergétique à celle de 2009 » afin de bénéficier du soutien des nations à travers le « fond vert » qui pourrait être doté de 100 milliards de dollars.

Pour Philippe Germain, le temps des constats et des discours est révolu. Place à l’action !

La Calédonie porte-parole de l’Océanie

« Le Sommet France-Océanie du 26 novembre, qui se tiendra en marge de la COP 21, constituera une occasion unique de défendre la place des pays et territoires insulaires du Pacifique dans les mécanismes de financement de l’adaptation au changement climatique, de porter nos intérêts collectifs », a poursuivi le président du gouvernement qui s’est engagé lors du dernier Forum des Îles du Pacifique à ce que la Nouvelle-Calédonie se fasse le porte-parole de l’Océanie à Paris.

Cet engagement s’effectuera dans le cadre de celui de la France (elle-même engagée à travers l’Europe), ce qui permettrait à la Nouvelle-Calédonie de bénéficier de financements pour lutter contre le changement climatique (Fonds vert, notamment), ou bien au titre de son statut de collectivité territoriale. « Il faut trouver le bon mécanisme juridique. Des discussions ont lieu actuellement avec l’État afin de déterminer notre positionnement. »

Enfin, pour « porter la voix du Pacifique », Philippe Germain a décidé d’organiser, avec le soutien de l’IRD, une sorte de table ronde à la Maison de la Nouvelle-Calédonie, à l’issue du Sommet France-Océanie. Réunissant chefs d’État, organisations régionales du Pacifique et scientifiques, elle tendra à consolider le lien avant d’aborder la COP 21.

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Schéma pour la transition énergétique

La Direction de l’industrie, des mines et de l’énergie du gouvernement (Dimenc) a présenté mercredi le Schéma pour la transition énergétique en Nouvelle-Calédonie (Stenc) élaboré sous l’autorité de Thierry CORNAILLE, membre du gouvernement en charge de l’énergie. La transition énergétique est le passage d’un modèle économique fortement consommateur d’énergies, à un modèle plus durable et plus économique face aux enjeux d’évolution des prix, d’approvisionnement en énergie, d’épuisement des ressources naturelles et de respect de l’environnement. Sur un territoire où le taux de dépendance aux énergies fossiles s’élève à 97,8 % et où les énergies renouvelables représentent 11 % seulement de la consommation électrique totale, il s’agit de lutter contre une triple vulnérabilité : économique, environnementale et sociale. Pour cela, le Stenc a chiffré trois objectifs à l’horizon 2030 : réduire de 20 % notre consommation énergétique primaire, rendre équivalente la production d’énergies renouvelables à la consommation publique et réduire les émissions de gaz à effet de serre (d’environ 35 % dans les secteurs résidentiel et tertiaire, 10 % dans le secteur mine-métallurgie et 15 % dans celui des transports). Le Stenc sera présenté le mardi 20 octobre au gouvernement, avant son vote par le Congrès en novembre.

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Les quatre piliers de l’Accord de Paris

L’Accord de Paris affiche quatre objectifs, baptisés piliers :

– 1er pilier : assurer la conclusion d’un accord universel juridiquement contraignant et différencié par le plus grand nombre d’États parties.

– 2e pilier : instituer un mécanisme d’engagement national de réduction des gaz à effet de serre (GES) le plus ambitieux possible

– 3e pilier : inventer de nouveaux modèles technologiques accompagnés d’investissements ad hoc. Pour cela, un « Fonds vert » doit être doté de 100 milliards de dollars US par an.

– 4e pilier : mettre en œuvre l’« Agenda des solutions » ou engagements des acteurs non étatiques dans la lutte contre les changements climatiques. Une initiative sans précédent reconnaissant l’action de la société civile et des ONG dans le dispositif global de lutte et d’adaptation au changement climatique.

 

Lors du dernier Forum des Îles du Pacifique, le président du gouvernement s’était engagé à ce que la Nouvelle-Calédonie se fasse le porte-parole de l’Océanie à Paris. A ce titre, cette semaine, le Président de la République a officiellement invité Philippe Germain à participer au IVème sommet France-Océanie qui aura lieu le 26 novembre prochain à Paris.

Retrouvez ci-dessous la lettre de François Hollande :

 

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