600 millions débloqués, 500 emplois sauvegardés

Fond nickel

 

Le gouvernement avait présenté le 8 mars son plan de soutien de l’activité minière. Une semaine plus tard, le conseil d’administration du Fonds Nickel a adopté des mesures d’urgence : 270 millions seront débloqués en faveur des mineurs, à travers la prise en charge de cotisations patronales, et 330 millions seront consacrés à des travaux environnementaux. Objectif, sauvegarder quelque 500 emplois.

 

Dans le prolongement du Comité des signataires de début février et du plan de soutien au secteur du nickel présenté le 8 mars par le président du gouvernement, le conseil d’administration du Fonds Nickel s’est réuni le 15 mars sous la présidence de Gilbert Tyuienon. À l’ordre du jour, définir les mesures d’intervention en faveur d’un secteur aujourd’hui menacé.
En 2009, lorsque le Fonds Nickel fut activé pour la première fois, « la crise avait été courte, mais aujourd’hui elle est double. Elle concerne les cours du nickel et les exportations, notamment de latérites, a indiqué Philippe Germain. Et nous n’avons aucune visibilité sur un éventuel redressement des cours. Tout le monde estime qu’on en a encore au moins pour deux ans ».

Indemnisation proportionnelle au préjudice subi

Vu les pertes de chiffre d’affaires des sociétés minières de moins de 500 salariés, les membres du Fonds Nickel ont décidé de leur verser une indemnisation. Un soutien proportionnel au manque à gagner : prise en charge d’1/3 des cotisations patronales à compter de 25 % de perte de rémunération, et graduellement jusqu’à 90 % par rapport au 1er trimestre 2015. Par ce concours exceptionnel, évalué à environ 270 millions de francs, environ 400 emplois pourront être sauvegardés. « Ces mesures ne sauveront pas les entreprises si la crise dure longtemps, mais elles devraient largement contribuer à pérenniser les emplois », a affirmé Xavier Gravelat, président du SEM, Syndicat des exportateurs de minerais.
Durement frappés par la baisse d’activité du secteur, les sous-traitants liés à la mine ne sont pas oubliés. Rouleurs, bien sûr, mais aussi foreurs, fondeurs, laboratoires d’analyses ou autres bureaux d’études. Les règles d’intervention retenues sont les mêmes que pour les mineurs (prise en charge d’une partie des cotisations patronales). Une centaine d’emplois seraient ainsi sauvegardés. Réaction, positive, de Max Foucher, de ContraKmine : « Ça fait plaisir de voir qu’on arrive à s’asseoir autour de la même table et à trouver des solutions. Mais il y a encore beaucoup de travail, il ne faut pas baisser les bras ».

Curages des cours d’eau sur la côte est

Le conseil d’administration a également exprimé sa volonté de lancer des travaux environnementaux (pour quelque 330 millions) aux abords des centres miniers, en particulier le curage de cours d’eau les plus exposés, comme à Canala, Kouaoua ou Houaïlou. Travaux qui permettront au passage de compenser la baisse d’activité des sous-traitants miniers. « Le prochain conseil d’administration du Fonds Nickel devrait acter la priorité des travaux et établir un plan d’intervention » a précisé le président du gouvernement.
Représentante des environnementalistes, Martine Cornaille, présidente d’Ensemble pour la Planète et de l’OEIL, n’a pas apporté sa voix aux décisions adoptées par le CA. Elle juge le programme « dispendieux et inutile ».

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De gauche à droite : Xavier Gravelat, Wilfrid Maï, Philippe Germain, Gilbert Tyuienon, Max Foucher et Didier Le Moine (Dimenc).

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