Sections australiennes en construction

Lors d'un déjeuner bilan au lycée Escoffier, Hélène Iékawé a échangé avec les experts de l’Éducation nationale et du ministère australien, en présence du consul général d’Australie et du haut-commissaire.
Lors d’un déjeuner bilan au lycée Escoffier, Hélène Iékawé a échangé avec les experts de l’Éducation nationale et du ministère australien, en présence du consul général d’Australie et du haut-commissaire.

 

Pendant une semaine, une mission d’expertise a étudié les conditions d’ouverture de sections internationales australiennes au sein de collèges calédoniens. Leur création est prévue à la rentrée 2017.

 

Composée de deux inspecteurs généraux de l’Éducation nationale, en anglais et en histoire-géographie, et de leur homologue australien, la mission fait suite à l’arrangement administratif signé en septembre 2015 entre les gouvernements australien, calédonien et métropolitain. « Les experts doivent maintenant rendre leur rapport auprès de leur ministère respectif en vue de l’obtention de la labellisation de section internationale. Ce serait une première en Nouvelle-Calédonie ! », rappelle Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement. Qui dit labellisation, dit en effet des critères à remplir, notamment pour les programmes qui doivent être élaborés de manière concertée entre les deux pays.
L’autre dimension essentielle est l’approche culturelle. « Il doit y avoir une véritable acculturation réciproque car la connaissance d’un pays ne se réduit pas au simple apprentissage de la langue », explique le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie, Jean-Charles Ringard-Flament. Ces sections concerneront des élèves de 6e dans un premier temps. Elles se traduiront par des heures d’enseignement spécifiques, représentant environ un tiers de l’emploi du temps, en histoire-géographie (deux heures en anglais et deux heures en français) et en lettres australiennes (quatre heures, en plus des heures d’anglais). À l’avenir, des enseignants des deux nationalités interviendront dans ces sections internationales.

Un projet pays

Si l’avis concerté des deux ministères est favorable, ce dispositif prendrait place aux collèges Baudoux à Nouméa et de Dumbéa-sur-Mer, à la rentrée 2017, avec une vingtaine de places disponibles dans chaque établissement. « Mais la volonté du gouvernement est bien de créer des sections internationales pays », a souligné Hélène Iékawé. Il y aura donc une dérogation au système d’affectation classique. Les élèves de CM2 qui souhaitent intégrer ce parcours scolaire innovant pourront déposer une candidature, quel que soit leur lieu de résidence. Leur motivation pour l’apprentissage de la langue, mais aussi les échanges culturels, sera examinée en premier lieu. Une campagne sera menée dans les écoles primaires et auprès des familles pour les informer. Le dispositif montera ensuite en puissance chaque année afin d’aboutir à la présentation de l’option internationale au diplôme national du brevet (DNB), puis au baccalauréat. « L’ouverture sur la région et sur le monde est une des quatre ambitions du projet éducatif calédonien. Ces sections sont extrêmement motivantes pour les élèves. Elles offrent une connaissance approfondie d’une langue et d’un pays et permettent de faciliter les poursuites d’études en Australie », conclut la membre du gouvernement en charge de l’enseignement.

Christopher Pyne, ministre australien de l’Éducation et signataire de l’arrangement administratif, avait été reçu au collège Baudoux en septembre 2015.

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