Un nouveau labo pour la Davar

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Locaux vétustes et mal adaptés, nécessité d’étendre ses capacités analytiques et de maintenir son accréditation, le LNC, laboratoires officiels de la Nouvelle-Calédonie dans les domaines vétérinaire, agroalimentaire, phytosanitaire et de l’eau, déménagera en 2017 au sein du Complexe de protection zoo et phytosanitaire de Païta. La première pierre est posée ce jeudi 18 février.

Dépendant de la direction des Affaires vétérinaires, alimentaires et rurales (Davar), le service des laboratoires de la Nouvelle-Calédonie (LNC) réalise chaque année environ 40 000 analyses relatives à la salubrité et à la qualité des aliments ainsi qu’à la santé animale. Il reçoit en moyenne 10 000 échantillons par an, correspondant à 350 clients et une centaine de prescripteurs : vétérinaires, entreprises agroalimentaires, enquêtes, plans de surveillance ou de contrôles définis avec le Service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire (Sivap), etc.
Avec un budget annuel d’environ 140 MF, le LNC occupe onze bâtiments différents, répartis sur un terrain de 40 ares situé à Port-Laguerre et appartenant à la province Sud. Des locaux plus que trentenaires, mal adaptés, incompatibles avec la volonté collective de doter le pays d’un laboratoire moderne et qui, aujourd’hui, posent des problèmes en termes de sécurité du personnel ou de crédibilité vis-à-vis des clients. « Quantitativement, les demandes ont explosé, dans les secteurs que nous couvrons traditionnellement, mais aussi sur des secteurs nouveaux comme la parasitologie animale, la phytopathologie, la chimie ou la microbiologie des eaux, constate Christian Desoutter, directeur de la Davar. D’autre part nous sommes arrivés au bout de ce que nous pouvions faire pour maintenir l’accréditation Cofrac (système qualité certifié par le Comité français d’accréditation). La construction d’un nouveau laboratoire apparaissait ainsi indispensable, d’autant qu’elle s’inscrit dans la mise en place d’un véritable complexe sanitaire aux portes de la Brousse, à la disposition du développement rural ».

Personnel supplémentaire, nouveaux matériels

La première pierre du nouveau LNC sera ainsi posée jeudi… À côté de la quarantaine animale, sur le site du futur Complexe de protection zoo et phytosanitaire, à Gadji. Deux fois plus grand (2 000 m2) que l’ancien, il sera composé d’un bâtiment principal regroupant un module général accueil/administration et cinq modules techniques (40 salles environ), et de locaux annexes (incinérateur, groupe électrogène, animalerie, local de stockage des déchets chimiques…). La Davar se dotera pour l’occasion de nouveaux matériels, principalement pour les analyses d’eau, mais aussi d’équipements de protection collectifs, le laboratoire devant en effet accueillir une salle où seront traités des germes qui exigent un niveau de confinement P2+1, voire P3.
Le LNC compte actuellement 31 agents : ingénieurs, vétérinaires, techniciens, etc. L’installation à Païta permettra d’ouvrir de nouvelles unités qui nécessiteront l’embauche de trois techniciens supérieurs et feront du LNC un outil de diagnostic performant pour le pays, mais également sur le plan régional.

Agroalimentaire et vétérinaire

Le pôle technique du LNC compte cinq sections.

– Chimie : trois unités techniques la composent. Physico-chimie (contrôle de la qualité nutritionnelle des aliments pour animaux, essentiellement) ; chromatographie (contrôle des tiquicides dans les eaux de baignade du bétail, des contaminants organiques dans l’alimentaire…) ; spectrométrie (dosage des éléments traces dans les produits alimentaires comme le plomb et le cadmium, ou le mercure dans les produits de la pêche). Elle est appelée à d’importants développements, avec la mise en place d’une unité de chimie des eaux.
– Hygiène : principalement consacrée à la microbiologie alimentaire. Prochain challenge, la mise en place d’une unité de microbiologie des eaux.
– Santé animale, vétérinaire et immuno-sérologie : ces sections s’adressent à toutes les filières animales, des poules aux bovins en passant par les abeilles et les crevettes. Elles réalisent environ 13 000 analyses par an. Avec la reconstruction du laboratoire, ce secteur en pleine extension intégrera la parasitologie animale, dans le cadre d’un partenariat avec l’IAC en vue d’activités de diagnostic et peut-être de recherche.
Par ailleurs, une section de phytopathologie sera créée au sein du nouveau laboratoire
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Tous regroupés au sein du CPZP

L’objectif du Complexe de protection zoo et phytosanitaire de la Nouvelle-Calédonie (CPZP) est de regrouper, sur un même site, les différentes installations bio-sécuritaires :
La quarantaine animale : elle a quitté Koutio pour s’installer à Païta en 2013. Coût : 900 millions de francs.
Les “laboratoires officiels d’analyses vétérinaires, agroalimentaires et phytosanitaires de la Nouvelle-Calédonie”. Coût prévisionnel : 1,3 milliard (dont VRD et aménagements paysagers).
Les nouveaux bureaux du Sivap : ils se trouvent aujourd’hui dans des locaux exigus, dans l’enceinte du Port autonome. Une grosse partie des agents devraient déménager pour Païta. Début des travaux prévu en mars, durée un an. Coût prévisionnel : 400 millions.
Le siège de la Davar, de l’Apican* et de la Dafe* : dans une même logique de regroupement des moyens, ces bureaux situés à Magenta seront déplacés sur le site du CPZP. Le concours d’architecture sera lancé cette année. Coût prévisionnel : 965 millions.
La quarantaine végétale : un équipement n’existant pas en Calédonie, malgré les risques d’introduction de pathogènes ou de plantes envahissantes, demandé depuis longtemps par les professionnels. Elle apportera une meilleure sécurité phytosanitaire à l’importation. Coût prévisionnel : 380 millions.
Une partie de la construction du CPZP a été inscrite aux contrats de développement État/Nouvelle-Calédonie 2006/2010. L’État participe à hauteur de 193,8 millions de francs : 180 MF pour les laboratoires, 13,8 MF pour la quarantaine végétale.

* Apican : Agence pour la prévention et l’indemnisation des calamités agricoles ou naturelles ; Dafe : direction de l’Agriculture, de la forêt et de l’environnement

Un chantier spécifique

Le concours d’architecture du nouveau LNC a été lancé dès 2007. « Construire des bâtiments, des bureaux, on sait faire. La construction d’un laboratoire, bien plus spécifique, a nécessité une plus longue analyse et de nombreuses réflexions », explique François Stochlinn, chef du service des constructions de la DITT, conducteur d’opérations d’un chantier éco-responsable dont la Davar est le directeur d’investissement et le cabinet Perspective le maître d’œuvre, associé à deux bureaux d’études, ITCE et ECEP. Réception des travaux programmée pour la mi-2017.
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