Des mesures pour faire face à la crise

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Entrée de plain-pied dans une période économique difficile, la Nouvelle-Calédonie doit rétablir sa situation budgétaire qui est alarmante. Le gouvernement a tracé les grandes orientations budgétaires de 2016 pour y remédier.

« Nous nous sommes montrés plus cigales que fourmis », avait signalé Philippe Germain pendant le débat d’orientation budgétaire 2016 au Congrès le 29 octobre dernier. Le président du gouvernement dénonçait ainsi le manque d’anticipation et l’envolée des dépenses qui ont prévalu entre 2011 et 2014 en pleine crise économique. Si les mandatures précédentes ont été rétives à réformer, le gouvernement actuel a pris à bras-le-corps la question budgétaire et a déjà agi pour diminuer les dépenses de la Nouvelle-Calédonie. En 2016, celles de son budget propre ne devront pas dépasser 40 milliards de francs (contre 48 en 2014, ndlr). Le gouvernement donnera aussi l’exemple en diminuant son train de vie de 200 millions de francs, soit une baisse de 23 % de ses dépenses par rapport à 2015.

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Malgré une économie en régression, les dépenses publiques n’ont cessé de croître (en milliards de francs).

Réformes

Cette rigueur budgétaire doit s’accompagner de mesures comme l’évaluation des politiques publiques, l’amélioration du recouvrement des impôts et la diversification de l’économie pour sortir de la dépendance du nickel. Le plan de santé calédonien « Do Kamo, être épanoui », dès son adoption au Congrès, permettra de s’attaquer au problème des dépenses de santé. En parallèle, le gouvernement poursuit le programme de réformes économiques et fiscales arrêté en août 2014 après la signature de l’agenda partagé. Selon Philippe Germain, « son objectif majeur est de retrouver les chemins de la croissance et d’en tirer le meilleur usage pour nos populations ».

croissance economique

Le rythme de croissance économique (en %) a été divisé par 5, hors secteur du nickel, depuis 2007.

Ces nouveaux relais de croissance, ce sont également le développement du tourisme, l’amélioration de la compétitivité des filières, la transition énergétique pour en finir avec la dépendance aux énergies fossiles, la mise en œuvre d’une stratégie territoriale d’innovation et d’exportation pour rééquilibrer la balance commerciale et la réforme de la politique agricole pour tendre vers l’autosuffisance alimentaire. Il s’agit de réformer en profondeur le modèle économique calédonien.

Un budget plus lisible

Une première réforme proposée par le gouvernement a été votée à l’unanimité le 29 octobre dernier au Congrès. Il s’agit de la création d’un budget annexe de répartition pour y voir plus clair dans la structure budgétaire de la Nouvelle-Calédonie. Actuellement, son budget propre comprend ses recettes fiscales, mais aussi celles qu’elle doit redistribuer aux provinces et aux communes. Séparer les deux budgets permettra de partir des recettes effectives et de fixer au mieux les dépenses publiques. À noter que cette mesure faisait partie des recommandations de la Chambre territoriale des comptes visant à améliorer la gestion de la collectivité.

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