De grands espoirs pour le handball féminin

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Suzanne, la jeune Nouméenne que plusieurs clubs professionnels métropolitains considèrent déjà comme « un vrai phénomène ».

Les responsables et les joueuses du « Pôle Espoirs Féminin Pacifique de Nouméa » (PEFPN) ont rencontré, le 31 mars dernier, Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge du sport et de la jeunesse, et Pierre Forest, le directeur de la jeunesse et des sports. Ils ont évoqué l’avenir de leur structure, un an après sa création.

 

Les « pôles espoirs » sportifs sont des instances de préparation et d’accession au haut niveau. Depuis 2014, la Nouvelle-Calédonie en compte quatre : pour la natation, le judo, la voile et le handball. Les jeunes sélectionnés bénéficient d’horaires aménagés dans leurs études, de places en internat et d’entrainements de grande qualité, quasi quotidiens. « 75 % du budget du PEFPN est pris en charge par le gouvernement », explique Yvon Hahn, le président de la Ligue de handball calédonienne . « Cela nous a permis d’engager une entraineuse professionnelle, Olivia Vaitanaki, une Bouraillaise récemment revenue chez nous après une brillante carrière en Europe ». La question de l’éloignement est d’ailleurs une des raisons principales de l’existence de ces pôles. Jusqu’à présent, pour pouvoir être préparés au haut niveau, les sportifs calédoniens devaient partir très jeunes en Métropole. Âgés d’à peine treize ou quatorze ans, la plupart d’entre eux vivaient mal d’être séparés de leur entourage et, « trop souvent, ils se décourageaient totalement », regrette M. Hahn. Grâce au pôle, ces jeunes filles ont la possibilité de passer leur baccalauréat dans de bonnes conditions, avant d’envisager le grand départ. « C’est extrêmement important », estime Olivia Vaitanaki, « car pour réussir dans les hautes sphères, il ne faut pas faire que du hand… Il faut aussi savoir faire fonctionner sa tête ! ».

Les JO de 2024 en ligne de mire

« Ces filles sont si prometteuses qu’il nous faut absolument les soutenir dès leur plus jeune âge », estime Valentine Eurisouké, « nous sommes fiers d’avoir appris qu’une d’entre elles, la petite Suzanne, a récemment été repérée par trois clubs professionnels en Métropole ! ». La perspective d’une préparation efficace à la professionnalisation décuple la motivation des adolescentes. « Nous faisons tout pour qu’au moins une Calédonienne participe aux JO de 2024 », affirme Pierre Forest, « et il est réaliste de penser que certaines d’entre elles pourront intégrer l’équipe de France d’ici moins de cinq ans ». Et Reine, la capitaine de l’équipe, de conclure : « merci de nous pousser à aller plus loin. Vous pouvez compter sur nous pour bien représenter la Nouvelle-Calédonie à travers le monde ! ».

Quarante ans plus tard…

« Nous avons créé la ligue avec des amis, en 1976 », raconte Yvon Hahn, président depuis 2013, ancien joueur, entraineur, arbitre et sélectionneur. Aujourd’hui, en Nouvelle-Calédonie, on compte pas moins de onze clubs et plus de deux cents licenciés, ce qui est une proportion conséquente, au regard du nombre d’habitants. « Beaucoup de joueuses du Pôle viennent de La Foa et de Nouméa, mais nous avons aussi la chance d’en accueillir plusieurs autres originaires des îles et de la province Nord », se félicite Valentine Eurisouké.

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L’équipe du Pôle Espoirs Féminin, leur entraineuse Olivia Vaitanaki, des membres de la Ligue de handball calédonien, la membre du gouvernement Valentine Eurisouké et Pierre Forest, directeur de la jeunesse et des sports.

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