Une maison de l’enfance à Koné

Dédiée à la protection de l’enfance, la Maison de l’enfance de la côte ouest (Meco) a été inaugurée ce jeudi 8 octobre à Koné. Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en a confié la gestion à l’Association pour la sauvegarde de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte de la province Nord (ASEAPN), à la demande de la Province.

Le manou inaugural a été coupé par Isabelle Champmoreau et Valentine Eurisouké, entourées de Yannick Slamet (Province Nord), le vice-président de l’ASEAPN Jérôme Paoumua (à droite) et un représentant coutumier des districts de Baco et Poindah (à gauche).
Le manou inaugural a été coupé par Isabelle Champmoreau et Valentine Eurisouké, entourées de Yannick Slamet (Province Nord), le vice-président de l’ASEAPN Jérôme Paoumua (à droite) et un représentant coutumier des districts de Baco et Poindah (à gauche).

Au cœur d’un pôle qui abritera le collège (à la rentrée 2016) et le futur hôpital, non loin de la Province Nord, la Maison de l’enfance de la côte ouest accueillera, à partir du mois de novembre, 21 enfants et jeunes majeurs de 6 à 21 ans en pension complète, H24 et 365 jours par an. Orientés par le service provincial des actions sanitaires et de la prévention, la plupart – des enfants en danger dans leur structure familiale – y seront placés par décision administrative ; les autres, par ordonnance judiciaire.

Complémentaire de la maison d’enfants Antoinette-Kabar, à Poindimié, la Meco comprend deux unités mixtes destinées aux 6-12 ans et deux autres non mixtes pour les garçons et filles âgés de 12 à 21 ans, construites en respect des normes environnementales et de développement durable en vigueur. Elle compte également un pôle administratif, un réfectoire, une bibliothèque, un faré central, des espaces verts et un terrain de sport. Dans le cadre de leurs activités socio-éducatives, les enfants seront amenés à aménager les extérieurs et à s’approprier un espace agriculture, les vertus thérapeutiques du travail de la terre n’étant plus à démontrer.

Responsabilité collective

Jeudi 8 octobre, pour l’inauguration de la Meco, le gouvernement était représenté par Isabelle Champmoreau, en charge notamment de la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse, et Valentine Eurisouké, pour le secteur de la jeunesse. « Il est important de parler de maison, plutôt que d’établissement, a précisé la première, l’objectif de cette structure étant d’aider à la construction d’enfants et de jeunes adultes, et de leur permettre de trouver leur place au sein de la société ».

« Nous devons agir à tous les niveaux : réussite scolaire, lutte contre l’illettrisme, prévention de la déscolarisation, santé, lutte contre les addictions, formation…, a poursuivi Isabelle Champmoreau qui s’est félicitée que la Meco puisse également accueillir des jeunes en situation de handicap, deux pour commencer. Il est essentiel que les collectivités travaillent ensemble sur des projets structurants pour notre société, en particulier ceux ayant trait à notre jeunesse, et aux plus fragiles d’entre nous ».

Alors que plusieurs orateurs rappelaient la responsabilité collective vis-à-vis de la jeunesse en difficulté – celle des parents en première ligne – et la nécessité de fédérer les énergies, des coutumiers ont reconnu se sentir souvent démunis, faute de moyens, et ont salué le rôle des collectivités dans la création de la Meco. Celle-ci a d’abord vocation à recevoir les enfants du Nord, mais, en fonction des profils, devrait être amenée à accueillir aussi ceux des autres provinces. Une montée en charge sur trois ans est programmée, avec 21 enfants en 2015, 33 en 2016, puis 45 enfants en 2017.

Le financement

Le projet de Meco date de 2012, lorsque la Province Nord a été autorisée à créer un établissement relevant de la protection de l’enfance. Elle en a financé la construction, pour plus de 400 millions de francs, et a prévu de la doter d’une subvention de démarrage. Les dépenses de fonctionnement, estimées à 287 millions par an, sont prises en charge par la Nouvelle-Calédonie pour les placements judiciaires (via la Protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse) dans le cadre d’une convention, et par la Province Nord pour les placements administratifs (ASEAPN).

Une équipe de 33 personnes

L’équipe de la Meco sera composée de 33 personnes, un directeur, un chef de service éducatif, 12 assistants socio-éducatifs, 8 moniteurs éducateurs, un technicien en économie sociale et familiale, un auxiliaire de vie, une assistante sociale, trois moniteurs techniques, un psychologue, une secrétaire administrative, un gestionnaire de cuisine et deux agents de restauration.

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