Des mesures fortes pour soutenir le nickel

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Le gouvernement a présenté le 8 mars son plan de soutien conjoncturel en faveur de l’activité minière et métallurgique. L’objectif est double : apporter des réponses concrètes à la crise actuelle et créer un climat propice à l’élaboration de la stratégie nickel du pays.

 

Apporter « des réponses communes fortes », adresser « un message de confiance aux Calédoniens et de solidarité à l’ensemble des opérateurs du nickel en Nouvelle-Calédonie ». Conformément à la déclaration du dernier comité des signataires, le gouvernement propose sans plus tarder des mesures pour faire face à la crise du secteur du nickel. « Ce plan de soutien a été construit après consultation de l’ensemble des forces vives du pays et des groupes politiques », a souligné Philippe Germain qui a présenté ces solutions d’urgence en présence de Jean-Louis d’Anglebermes, vice-président du gouvernement, et de Gilbert Tyuienon, en sa qualité de président du conseil d’administration du Fonds Nickel.

Solutions alternatives d’exportation

Le plan s’articule en trois points : un programme prévisionnel d’urgence des exportations, l’intervention du Fonds Nickel et l’accompagnement des opérateurs miniers. Sur la question des exportations, le gouvernement a répondu aux priorités fixées par le Groupe de travail des présidents et signataires (GTPS). Ainsi, l’exécutif a facilité l’engagement de mineurs calédoniens aux côtés de la société Nickel Mining Company pour que l’usine SMSP en Corée soit approvisionnée. Autre point important, le client traditionnel australien Queensland Nickel n’offrant plus les conditions de lisibilité nécessaires, le gouvernement envisage d’autoriser des exportations vers la Chine, de préférence à destination d’aciéristes plutôt que de fabricants de fonte de nickel ou « pig iron », responsables de la chute des cours. Quant aux autorisations d’export vers les clients traditionnels, elles seront renouvelées et les nouvelles demandes examinées selon des critères à définir. Fixer un prix plancher aux exportations de nickel, à l’image de la décision prise par les Philippins, fait partie des questions soulevées.

Fonds Nickel en marche

L’état de crise ayant été déclaré par le gouvernement, le plan de soutien rappelle les modes d’intervention du Fonds Nickel. Son conseil d’administration doit se réunir le 15 mars pour déterminer les critères d’éligibilité de ses aides qui peuvent être de deux ordres : prise en charge partielle des cotisations patronales pour les sociétés minières de moins de 500 salariés et mise en œuvre de chantiers comme des curages de cours d’eau. De tels travaux pourraient être organisés rapidement pour compenser une baisse d’activité des sous-traitants miniers.
Le gouvernement prévoit enfin un assouplissement réglementaire pour soulager les besoins de trésorerie des entreprises minières. Par exemple, reporter à 2023 au lieu de 2019, l’ensemble des obligations de reconnaissance des titres miniers, des prospections pouvant atteindre une centaine de millions de francs. De même, l’exécutif encourage les discussions, au cas par cas, entre les opérateurs miniers, les provinces et les communes pour différer certains travaux relevant des autorisations d’exploitation.

À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Mais « 2016 doit être une année utile, une année où le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour préparer la sortie de l’Accord de Nouméa en avançant sur les réformes économiques et sociales et les grands dossiers comme la stratégie nickel du pays », a conclu le président du gouvernement.

Télécharger le document complet du plan de soutien conjoncturel en faveur de l’activité minière et métallurgique.

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