Mission fructueuse pour Kanacono

La mission Kanacono a eu lieu du 8 au 31 août, en haute mer, au large de l’Île des Pins et sur la ride de Norfolk.
La mission Kanacono a eu lieu du 8 au 31 août, en haute mer, au large de l’Île des Pins et sur la ride de Norfolk.

 

Après trois semaines en mer dans le Parc naturel de la mer de Corail, l’équipe de la campagne scientifique Kanacono menée par le Museum national d’histoire naturelle (MNHN) a retrouvé la terre ferme. Une restitution a été présentée cette semaine.

 

Kanacono était la première mission de la série d’expéditions scientifiques lancée par le MNHN en Nouvelle-Calédonie dans le cadre du programme La Planète Revisitée, soutenu notamment par le gouvernement à hauteur de 36 millions de francs.

Elle doit permettre de mieux comprendre les écosystèmes profonds (structure, distribution géographique des espèces, habitats, interactions, etc.) pour améliorer la caractérisation et la gestion concertée de ces milieux.

À bord de l’Alis, navire mis à disposition par l’IRD, l’équipe scientifique – quatre Français, un Russe, un Taïwanais et deux étudiants – a ainsi passé deux semaines au large de l’Île des Pins, puis une autour de Norfolk.

Un inventaire des profondeurs

« Cent trente-huit stations ont été échantillonnées à des profondeurs de 100 à 1 000 mètres, détaille Nicolas Puillandre, chef de la mission. La technique utilisée (le dragage-chalutage, autorisé ponctuellement par le gouvernement, Ndlr) a permis de prélever les premiers centimètres de sédiments : roches, coraux, mollusques, crustacés, poissons de sols, etc. » Tamisés, triés, ces prélèvements ont ensuite été analysés dans un atelier temporaire installé à l’Île des Pins, puis « fixés » dans de l’alcool en vue d’analyses moléculaires. « Un réseau de plusieurs centaines d’experts doit maintenant travailler à l’identification de tous ces échantillons. » Il faudra donc patienter avant de savoir si de nouvelles espèces ont été découvertes…

Cônes et communautés

« Nous avons trouvé quelques éponges aux formes surprenantes et une grande diversité de mollusques, notamment de cônes de profondeur, qui étaient l’un de nos objectifs de recherche, souligne le scientifique. Ces échantillons devraient permettre de séquencer de nouvelles toxines présentes dans les venins de ces coquillages et de compléter les connaissances sur leur écologie. »

En parallèle de l’identification des spécimens recueillis, un travail sur les communautés  est aussi en cours pour « comprendre les associations et les interactions existant entre les espèces. » Autant de données qui devront permettre de mieux connaître le milieu sous-marin profond, pour mieux le protéger.

Mission accomplie

Comme demandé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, une observation des mammifères marins a été menée tout au long de la mission Kanacono. Les nombreuses baleines rencontrées ont été recensées et cartographiées. Ces données feront l’objet d’un rapport qui sera remis prochainement à la direction des Affaires maritimes.

Les enfants au premier plan

Kanacono comprenait aussi un volet pédagogique, mis en œuvre en partenariat avec l’association Symbiose. Ainsi, 53 enfants de 3 à 16 ans, de l’Île des Pins pour la majorité et de Nouméa pour quelques-uns, ont participé à cette mission. Après une pêche à pied sur le platier, ils ont identifié et observé au microscope les espèces prélevées, puis rédigé des fiches qui devraient devenir un jeu de 7 familles.

Les prochaines campagnes

Jusqu’en 2018, de nouvelles expéditions auront lieu selon trois modules :

  • module « forêts » : sur la Côte Oubliée et dans la Plaine des Lacs,
  • module « hydrobio » : dans le grand Sud, à Koumac et à Hienghène-Ouaré,
  • module « marins » : missions Kanadeep et Tiari aux Chesterfield, puis aux Loyauté.

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