À l’écoute de ses reins

un rein pour la vie

 

Organisée par le Résir (Réseau de l’insuffisance rénale en Nouvelle-Calédonie), la 8e Journée mondiale du rein s’est déroulée le jeudi 10 mars sous le thème « Prendre soin de ses reins, c’est vital… dès l’enfance ! ». Objectif principal, sensibiliser à la prévention, la détection précoce et le don d’organe, pas encore entré dans les mœurs.

 

Avec pour invité principal Didier Borniche, président de l’AFIDTN (Association française des infirmiers de dialyse, transplantation et néphrologie), la journée s’est tenue dans la salle d’honneur de la mairie de Nouméa. Au programme, la présentation par des professionnels des traitements de suppléance de l’insuffisance rénale, et des animations proposées par une promotion d’étudiants infirmiers de 2e année : conseils, jeux éducatifs, ateliers nutrition, etc.

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est le déclin de la fonction rénale.
Elle est habituellement la complication d’un trouble de santé grave, notamment le diabète, l’obésité ou l’hypertension artérielle.
La progression est si lente que la maladie, sans signes précurseurs ni symptômes apparents, peut rester longtemps silencieuse. Elle s’installe graduellement à mesure que le fonctionnement des reins diminue, et mène à l’insuffisance rénale terminale (IRT). Les traitements de suppléance consistent en des techniques d’épuration extra-rénales (dialyse) ou en une greffe de rein.

Une charge lourde pour la collectivité

En Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, l’IRC constitue un problème majeur de santé publique. La prévalence de cette maladie affiche une forte croissance, avec des répercussions lourdes, sur le plan humain mais aussi en matière de coûts économiques. Les spécialistes estiment que 10 % des IRC pourraient être évitées et 30 % retardées sous réserve d’une détection précoce et d’une prise en charge adaptée. En Nouvelle-Calédonie, le CHT et des cliniques s’occupent des malades, alors que l’Atir (Association pour la prévention et le traitement de l’insuffisance rénale) dispose d’une douzaine d’unités de dialyse dans l’Intérieur et aux Îles. De son côté, le Résir met en place et renforce des programmes de prévention, afin de permettre à l’ensemble des acteurs concernés par cette pathologie de mieux coordonner leurs opérations et d’optimiser la qualité des soins.
« Les efforts engagés pour assurer la structuration et l’organisation de l’offre de dialyse, pour garantir son financement et celui des évacuations sanitaires et des greffes rénales, représentent une charge lourde assumée par la collectivité et les organismes de protection sociale », tient à rappeler Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la santé.

70 % de personnes opposées au prélèvement d’organe

Mais en matière de don d’organe, malgré les dispositions règlementaires autorisant le prélèvement sur donneur vivant ou décédé, malgré la collaboration avec une équipe néphrologique australienne pour le prélèvement en Nouvelle-Calédonie et les transplantations à Sydney depuis avril 2013, la proportion de personnes transplantées reste faible du fait de 71,4 % d’opposition au prélèvement. 
« Une campagne en faveur du don d’organes est engagée depuis quatre ans grâce à l’implication des professionnels de santé, des associations de patients, du comité d’éthique, des néphrologues, etc., et un site 
 Internet* lui est dédié », poursuit Mme Eurisouké.

Face à ce constat, « il s’agit de nous concentrer sur les stades précoces de l’IRC, en agissant de façon coordonnée sur plusieurs fronts, afin d’améliorer les comportements de prévention, de dépistage précoce et de recours à la greffe rénale, conclut Mme Eurisouké. Seule, une démarche volontaire et partagée par tous les acteurs permettra d’atténuer, sinon d’inverser, les tendances actuelles, et ainsi de limiter les coûts élevés qui en résultent ».

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* www.dondorganes.nc

Des chiffres inquiétants

– Plus d’1 adulte sur 10 dans le monde souffre d’une affection rénale.
– 1 Français sur 20 est atteint d’une maladie rénale chronique sans le savoir.
– L’hypertension artérielle et le diabète sont les 2 principaux facteurs de risque de l’IRC.
– Le risque d’IRC est multiplié par 9 en cas de diabète, par 2 en cas d’obésité.
– En 2013, il y avait en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna 437 patients dialysés et 130 patients transplantés, soit presque 3 fois plus qu’en France métropolitaine. Ces 15 dernières années, le nombre de patients en suppléance pour IRCT a augmenté en moyenne annuelle de 7,4 % (3e rang mondial derrière Taïwan et le Japon).
– En NC et à Wallis, l’âge médian des patients dialysés se situe entre 45 et 64 ans (70,4 ans pour l’ensemble des régions françaises).
– Le coût de la suppléance rénale par hémodialyse s’élevait à 2,5 milliards de francs en 
2012 (sans compter les dépenses liées au transport des patients).

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