Un budget responsable

Arrêté par le gouvernement le 8 décembre, le budget primitif 2016 de la Nouvelle-Calédonie a été adopté la semaine dernière par le Congrès. Il engage le pays dans un processus de réformes, tout en suscitant le dynamisme économique.

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Dans un contexte économique difficile, le budget primitif (BP) 2016 traduit tout d’abord un engagement de gestion rigoureuse des deniers publics. L’institution est la première à donner l’exemple en réduisant de 18 % son fonctionnement courant par rapport au budget 2015. Cette rigueur rendue nécessaire s’applique également aux établissements publics et aux chambres consulaires pour lesquels les contributions de la Nouvelle-Calédonie ont été diminuées de 13 %, les obligeant à adapter leurs budgets à ces nouvelles enveloppes financières.

Transparence budgétaire

Après des années de croissance, la Nouvelle-Calédonie doit faire face à une économie en perte de vitesse et à des recettes fiscales en baisse. En conséquence, il importe d’ajuster les dépenses aux recettes au plus près des besoins et des capacités financières, et non l’inverse comme cela a été le cas jusqu’à présent. Pour une gouvernance plus transparente, conformément à ce qu’avait annoncé Philippe Germain dans sa déclaration de politique générale d’avril 2015, le BP 2016 est pour la première fois décomposé en trois budgets distincts :
– un budget propre réel de 54,1 milliards de francs (hors opérations d’ordre), qui retrace les flux nécessaires au financement des compétences particulières de la Nouvelle-Calédonie ;
– un budget annexe de répartition de 124,5 milliards, regroupant les taxes et impôts qui sont reversés aux collectivités ;
– un budget annexe de reversement de 62,3 milliards (taxes affectées, centimes additionnels et fonds de concours).

Réformer le modèle économique calédonien

La jeunesse est au cœur des préoccupations de ce budget avec trois objectifs : la mise en œuvre du projet éducatif, la création du service civique calédonien et la définition d’une véritable politique de protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse. Le budget de l’enseignement a été privilégié puisqu’il progresse en fonctionnement, de 4,5 milliards en 2015 à 4,8 milliards en 2016. La lutte contre la vie chère et la redynamisation de l’agriculture font aussi partie des axes prioritaires, au même titre que les grandes réformes dans le domaine social et de la santé.
Le budget 2016 va permettre de s’attaquer au régime de retraite obligatoire pour les travailleurs indépendants et à la couverture complémentaire santé obligatoire, tandis que les mesures engagées pour lutter contre le tabac, l’alcool et l’insécurité routière seront poursuivies. En matière de développement durable, ce budget doit contribuer à la mise en œuvre du Schéma pour la transition énergétique de la Nouvelle-Calédonie qui devra être représenté au Congrès dans les meilleurs délais.
« Ce n’est pas un budget de récession, souligne Thierry Cornaille, membre du gouvernement en charge du budget. Au contraire, il contient un signal positif fort pour les investisseurs ». Le gouvernement déploie les efforts à leur attention avec l’adoption de mesures fiscales, les travaux sur la compétitivité, la réforme de la fiscalité indirecte, la mise en œuvre de stratégies d’export et d’innovation. Il s’agit de réformer le modèle économique calédonien à tous les niveaux.

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Maintenir l’investissement public

Avec la fin de la construction du Médipôle de Koutio, le montant des dépenses réelles d’investissement (hors remboursement de la dette) est en diminution par rapport à 2015 et se chiffre à 14,1 milliards de francs pour 2016. Hors Médipôle, le niveau d’investissement de la Nouvelle-Calédonie progresse en réalité de 2,8 milliards en 2016 avec plusieurs programmes en cours : la poursuite des travaux du Centre hospitalier du Nord (3 milliards pour 2016), le programme pluriannuel pour le réseau routier territorial (3 milliards), la rénovation des lycées (900 millions), la construction du complexe de protection zoo et phytosanitaire de Païta (422 millions) et des bureaux du SIVAP (175 milliards). L’autofinancement étant fortement absorbé par le remboursement de la dette, la collectivité sollicitera les bailleurs de fonds pour rechercher auprès d’eux le financement nécessaire à son ambitieux programme d’investissement, dans la limite de 7,7 milliards, hors opérations de trésorerie.

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