Une charte pour les femmes

femme
Une charte de l’égalité hommes-femmes, pour lutter contre les inégalités de manière concrète.

 

Le secteur de la Condition féminine du gouvernement organise la 11e édition de la Journée internationale de la femme en Nouvelle-Calédonie. Elle se déroulera le 8 mars à Ouvéa, à la tribu de Héo. Son thème : « Hommes et femmes, assumons ensemble les défis d’aujourd’hui pour construire demain ».

 

L’idée cette année, à travers des débats mixtes, est d’associer davantage les hommes à la réflexion sur le statut, le quotidien et l’avenir de leurs femmes. Après Do Neva (Houaïlou) en 2014, et Ouitchambo (Boulouparis) en 2015, c’est Héo, près de Saint-Joseph, dans le nord d’Ouvéa, tribu des descendants des habitants de Beautemps-Beaupré, qui accueille la manifestation chère à Déwé Gorodey. En charge de la condition féminine au gouvernement, l’infatigable militante rappelle d’ailleurs que ce secteur n’existait pas lorsqu’elle prit ses fonctions au sein de l’institution en 1999.
À Héo, le public sera invité à participer aux échanges et aux ateliers thématiques (lire ci-dessous). Comme chaque année, cette rencontre a pour objectif de favoriser l’action intégrée et conjuguée des institutions, des associations et de la société civile face aux défis majeurs à relever tous ensemble. Si l’égalité hommes-femmes est un droit fondamental qui doit être exercé dans tous les aspects de la vie quotidienne, des inégalités et des disparités persistent, en Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, au regard des statistiques de genre, notamment en ce qui concerne l’emploi, les salaires, la formation et la prise de décision. Des inégalités qui sont « le résultat de constructions sociales se fondant sur de nombreux stéréotypes sexistes présents dans la famille, la culture, l’éducation, le travail et l’organisation de la société en général », indique Rolande Trolue, chargée de la Condition féminine auprès de Déwé Gorodey.

Quatre consultations

Mais la vraie nouveauté de l’édition 2016 est d’accueillir la première des quatre consultations devant aboutir à la rédaction d’une “charte de l’égalité hommes-femmes” et à sa présentation au gouvernement d’ici à la fin de l’année. Cette charte entend promouvoir une société véritablement égalitaire et combattre la persistance et la reproduction des inégalités et des discriminations faites aux femmes. À Héo, les priorités et les objectifs stratégiques de cette charte seront couchés sur le papier. Les trois consultations suivantes impliqueront les institutions, les pouvoirs publics, et enfin la société civile et le secteur privé. « Il s’agit d’une charte d’engagements, insiste Déwé Gorodey, dont le but est de lutter contre les inégalités de manière concrète et de gagner ce défi de société. Elle devra s’imposer aux institutions ».

journee femme
Déwé Gorodey et Rolande Trolue, aux côtés de Véronique Mollot-Lehoullier, chargée de mission discrimination, égalité filles-garçons, au vice-rectorat.

Quatre ateliers

Des quatre ateliers suivants émaneront des propositions d’actions à mettre en place en 2016 de manière collective et transversale. Un groupe de suivi en évaluera les recommandations qui seront présentées à la Journée internationale de la femme 2017.
– Femmes et prise de décision : informer sur les différents scrutins et corps électoraux en Nouvelle-Calédonie (inscriptions sur les listes électorales, démarches à entreprendre, sortie de l’Accord de Nouméa…).
– Genre et dérèglement climatique : discuter des impacts du dérèglement climatique sur les rôles et la vie des femmes et de leurs familles, voir comment elles pourraient s’impliquer davantage dans des actions à court et moyen terme.
– Genre, nutrition et bonne santé : échanger sur la manière de prendre en compte la question du genre sur les causes et les déterminants sociaux culturels concernant l’obésité chez les femmes, voir quelles solutions apporter en vue d’une bonne santé.
– Parentalité, monoparentalité – genre et fonction parentale et communautaire : débattre sur la notion culturelle de parentalité et de monoparentalité, voir comment aborder la fonction parentale du point de vue du genre dans l’éducation des enfants.

Une conférence d’un nouveau genre

Rolande Trolue donnera demain soir (mercredi 2 mars) une conférence à l’initiative de l’Association française des femmes diplômées des universités. Avec pour thème « Le Genre, cet inconnu », elle se déroulera à 17 h 45 dans l’amphithéâtre 200 de l’Université de la Nouvelle-Calédonie. Objectif, sensibiliser le public à la question du genre dont la prise en compte dans la politique du gouvernement répond au besoin de changement pour plus d’égalité et d’équité entre hommes et femmes, en accord avec les engagements pris au niveau régional et international en faveur de l’émancipation, de l’autonomisation et du bien-être des femmes.

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur