États généraux de l’habitat : acte 3

©SIC/Marc Le Chélard

 

La troisième séquence des États généraux de l’habitat (EGH) se déroulera le mercredi 24 août au Centre international sport et expertise (Cise) de Koutio, à Dumbéa. Au programme, quatre ateliers : Quelles solutions pour l’habitat dégradé ? Coût et qualité des constructions. Quelle place pour le logement public ? Planification et stratégie foncière.

 

Douze ans après les États généraux du logement social, dont la mesure-phare avait été l’adoption de l’aide au logement, les États généraux de l’habitat se poursuivent la semaine prochaine. Pilotés par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, ils se sont ouverts le 27 avril dernier dans l’auditorium du centre administratif de la province Sud, devant quelque 170 personnes (élus, opérateurs sociaux, associations de locataires, promoteurs…). Comme l’a rappelé Philippe Dunoyer, en charge du logement au gouvernement, « l’objectif est de définir, entre collectivités, une politique transversale de l’habitat ». Cette journée d’échanges, de constats et de retours d’expériences a permis de poser un diagnostic.

La réflexion s’est poursuivie le 12 mai  à Koné, dans des ateliers et débats dédiés aux finances et à la gouvernance, aux espaces et équipements publics, ou encore aux enjeux de l’aménagement sur terres coutumières.

1 800 logements dégradés

Prochain rendez-vous, le 24 août au Cise de Koutio, de 7 h 30 à 17 h 30, autour de quatre ateliers. Le premier sera consacré aux solutions à apporter en matière d’habitat dégradé (plus de 200 immeubles sur le Grand Nouméa, soit 1 800 logements) : comment inciter ou contraindre les propriétaires à mettre aux normes leurs habitations, lutter contre les marchands de sommeil, tendre vers un logement digne, et, de manière plus large, comment rénover les quartiers et avec quels moyens ?

Hausse de 73 % du prix au m2

Le coût et la qualité des constructions seront au menu du deuxième atelier. Ces dix dernières années, les prix se sont envolés. Le coût moyen du logement dans l’agglomération a augmenté de 67 %, alors que l’index BT21 n’évoluait que de 28 %. Selon le SIGN (Syndicat intercommunal du Grand Nouméa), le prix au m2 d’un logement aurait grimpé de 73 % entre 2004 et 2013 ! La faute aux entreprises du BTP, au prix du foncier ? Un constat d’autant plus amer que si la qualité des prestations s’est améliorée, celle de la construction s’est dégradée.

30 % des jeunes en sur-occupation

Troisième atelier, la place accordée au logement public. Aujourd’hui, 30 % des jeunes Calédoniens vivent en situation de sur-occupation et 7 000 demandes de logement sont enregistrées rien qu’en province Sud. Comment alors loger les foyers aux revenus modestes tout en réussissant la tranquillité résidentielle et la nécessaire mixité sociale ? Comment convaincre qu’entre privé et public, formes et qualités d’habitat se rapprochent de plus en plus avec des coûts de construction équivalents.

Aménager des bassins de vie

Le dernier atelier concernera la planification et la stratégie foncière. Comment intégrer l’habitat et le foncier dans les projets de territoire et dans les documents d’urbanisme ? Comment planifier sur terres coutumières ? En ce domaine, une nécessité s’impose désormais : travailler sur une planification à l’échelle de l’agglo et non plus d’une commune, penser les équipements publics dans des programmes non plus de construction de logements mais bien d’aménagement de bassins de vie.

Les vertus de la planification

La journée de réflexion du 24 août sera agrémentée d’une visite guidée (par la Secal) de la ZAC de Dumbéa-sur-Mer. Elle permettra d’illustrer différents thèmes traités au cours des ateliers, comme celui de l’accession aidée à la propriété, à l’image du programme Kechö proposé par la Sic. Parmi les objectifs visés, montrer que parc privé et logement aidé cohabitent en harmonie et se sont plutôt bien intégrés dans le paysage de la ZAC, tout en rappelant les vertus de la planification.

Bientôt une feuille de route partagée

Après Dumbéa, les acteurs de l’habitat ont (sous réserve) rendez-vous le 9 septembre avec les représentants des établissements publics locaux (EPL) d’outre-mer qui tiendront cette semaine-là leur conférence annuelle en Nouvelle-Calédonie. Avant le dernier round des discussions, le 5 octobre à Nouméa, pour la restitution des travaux et, surtout, la signature d’une feuille de route partagée en matière de politique publique de l’habitat. Celle-ci devrait s’articuler autour de trois axes majeurs – favoriser le bien-être et la cohésion sociale, financer les politiques d’habitat, aménager un cadre de vie de qualité – et lister un certain nombre d’instruments pour y parvenir : outils à la réhabilitation, réforme de la fiscalité communale, création d’un office foncier, etc. Objectif principal, que le 5 octobre, tout le monde se soit mis d’accord, avant de quitter la table, sur les moyens à mettre en œuvre pour pouvoir répondre aux besoins et produire 25 000 logements supplémentaires d’ici à 2025, soit 2 500 par an, dont 1 000 sociaux.

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