Les pesticides sous haute surveillance

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Préserver la santé des Calédoniens, respecter l’environnement et soutenir l’agriculture, tels sont les objectifs de l’arrêté sur les produits phytopharmaceutiques que le gouvernement a adopté le 12 avril.

 

Suite à de multiples procédures judiciaires qui se sont étalées sur plusieurs années, les cent-vingt-huit produits phytopharmaceutiques couramment utilisés dans l’agriculture calédonienne n’avaient plus d’existence juridique. Le 12 avril, le gouvernement a enfin pu arrêter une liste de cent-seize pesticides qui pourront désormais être utilisés en toute légalité. Dans le même temps, il est sur le point de finaliser une loi du pays sur les conditions d’importation, de détention, de mise sur le marché et d’utilisation de ces substances.

Fidèle à sa volonté de rendre la Nouvelle-Calédonie autosuffisante du point de vue alimentaire, Philippe Germain, le président du gouvernement, a déjà mis en place plusieurs réformes allant dans ce sens. « En 2015, nous avons établi des interprofessions créant une chaîne entre l’agriculteur et le restaurateur collectif, en passant par le commerçant, le grossiste, l’importateur, etc. », rappelle M. Germain. « Le but est d’augmenter la quantité et la qualité des productions, tout en tirant les prix vers le bas. »

La régulation des pesticides est un nouveau pas. Ainsi, les mêmes produits que ceux agréés dans l’Union Européenne sont maintenant autorisés sur le territoire. Ceux qui ne seraient pas listés dans les lois de l’UE, réputées sévères, seront examinés par un comité consultatif unique réunissant des professionnels du monde agricole, de la santé, de l’environnement, de la recherche et de la société civile.

Priorité aux méthodes alternatives

Au-delà de cette réglementation, il s’agit d’encourager la culture de variétés résistantes et adaptées aux saisons, ainsi que l’introduction d’insectes régulateurs. La future règlementation facilitera ainsi l’utilisation de méthodes alternatives et de produits « bios ». À l’avenir, les particuliers n’auront d’ailleurs accès qu’à ces derniers. Il leur sera interdit d’utiliser les produits réservés aux professionnels.

La loi intègrera également une formation pour toutes les personnes amenées à manipuler des produits phytopharmaceutiques (agriculteurs, éleveurs, entreprises d’espaces verts, distributeurs, etc). Le projet sera présenté au Congrès au mois de juin.

Quelles mesures de surveillance ?

Aurélie Chan, chef de section au SIVAP (Service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire), estime que cet arrêté tant attendu est une avancée majeure vers la mise en place de plans de contrôle. Pour Philippe Germain, « la surveillance doit, avant tout, être une forme d’accompagnement. Personne n’a intérêt à abuser de ces produits et à ternir sa réputation. Nos agriculteurs ne sont de toute façon pas dans cet état d’esprit. »

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