Examen réussi pour le projet éducatif

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L’avenir de l’École calédonienne vient de franchir une étape importante. Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a adopté à dix voix sur onze le projet de délibération qui doit instaurer le cadre juridique du projet éducatif. Il sera examiné au Congrès avant la rentrée 2016.

C’est l’un des dossiers phares de ce 14e gouvernement. Dans sa déclaration de politique générale, le président avait insisté sur « la nécessité d’un projet éducatif, fédérateur d’énergie et véritable levier du changement concerté ». À l’issue de la séance du gouvernement du 15 décembre, Thierry Cornaille et Hélène Iékawé ont salué l’adoption à la quasi-unanimité du projet de délibération relative à l’avenir de l’École calédonienne. « C’est un thème important qui doit faire l’objet d’un consensus », a souligné le porte-parole du gouvernement. Pour Hélène Iékawé, en charge du secteur de l’enseignement, « l’école est la voie royale pour réussir. L’ensemble de la classe politique doit porter ce message commun pour qu’il n’y ait pas de confusion auprès de la jeunesse ».

Une École pour le pays

La réussite pour tous est au cœur du projet éducatif. Si l’État conserve sa prérogative, notamment pour la délivrance des diplômes et pour les programmes du second degré, la Nouvelle-Calédonie devait se doter d’une politique éducative qui lui soit propre. Fruit d’une démarche collaborative, ce texte définit un cap ambitieux en visant également « de donner une place plus importante aux cultures dont les élèves sont porteurs et de renforcer le sens civique et moral », a rappelé Hélène Iékawé. Son préambule évoque « une école adaptée aux réalités du pays, qui prend en compte l’héritage historique » de la Nouvelle-Calédonie. Il souligne la dimension plurielle d’une école « permettant la reconnaissance des différences ». Cette introduction sera affichée, dès la rentrée 2016, dans tous les établissements scolaires du pays. Ce sera l’une des premières actions marquantes du projet éducatif, tandis que sa mise en œuvre est inscrite dans le nouveau statut des établissements publics d’enseignement adopté le 28 septembre au Congrès.

Composée d’une trentaine d’articles, la délibération cadre est accompagnée d’une soixantaine d’actions qui ont été identifiées par les contributeurs du projet, largement issus de la communauté éducative. Des groupes de travail se sont désormais attelés à la définition des moyens nécessaires pour chacune d’entre elles. Le deuxième temps fort du projet éducatif sera en effet le plan d’actions qui doit être adopté et appliqué à l’horizon 2016-2017.

Des objectifs à tous les niveaux

La délibération relative à l’avenir de l’École calédonienne fixe les objectifs suivants :
– 100 % de réussite au diplôme national du brevet, quel que soit le lieu de scolarisation des élèves.
– 75 % d’une classe d’âge doit obtenir le baccalauréat général, professionnel ou technologique à l’échéance 2020.
– 40 % d’une classe d’âge doit parvenir au niveau licence ou au niveau III, toutes filières de l’enseignement supérieur confondues d’ici à 2025.

Extraits du projet éducatif

« L’école élémentaire assure prioritairement la maîtrise des savoirs fondamentaux. »
Les compétences de base en matière de lecture, d’écriture et de calcul doivent être renforcées chez les plus jeunes.

« Pour prévenir l’illettrisme et l’innumérisme, des actions spécifiques visant la maîtrise des compétences en français et en mathématiques sont proposées aux élèves qui rencontrent des difficultés dans ces domaines. » Cette orientation constitue une obligation pour favoriser l’égalité des chances et la réussite pour tous.

« Un enseignement des éléments fondamentaux de la culture kanak est obligatoirement donné à chaque élève. » Cette disposition répond à la connaissance de l’histoire, de la culture et des langues des communautés de la Nouvelle-Calédonie, éléments de la réussite pour tous.

« Réduire les écarts de réussite au baccalauréat afin de lutter contre les inégalités scolaires notamment à travers les contrats d’objectifs. » Ce dispositif, inscrit dans le nouveau statut des collèges et des lycées, va permettre au directeur d’agir en priorité sur un problème identifié au sein de son établissement.

« La prise en compte de la diversité des publics prend notamment la forme de projets personnalisés de scolarité. » Un parcours individuel de formation et d’orientation sera construit pour chaque élève. Cette démarche contribuera à lutter contre le décrochage scolaire et favorisera le rapprochement entre l’enseignement général et la formation professionnelle.

« La Nouvelle-Calédonie valorise la participation active des lycéens au fonctionnement de l’établissement et le développement de la vie lycéenne. » Cette volonté se traduit par la création d’un conseil calédonien de la vie lycéenne qui permettra de consulter les élèves sur l’ensemble des aspects relatifs à la vie des établissements.

« Une obligation d’engagement dans un dispositif d’acquisition de compétences est instituée pour tous les jeunes de 16 à 18 ans qui sont sortis du système scolaire sans formation ou sans qualification. » Le service civique calédonien constituera une alternative pour ces jeunes en voie de professionnalisation.

Pour lire le projet de délibération, cliquez-ici

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