La croisière à grande vitesse

La croisière à grande vitesse

 

Le président Philippe Germain a reçu ce lundi Michael Mihajlov, directeur d’escales de Carnival Australie. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de s’engager dans le développement de l’activité liée à la croisière en Nouvelle-Calédonie.

 

L’objectif de cette réunion était en partie de rassurer la compagnie Carnival, qui opère environ 80 % des paquebots sillonnant le lagon calédonien, sur la volonté du gouvernement d’améliorer les conditions d’accueil des croisiéristes, à 85 % australiens. « Je souhaite m’investir personnellement dans le développement du tourisme en Nouvelle-Calédonie, notamment de l’activité croisière », a rappelé Philippe Germain comme il l’avait précisé dans sa déclaration de politique générale.
Les discussions ont porté en particulier sur la gare maritime de Nouméa, où l’accueil et les prestations proposées à terre ne sont pas à la hauteur des attentes des visiteurs. Sur les 56 escales de Carnival dans le Pacifique et l’Asie, celle d’une journée sur Nouméa n’arrive qu’en 43e position à l’indice de satisfaction. De quoi s’inquiéter sur l’avenir de la destination, dans une région hautement concurrentielle.

Une tête de ligne à Nouméa ?

Dans la perspective d’aménager de nouvelles infrastructures et d’améliorer l’existant, les deux hommes ont décidé d’œuvrer main dans la main – le gouvernement s’appuyant sur l’expertise de Carnival – tout en continuant de participer, avec les provinces, au financement des travaux. C’est le cas à Lifou, devenue troisième destination des croisiéristes dans le Pacifique, où le site Paul-Clément-Sihaze d’Easo va être complètement transformé, à l’issue d’un projet évalué à 1 milliard de francs.
Autre point abordé, la diversification des escales, notamment sur la Grande-Terre. La compagnie s’est engagée à participer financièrement à des études d’impact environnementales, comme elle l’a fait à l’Île des Pins et à Lifou. Michael Mihajlov et Philippe Germain ont par ailleurs rappelé la nécessité d’adapter la future offre à l’évolution de la taille des bateaux, la capacité des paquebots devant passer de quelque 2 000 passagers aujourd’hui à plus du double à l’horizon 2020 !
Enfin, il s’agit de réfléchir à l’organisation d’une possible “tête de ligne”, avec un paquebot basé à demeure à Nouméa. Un projet sur le long terme, d’ici dix à quinze ans, qui engendrerait des retombées économiques accrues pour le pays, mais nécessiterait d’adapter la desserte aérienne, le nombre de clés dans les hôtels, l’offre disponible en excursions, etc.

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Michael Mihajlov, à droite face à Philippe Germain, est sorti rassuré de la réunion de travail.

 

1 million de personnes en 2020 ?

En Nouvelle-Calédonie, le tourisme de croisière s’est développé à la vitesse supersonique. 222 touchers en 2010, 433 en 2015 à Nouméa, l’Île des Pins, Lifou et Maré, 530 programmés pour 2016. Parallèlement, le nombre de croisiéristes est passé de 200 000 en 2010 à plus de 400 000 depuis 2014. Les compagnies espèrent en attirer un million d’ici à 2020 ! Sous conditions, bien sûr, d’améliorer les infrastructures et de mieux organiser l’offre.

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