Les femmes rurales s’émancipent

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La 2e Journée mondiale de la femme rurale a investi Nouméa la citadine le 17 octobre. Le public est venu nombreux découvrir les produits et le savoir-faire des femmes venues des trois provinces. Un moment qui leur a aussi permis de se rencontrer et de s’informer.

Un parfum de la Brousse et des Îles flottait sur la place de la Marne en ce samedi pour le plus grand plaisir des chalands qui sont arrivés tôt pour profiter des magnifiques stands. Plus d’une centaine d’exposantes avaient répondu à l’appel du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, organisateur de la journée avec le concours des associations Femmes entraide économique et solidaire (Fees) et Nouméa Centre-Ville. Ouvert aussi aux habitantes des squats et du Grand Nouméa, ce grand marché avait pour objectif de mettre en avant les productions vivrières et artisanales des femmes rurales, une économie informelle qui a son importance. « Notre travail donne bien la main à la famille et arrondit les fins de mois », confie Aliège Leclère, membre de Fees, qui fait de la couture et de l’agriculture bio à Houaïlou.

Un rôle valorisé

Célébration annuelle adoptée en 2008 par l’ONU, la journée mondiale était relayée en Nouvelle-Calédonie sous le thème des « femmes rurales valorisées, une force pour le Pays ». Rolande Trolue, conseillère au cabinet de Déwé Gorodey, en a expliqué le sens au nom du membre du gouvernement en charge de la condition féminine : « Les femmes rurales doivent être davantage valorisées dans tous les aspects de leur vie quotidienne afin de pouvoir contribuer efficacement au progrès humain, social et économique de notre pays. » La Nouvelle-Calédonie, par la voix de son président, y voit également une force pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire. « Cet objectif stratégique passe par la relance des filières agricoles, certes, mais aussi par le soutien des populations rurales qui assurent la production. Et les piliers du monde rural sont les femmes », a souligné Philippe Germain.

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Le président du gouvernement Philippe Germain à l’ouverture de la Journée mondiale de la femme rurale

Une journée pour s’informer

Autonomie et émancipation faisaient partie des idées irriguant la manifestation. À travers des stands d’information, des interventions et des forums d’expression, les participantes pouvaient échanger sur leur activité, les conditions dans lesquelles elles l’exercent et les outils existants pour les aider à la pérenniser. « C’était très enrichissant, résumait l’une des exposantes originaire de l’Île des pins. Une véritable journée portes-ouvertes pour nos réalisations. » Et un événement qu’il est prévu de reconduire dès 2016 sous le format d’un « jeudi des femmes rurales ».

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Aliège Leclère, membre de l’association Fees

La banque des bonnes Fées

Sortir de la dépendance financière est indispensable pour garantir les droits et les libertés des femmes. De ce constat est né la banque d’économie solidaire que l’association Femmes entraide économique et solidaire (Fees), créée en 2014, est chargée de structurer. « Les fonds sont alimentés par les cotisations des adhérentes qui peuvent solliciter une aide pour leur activité. Beaucoup de mamans ont des projets, mais c’est compliqué de passer par une banque. Là, les démarches sont simples », précise Aliège Leclère, membre de Fees. Cet outil de développement pour les femmes rurales est soutenu par le gouvernement qui doit recruter un chargé de mission spécialisé en économie solidaire. Opérationnel dans les communes de Canala, Houaïlou, Kouaoua, Ponérihouen et Ouvéa, le système a déjà contribué au lancement de plusieurs initiatives : une table d’hôte, une pépinière, un projet permis de conduire et l’écoulement des produits artisanaux des femmes.

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