Étudiante au Québec

leila1Jeudi 14 janvier à l’auditorium de la province Sud, le gouvernement et Canal+ proposaient l’avant-première de Mobilité Québec – Les défis de Leila, un documentaire sur l’expérience de jeunes Calédoniens engagés pour trois ans dans un Cegep. La projection s’est déroulée en présence de l’héroïne et des deux réalisatrices.

À 19 ans, Leila n’a quitté la Calédonie qu’une seule fois. Pour des vacances au Vanuatu. C’est donc un plongeon dans l’inconnu qui l’attend à Chicoutimi, quartier de Saguenay, une ville du Québec où la jeune femme de Poindimié a choisi de partir suivre une formation dans le génie civil. Ses rêves, ses doutes, la neige, le choc des cultures… Mobilité Québec – Les défis de Leila raconte un peu tout cela. Réalisé par Christine Della-Maggiora et Dominique Roberjot (Latitude 21 Pacific) en coproduction avec Canal + Calédonie, ce documentaire de 58 mn met l’accent sur les défis d’organisation et d’intégration que les jeunes étudiants doivent relever lors de leur formation à l’étranger. Une expérience de laquelle ils sortent grandis et autonomes.
Les défis de Leila était présenté jeudi soir en avant-première à l’ensemble des partenaires de la formation professionnelle : instances consultatives, élus, organismes de formation, syndicats… « Nous voulions poser un regard positif, montrer qu’il y a des jeunes qui relèvent des défis et avancent, qui peuvent donner envie à d’autres Calédoniens de prendre leur envol et d’aller étudier eux aussi à l’étranger », ont expliqué les réalisatrices. Avant de préciser, avec émotion : « En immersion au sein de “la bande des Calédos”, nous ne nous attendions pas à un accueil aussi chaleureux et à un tel sérieux. Ce fut une très belle aventure humaine ».

La métamorphose de Leila

Le tournage du documentaire soutenu financièrement par le gouvernement, la province Sud et le ministère des Outre-mer, s’est déroulé en trois fois, d’août 2014 à septembre 2015. Dans des conditions parfois extrêmes, la température descendant jusqu’à – 40 °C. « Plusieurs choses ressortent de ce film, souligne Jean-Louis d’Anglebermes, vice-président du gouvernement, en charge du travail, de l’emploi, du dialogue social et de la formation professionnelle. D’abord, la façon d’enseigner au Québec, à l’anglo-saxonne, avec un vrai échange entre professeur et élèves, complètement différente de notre système qui maintient une réelle distance entre les deux. Ensuite, l’évolution de Leila, l’ouverture de son discours. Après deux années de formation, ce n’est plus la même personne ».

Jean-Louis d’Anglebermes n’a pu s’empêcher de tracer le parallèle avec sa propre expérience, en Métropole, il y a quarante ans. « À l’époque, il fallait payer son billet d’avion – et ça coûtait très cher –, se débrouiller tout seul pour les inscriptions, et on ne rentrait en Calédonie qu’une fois les études finies. Même si les jeunes aujourd’hui rencontrent sensiblement les mêmes difficultés que nous autrefois, ils sont plus gâtés ! Entre leurs indemnités, la prise en charge du voyage et des frais d’assurance, et le suivi dont ils bénéficient, j’espère qu’ils réalisent bien la chance qu’ils ont… »

CMQ, quèsaco ?

Le Cegep Mobilité Québec (CMQ) vise à offrir à tout bachelier une formation de trois ans dans les Collèges d’enseignement général et professionnel (Cegep) du Québec, dans un programme spécifique permettant d’acquérir des compétences qui mènent directement à l’insertion professionnelle. Décerné par le ministère de l’Éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche du Québec, le Diplôme d’études collégiales (DEC)-Technique qui sanctionne cette formation correspond à un niveau de Brevet de technicien supérieur (BTS) et/ou Diplôme universitaire de technologie (DUT). Le dispositif s’adresse aux personnes âgées de 18 ans minimum, de nationalité française, titulaires du baccalauréat ou à défaut d’un diplôme équivalent, qui ont interrompu leur cursus de formation initiale depuis au moins 18 mois. Après une remise à niveau complète (français, anglais, informatique, mathématiques, physique, chimie…), le jeune sélectionné a droit à une indemnité d’installation, une indemnité mensuelle durant toute sa formation, un billet d’avion aller et retour, ainsi qu’un suivi pédagogique et administratif. Une solide formation générale, l’acquisition de connaissances dans des secteurs de pointe, un bon équilibre entre théorie, cours pratiques et stages en milieu professionnel, les Cegep offrent de nombreuses garanties de réussite.
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Le dispositif en chiffres

– 345 stagiaires depuis 2007
– 182 parcours terminés, dont 128 validés totalement et 18 partiellement
– 75 % des stagiaires en emploi aujourd’hui, essentiellement à temps plein et en CDI
– Budget affecté chaque année par la Nouvelle-Calédonie : environ 150 millions de francs (billets d’avion, indemnités et frais d’assurance sociale)
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