Place au déblaiement

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En fin de semaine prochaine, le gouvernement devrait cesser de coordonner les opérations sur les lieux du sinistre.

Ce jeudi 18 février à 7 h 30, seulement deux semaines après l’incendie qui a ravagé une zone commerciale de Ducos, les opérations de déblaiement ont pu commencer. Une performance due à un travail collectif de qualité, piloté par le gouvernement. Objectif aujourd’hui : que les entreprises voisines puissent reprendre leurs activités le plus rapidement possible.

Direction de la Sécurité civile, propriétaire des magasins sinistrés, collectivités… deux semaines après l’incendie qui a ravagé un site commercial de Ducos Industriel, tous se félicitent du travail effectué par les sapeurs-pompiers puis la cellule de coordination mise en place par le gouvernement, et du partenariat entre les différents acteurs sur le terrain. Cette belle réactivité a permis de réduire considérablement les délais en vigueur en pareille circonstance et d’éviter des conséquences plus dommageables. Secrétaire général du gouvernement, Alain Marc salue la performance d’autant plus méritoire que les opérations s’annonçaient « d’une grande complexité pour de nombreuses raisons : imbrication des activités économiques, protocoles réglementaires liés au risque de présence d’amiante, multiplicité des intervenants du public et du privé… ».
Directeur de la Sécurité civile, Éric Backès rappelle que l’ensemble des risques sanitaires ont été maîtrisés, et les populations mises en sécurité. L’amiante d’abord. « Les éléments de bardage en fibrociment et les dalles de sol qui en contenaient ont été pulvérisés d’eau et d’une solution à base de résine polymère afin d’agglomérer les fibres. Et toutes les analyses (une trentaine) ont conclu à l’absence d’amiante atmosphérique. » La prolifération des rats et des moustiques, ensuite, et avec eux leur cortège de risques épidémiologiques. Également écartée, suite à des actions préventives et curatives : pièges à rats, appâts empoisonnés, épandage de produits anti-moustiques…

Une « soupe détritique » à amalgamer

Autre nuisance, sans doute la pire, les émanations pestilentielles qui accompagnent la putréfaction de 900 tonnes de marchandises. Grâce à la baisse du thermomètre et l’installation d’un système destiné à neutraliser les odeurs, les choses s’améliorent lentement.
Ce jeudi, le chantier de déblaiement a pu commencer. Priorité aux structures menaçant de s’écrouler. La pulvérisation massive d’eau a entraîné un lessivage des sols et des matières calcinées, carbonées, chimiques et organiques. Depuis la découverte, mardi 9 février, de milliers de poissons morts dans l’anse Uaré, « 20 000 litres d’eaux stagnantes ont été pompés et sont stockés dans des conteneurs étanches dans l’attente d’un traitement approprié », indique Vincent Mary, de la province Sud.
Brassés avec les eaux pluviales et les eaux d’extinction de l’incendie, les déchets alimentaires très dégradés (estimés à 200 à 300 m3) forment désormais une sorte de « soupe détritique ». Pour être acceptés à l’ISD de Gadji, ils seront amalgamés à de la terre végétale afin d’atteindre une siccité minimale, à l’issue d’un protocole d’urgence passé entre la CSP et la province. Quant aux déchets amiantés issus des décombres, ils subiront un traitement particulier avant leur exportation vers la Nouvelle-Zélande. « Nous estimons à huit semaines le temps nécessaire à l’évacuation des déchets d’amiante et la décontamination totale du site », explique Olivier Le Scanf, de la société Kawana qui devrait s’équiper d’un drone pour suivre l’évolution du chantier.

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Animée par Alain Marc, secrétaire général du gouvernement, la conférence de presse du jeudi 18 février a réuni Sécurité civile, Ville de Nouméa, province Sud, DASS, DTE, ainsi que le groupe Ballande et le bureau d’études et d’expertise Kawana Conseil.

Rétro

– Jeudi 4 février : d’origine a priori accidentelle (enquête en cours), l’incendie se déclare dans la nuit, vraisemblablement dans les chambres froides de Serdis, avant de se propager sur une superficie de 10 000 m² aux magasins Foir’Fouille et Champion. L’intervention rapide des pompiers de Nouméa va permettre de maîtriser le feu aux premières heures de la matinée.
– Samedi 6 : analyses in situ pour vérifier la présence d’amiante atmosphérique. Le dispositif de sécurisation installé par la Ville de Nouméa durant les opérations de secours est maintenu.
– Lundi 8 : la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques est désignée par le président du gouvernement pour coordonner l’ensemble des opérations. Des mesures conservatoires sont validées afin de protéger les populations : confinement des débris pour éviter la propagation des fibres d’amiante dans l’air, analyses complémentaires pour détecter les fibres d’amiante sur le site et à proximité, mesures sanitaires pour limiter la propagation des nuisibles.
– Mardi 9-vendredi 12 : la cellule de coordination des opérations de déblaiement se réunit à quatre reprises, en s’adjoignant les services de la Denv et de la Dimenc, notamment suite à l’épisode de mortalité piscicole observée le 9 février en fin d’après-midi sur l’anse Uaré.
– Mardi 16 : la Ville adopte un arrêté d’insalubrité afin de conférer un caractère formel à la situation et justifier l’urgence à engager le chantier de déblaiement.
– Mercredi 17 : suite à une action en justice intentée par l’assureur du groupe Ballande, le juge des référés se prononce en faveur de la nomination d’un expert judiciaire mais autorise le démarrage du chantier de déblaiement.

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