Les pratiques de marge en Nouvelle-Calédonie

 

Selon une étude de mars 2015, les prix en Nouvelle-Calédonie sont 125% supérieurs à ceux de métropole, soit un tarif multiplié par 2,25. Cet écart ne fait que se creuser depuis 2010 où la différence constatée était de 88,5%. Une « hausse des prix domestiques qui a été plutôt tirée par la croissance des marges », selon le Cerom.

 

La Nouvelle-Calédonie a les prix les plus chers de la République

Selon le Cérom[1], « les prix en Nouvelle-Calédonie sont globalement 34% plus élevés qu’en métropole. L’écart des prix avec la métropole est voisin de celui enregistré en Polynésie française (+25,9%). Il est en revanche largement supérieur à celui observé dans les DOM. Un ménage métropolitain qui conserverait ses habitudes de consommation verrait ses dépenses augmenter de 49% s’il achetait les mêmes produits et services en Nouvelle-Calédonie. Les produits alimentaires concentrent de loin les plus forts écarts de prix avec la métropole. Un métropolitain avec ses habitudes alimentaires paierait 89% de plus s’il consommait à l’identique en Nouvelle Calédonie. (…), 62% dans le logement. »

Selon une étude conduite en mars 2015 par UFC Que Choisir Nouvelle-Calédonie, il a été déterminé que les prix sur le Territoire sont 125% supérieurs à ceux de métropole (produits et marques identiques en alimentaire et hygiène), soit un tarif multiplié par 2,25.

La même étude établit que cet écart ne fait que se creuser depuis 2010 où la différence constatée était de 88,5% (moyenne produits MDD et marques nationales).

La cherté des prix n’est pas étrangère aux marges et à la rentabilité

Déjà en 2008, le Cérom[2] expliquait « les prix à l’importation ont crû, en moyenne de 2% par an entre 1997 et 2007 » alors qu’ils « auraient dû baisser de 8% environ, (soit à un rythme annuel de 2% par an) ». Le Cérom expliquait que la tension plus vives sur les prix domestiques n’étaient pas dû, ni à un choc de la demande, ni à une tension sur les capacités de production, ni à la hausse du coût salariale, et concluait « Compte tenu de ces constats, on peut émettre l’hypothèse que la hausse des prix domestiques a été plutôt tirée par la croissance des marges ». Enfin, le Cérom exposait « la valeur de l’excèdent brut d’exploitation[3] (rentabilité) du commerce a été multiplié par deux entre 1998 et 2006 »

Les marges pratiquées peuvent être élevées, voire excessives

Selon une étude réalisée sur les prix par la Direction des affaires économiques (DAE), les marges pratiquées apparaissent parfois disproportionnées par rapport à la valeur des produits y compris pour des produits de grande consommation ou de première nécessité. Exemples :

 

La concurrence entre les enseignes est relative

En juin 2016, UFC Que Choisir a relevé les prix de 104 produits d’alimentation, d’entretien, de beauté, d’hygiène et de produits pour animaux.

Les résultats du tableau ci-après (sur 78 produits identiques) démontrent que l’intensité de la concurrence est faible, un hypermarché pouvant être plus cher qu’un supermarché.

Le manque de concurrence est vérifiable sur les produits. Selon un relevé de prix effectué prix par la Direction des affaires économiques (DAE), la disparité des marges et des prix est importante, comme illustré par le tableau ci-dessous :

 

Cet effet n’est pas lié à une variation des prix de revient (prix pratiqués par les fournisseurs ou variation du cours des devises), mais aux politiques de marges. Ainsi, comme l’indique le rapport Syndex « les marges appliquées sur des produits comparables sont très variables, témoignant ainsi d’une logique de marge (en part d’un prix comparable) largement indépendante des coûts de la prestation de l’intermédiaire ».

(Rapport Syndex « Les causes de la vie chère en Nouvelle-Calédonie », Avril 2009)

[1] Octobre 2012 : « Comparaison des prix entre la Nouvelle-Calédonie et la métropole »

CEROM – Comptes Économiques Rapides de l’Outre-Mer
Le projet CEROM, initié en 2004, désigne un partenariat inter-institutionnel. Il a pour ambition de développer le système d’information économique ultramarin et de
fournir ainsi des outils d’aide à la décision. En Nouvelle-Calédonie, CEROM associe l’AFD, l’IEOM et l’Isee

[2]« Les défis de la croissance calédonienne »

[3] L’EBE est la parte de la richesse dédiée au capital. Elle comprend, les intérêts d’emprunts, l’amortissement des investissements et le bénéfice

[4] Le prix de revient comprend le prix d’achat du produit, le transport et le chargement au départ, le fret et l’assurance, les droits et taxes à l’importation, la déclaration en douane, le débarquement et la livraison.

[5] Les prix de vente comprennent la marge de deux opérateurs, l’importateur-grossiste et le distributeur (GMS).

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