La santé des jeunes à la loupe

 

À l’initiative de l’Agence sanitaire et sociale (ASS-NC), le premier Baromètre santé jeune vient d’être publié. Cette enquête, réalisée en septembre 2014 auprès de scolaires âgés de 10 à 18 ans, révèle que huit jeunes Calédoniens sur dix jugent leur état de santé bon, voire très bon.

 

Outil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Baromètre santé a pour objectif de décrire les comportements des jeunes Calédoniens sur les thèmes suivants : activité physique et sédentarité, alimentation, santé buccodentaire, consommations de tabac, alcool et cannabis, mal-être, sexualité, comportements à risque au volant et violence. « C’est un outil décisionnel majeur pour les élus, souligne Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge notamment de la santé et de la jeunesse. Les résultats de ce baromètre pointent les domaines dans lesquels les progrès sont à accomplir. Ils révèlent que la réponse aux problématiques qui affectent notre jeunesse ne peut se restreindre au champ des politiques publiques de santé, mais intéresse bien toutes les politiques sociétales du pays ».

Les objectifs de ce baromètre s’inscrivent pleinement dans le cadre du plan de santé Do Kamo voté récemment par le Congrès. Selon les analyses préliminaires des données collectées en septembre 2014 – 1 526 jeunes âgés de 10 à 18 ans ont accepté de participer à l’enquête –, la jeunesse calédonienne s’estime globalement « en forme », avec une activité physique intégrée dans la vie quotidienne et de bonnes habitudes en termes de santé comme un brossage régulier des dents.

Mauvaises habitudes alimentaires

Toutefois, l’étude met aussi en évidence des aspects plus négatifs. Pour une majorité de jeunes, les habitudes alimentaires sont éloignées des recommandations de l’OMS et du Programme national de nutrition, notamment en matière de consommation de fruits, légumes et produits laitiers. Des problèmes buccodentaires sont fréquemment rapportés, alors que la consommation de produits psychoactifs est assez répandue : 40 % des jeunes pour l’alcool et 14 % pour le cannabis, alors que 49 % ont expérimenté le tabac.

Un certain mal-être est également exprimé chez une partie de ces jeunes qui sont de 6 à 10 % à avoir éprouvé très souvent des sentiments de tristesse, solitude ou inquiétude lors des douze derniers mois. Et 15 % déclarent avoir sérieusement envisagé le suicide et 7 % avoir déjà tenté de se suicider au cours de l’année écoulée*.

Ces données dévoilent également des disparités importantes selon le genre, mais aussi l’âge ou la province.
 Notons toutefois que la non-réponse totale, d’une part, et la non-réponse partielle pour certaines questions, d’autre part, sont élevées, ce qui limite l’interprétation des résultats et les conclusions définitives que l’on pourrait en tirer.

* Ces chiffres doivent être interprétés avec précaution, la représentation du suicide étant très différente selon les individus.

Une prochaine étude dans cinq ans

Réalisée par la statisticienne
Laurence Huyghe avec l’aide de quatre
épidémiologistes, cette étude s’est faite en partenariat avec le vice-rectorat, la direction de l’Enseignement de la Nouvelle-Calédonie, les directions provinciales de l’enseignement et les directions provinciales sanitaires. L’ASS-NC s’est également appuyée sur les associations de parents d’élèves, les directeurs et les personnels des établissements scolaires, notamment les infirmiers. La prochaine étude, normalement dans cinq ans, permettra de juger de l’évolution de la santé des jeunes scolarisés et de mieux évaluer l’impact des politiques publiques en la matière entre deux baromètres.

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