Exportations vers la Chine : pas de volonté d’ouverture

Précisions sur la note commune

Avec huit voix sur 11, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté mardi les demandes d’exportation de nickel de la Société des Mines de la Tontouta (SMT), de la Société minière Georges Montagnat (SMGM) et de la Société Le Nickel (SLN). Seule exception : la société Maï Kouaoua Mines (MKM) a été autorisée à exporter vers la Chine grâce aux voix de l’Union calédonienne qui a invoqué les difficultés financières auxquelles était confrontée MKM.

Globalement, le gouvernement a donc considéré que ces demandes dépassaient le cadre fixé par le schéma minier, ce qu’il défend depuis l’origine. Cette position, rappelons-le, avait déjà été partagée par les trois provinces dans le cadre de la réunion du comité du commerce extérieur minier (CCEM), le 30 juillet dernier, et confirmée par la majorité des sensibilités politiques représentées au sein du Groupe de travail des présidents des institutions et des signataires de l’Accord de Nouméa (GTPS).
Pour mémoire, le GTPS a été créé pour faire évoluer le schéma minier vers une véritable stratégie nickel pour le pays. Au sein de cette instance de travail, la majorité des groupes politiques dont Calédonie ensemble, l’Union calédonienne et le Palika sont favorables à une valorisation du nickel dans les usines calédoniennes et considèrent par conséquent que les exportations doivent être limitées voire arrêtées selon certaines formations politiques.

Lors de la séance publique du 14 octobre, les élus du Congrès, par 27 voix sur 54, n’ont pas demandé au gouvernement d’autoriser ces exportations, mais de les examiner en considérant que le schéma minier n’interdisait pas, par principe, les exportations de minerai vers la Chine. D’ailleurs si les voix de l’UC, de l’UCF et celles des Républicains se sont unies pour former une majorité en faveur des exportations, chaque groupe politique reste campé sur des positions bien différentes. Les Républicains et l’UCF sont favorables au principe de la liberté du commerce, ce qui n’est pas prévu par le schéma minier qui soumet les exportations à autorisation. L’UC, quant à elle, y est favorable au titre du « pragmatisme » qui permet d’autoriser certaines exportations en fonction de la situation économique des sites miniers ou des mineurs. Ce qui n’est pas non plus prévu par le schéma minier.

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