Thierry Cornaille rassurant à l’ONU

Thierry Cornaille, porte-parole du gouvernement, s’est exprimé vendredi à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, dans le cadre de la session annuelle de la 4commission dédiée aux questions de politiques spéciales et de décolonisation. Sa présence marquait l’engagement du gouvernement à respecter à la lettre les dispositions de l’Accord de Nouméa selon lesquelles il sera porté à la connaissance des Nations Unies le cheminement de la Nouvelle-Calédonie vers son émancipation.

TC
Le porte-parole du gouvernement, mandaté par Philippe Germain, a répondu aux préoccupations exprimées par l’Assemblée générale dans sa résolution n° 69/102 du 5 décembre 2014 consacrée à la Nouvelle-Calédonie. Dans son discours, il est revenu sur les huit questions soulevées par l’Assemblée générale, pour lesquelles le gouvernement a d’ores et déjà engagé de nombreuses actions.

La plupart des interrogations tournaient autour de la sérénité du processus d’évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie. Elles concernaient des thématiques comme la situation politique, économique et sociale, la gestion des ressources naturelles – le nickel en premier lieu –, la nécessité d’un dialogue pérenne, la prise en compte des aspirations et de la culture du peuple kanak, la mission de visite du comité spécial de décolonisation en mars 2014, la mise en place d’un programme d’information et de formation de la population calédonienne sur le sens de l’autodétermination, l’importance pour la Nouvelle-Calédonie d’accroître son insertion dans la région Pacifique, ou encore la détermination du corps électoral restreint.

Un discours consensuel et apprécié

Sur tous ces points, Thierry Cornaille a su rassurer ses interlocuteurs. Insistant sur la volonté du gouvernement d’établir « un dialogue constructif avec tous les acteurs de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie » et de rendre compte le plus souvent possible à l’Assemblée générale des Nations Unies de l’évolution du processus. Rappelant aussi que le souhait de la Nouvelle-Calédonie de devenir membre à part entière du Forum des Îles du Pacifique était en bonne voie.

« Soyez certains que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie poursuivra ses efforts, dans un esprit de consensus et d’unité, et contribuera, pour toutes les missions qui relèvent de sa responsabilité, au succès de ce processus de décolonisation », a-t-il conclu, à l’issue d’un discours salué par le président du Fer de lance, le Salomonais Colin D. Beck, qui a souhaité que le vote de sortie de l’Accord de Nouméa soit « sincère, juste, et incontestable ». Un discours consensuel et apprécié, qui n’a été suivi d’aucune question. Rien à voir avec des débats autrement plus passionnels, comme autour du Sahara occidental ou des Malouines.

De nombreuses rencontres bilatérales

En marge de son intervention, Thierry Cornaille a multiplié les rencontres bilatérales. Avec les représentants des Salomon, du Vanuatu, de Fidji, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, d’Indonésie et de l’Australie. Avec ceux de la Mission permanente de la France auprès des Nations Unies : François Delattre (ambassadeur), Alexandre Diebolt (premier secrétaire Europe-Amériques-Pacifique) et Christian Testot (chargé de mission). Enfin avec trois fonctionnaires du département des affaires politiques à l’ONU, en charge des affaires de décolonisation : Miroslav Jenca, Josiane Ambiehl et Hermes Penaloza.

Le porte-parole du gouvernement a également échangé constructivement avec le président de la 4commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, Brian Bowler, représentant permanent du Malawi. « Lors de chaque rencontre, j’ai évoqué les échéances électorales à venir. Tous mes interlocuteurs, qui avaient besoin d’informations, se sont montrés satisfaits de cet éclairage sur l’évolution du processus électoral depuis l’Accord de Nouméa jusqu’à sa sortie. J’ai également insisté sur notre demande d’intégrer le Forum des Îles du Pacifique au titre de membre à part entière, ainsi que sur l’importance du prochain Sommet France-Océanie le 26 novembre à Paris et de l’engagement de la Nouvelle-Calédonie à la COP 21. »

La 4commission

Dédiée aux questions relatives aux politiques spéciales et à la décolonisation, la 4e commission examine les recommandations du Comité spécial des 24, lequel réunit aujourd’hui 29 membres de l’ONU et travaille à l’évaluation des processus de décolonisation reconnus par les Nations Unies dans les 17 territoires dits « non-autonomes » de la liste établie en 1946. À l’issue de ces travaux, la 4e commission soumet les projets de résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies, à qui il revient ensuite de délibérer en session plénière. Lors de la session annuelle de la 4commission, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est formellement auditionné en présence des 193 États membres des Nations Unies.

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