L’innovation moteur du développement

developpement economique
Le gouvernement favorisera l’émergence d’un tissu d’entreprises innovantes dynamiques.

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a décidé de faire de l’innovation un levier du développement économique et social, à travers des politiques publiques spécifiques. C’est dans cet objectif qu’il vient d’adopter sa Stratégie territoriale à l’Innovation.

Comme dix-neuf autres PTOM affiliés à l’OCTA (Association des pays et territoires d’outre-mer), la Nouvelle-Calédonie bénéficie depuis 2014 d’une assistance technique financée par le 10e FED pour l’élaboration de sa Stratégie territoriale à l’Innovation (STI). Cette assistance s’est matérialisée par un appui méthodologique de l’OCTA à la constitution et l’animation d’un Conseil consultatif de l’innovation (CCI), lequel regroupe notamment des représentants du gouvernement, de l’État, des provinces, des instituts de recherche, de l’Adecal Technopôle, des trois chambres consulaires, des organismes de financement ou encore des organisations patronales.

Instance de réflexion et d’aide à la décision, le CCI est chargé de dresser le diagnostic de l’innovation en Calédonie et de déterminer la stratégie à mettre en œuvre à partir de la réalité et des besoins du terrain. Ses travaux se sont déroulés en deux phases. D’abord une analyse, de mars à juillet 2015, finalisée par la rédaction du diagnostic de l’innovation ; puis une définition stratégique, de juillet à octobre 2015, menée par des groupes de travail réunis par thématiques et selon des secteurs croisés.

De nouveaux relais de croissance

« La mise en place d’une stratégie pour l’innovation revêt pour le pays une importance toute particulière, car elle s’inscrit dans un ensemble de réformes visant à transformer en profondeur notre modèle économique, précise Philippe Germain, président du gouvernement. Dans un contexte économique international difficile, aggravé par la crise du nickel, nous devons trouver de nouveaux relais de croissance afin de créer de la richesse et des emplois durables et tendre vers une véritable souveraineté économique ».

Au total, près de 150 personnes ont participé aux groupes de travail. Les suggestions ont été priorisées et validées par le CCI en septembre 2015, avant la présentation des grands axes de la stratégie au séminaire régional de l’innovation qui s’est tenu les 5 et 6 novembre 2015 à Nouméa en présence des directeurs de l’innovation de Saint-Pierre-et-Miquelon, Polynésie française, Wallis-et-Futuna et Pitcairn. « Aucune entreprise, petite ou grande, ne peut poursuivre son évolution sans innover, assure André Boudart, directeur de l’Innovation de la Nouvelle-Calédonie. Dans tous les secteurs, l’innovation est indispensable pour se développer et ne pas être pris de vitesse par les évolutions du marché ».

Le soutien du gouvernement

L’adoption aujourd’hui de la STI par le gouvernement est un prérequis de l’OCTA et de l’Union européenne. En effet, seuls les PTOM dotés d’une STI validée par les autorités gouvernementales seront en capacité de bénéficier d’un financement pour un projet pilote à hauteur de 19 millions de francs CFP. Le gouvernement entend désormais apporter tout son soutien à l’innovation. En s’appuyant sur l’État et les nombreux organismes de recherches présents en Calédonie. En participant au financement de programmes de recherche qui intéressent le pays et pourraient connaître des développements dans l’industrie locale. Mais aussi en favorisant l’émergence d’un tissu d’entreprises dynamiques, et en facilitant le lien et la cohérence entre elles au sein d’un véritable réseau. Dès 2016, un outil fiscal incitatif sera créé en ce sens : le crédit d’impôt à l’innovation.

Andre
André Boudart, directeur de l’Innovation de la Nouvelle-Calédonie.

Quatre objectifs stratégiques

Si l’innovation se définit comme « l’application de solutions améliorées qui répondent à de nouvelles exigences, à des besoins non formulés ou à des besoins existants sur le marché », la Nouvelle-Calédonie a décidé d’adapter cette définition à son contexte spécifique, à travers trois ambitions fondamentales : accroître la compétitivité des entreprises et du pays, favoriser notre insertion régionale et contribuer au développement durable. Quatre grands objectifs ont ainsi été définis : créer un environnement favorable à l’innovation, la soutenir financièrement, diffuser la culture de l’innovation et mettre le facteur humain au cœur de l’innovation. Ils sont déclinés en treize objectifs opérationnels, eux-mêmes intégrés à un plan d’actions dont la mise en œuvre peut relever des différentes institutions (provinces et/ou gouvernement) ou de la société civile. Des indicateurs de résultats et d’impact ont été identifiés pour chaque action.

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur