A l’écoute des agriculteurs du Nord

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Le président du gouvernement, en charge de l’agriculture, rencontrait vendredi 13 mai les agriculteurs de Pouembout. Une visite sur le terrain, au cœur des exploitations, pour découvrir le dynamisme des producteurs de la zone VKP et mieux comprendre leurs problématiques.

 

En matière d’agriculture, le message du gouvernement est on ne peut plus clair. « Avec une taux de couverture de notre consommation intérieure en produit frais d’à peine 14 %, nous nous devons de regrouper tous les professionnels, producteurs, transformateurs, distributeurs, pour augmenter notre production locale, garantir l’approvisionnement correct des populations, la qualité sanitaires des produits, des prix accessibles et la durabilité de nos productions », expliquait le président du gouvernement, Philippe Germain, en introduction de la réunion organisée en mairie de Pouembout. Un message attendu par les dynamiques agriculteurs de la zone VKP déjà structurés et regroupés au sein de deux entités, la Cuma (coopérative d’utilisation de matériel agricole) et l’AUEAP (association des utilisateurs d’eau agricole de Pouembout).

Des producteurs structurés et dynamiques

Sur cette commune du Nord, 518 hectares de terres sont déjà cultivées dont 336 rien que pour le maïs, 120 pour les légumes et 30 pour les vergers. Sans oublier la partie élevage avec 1 800 bovins et plus de 2 000 porcs produits en 2015. « Nous avons beaucoup d’atouts comme une filière fruits et légumes qui produit 1 800 tonnes sur seulement 10 exploitations et qui bénéficie d’un climat pour fournir en primeur, explique Christophe Courtot, le président de la Cuma. Mais nous avons aussi des problèmes spécifiques liés à la zone qui sont un frein à notre développement ». Si la marge de progression en volume est importante, les agriculteurs souhaitent avoir de la visibilité sur leur avenir, notamment pour les jeunes qui souhaitent s’installer. « Il y a une grosse différence entre le coût de production dans le Nord et dans le Sud, des difficultés de mise sur le marché qui pour l’essentiel se situe dans le Grand Nouméa et, bien sûr, des surcoûts liés au transport », raconte un jeune agriculteur. Un message entendu par le président du Gouvernement et Nicolas Metzdorf, président de l’Apican et de l’’Erpa, qui ont souhaité recueillir un maximum d’informations durant cette visite sur le terrain. « C’est une première prise de contact, expliquait Philippe Germain. Nous allons maintenant continuer d’échanger, de travailler avec les services de la Nouvelle-Calédonie et des provinces, afin de répondre à leurs attentes. Nous nous sommes fixés un calendrier de travail pour faire avancer les différents dossiers. Nous ferons un premier point d’ici un mois et demi ». Une méthode appréciée par les agriculteurs.

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Le projet de barrage soutenu par le gouvernement

Pour le gouvernement, le projet de barrage sur la rivière Pouembout constitue une priorité pour atteindre les objectifs fixés en matière d’autosuffisance alimentaire. « Ce projet est dans les cartons depuis de trop nombreuses années, insistait Philippe Germain. Mais désormais, il est soutenu par l’État et par le gouvernement qui l’a inscrit dans la liste de priorités des prochaines générations de contrats de développement afin de faire accélérer le dossier ». D’ailleurs, le comité de pilotage se réunira début juillet pour dévoiler les trois sites finalistes. La construction devrait démarrer fin 2017 pour une livraison en 2020. En attendant, les agriculteurs de la zone VKP continuent de développer des techniques innovantes, comme le semis sous couvert végétal ou la réalisation de semis précoces, pour réduire leur consommation d’eau et leur impact sur l’environnement.

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