Les Zodep en marche

À Deva, les journées dédiées aux Zodep ont mobilisé les partenaires.
À Deva, les journées dédiées aux Zodep ont mobilisé les partenaires.

 

Organisées par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, les journées Zodep (Zones de développement prioritaire) se sont déroulées les 1er et 2 septembre à la Maison de Deva, à Bourail. Un point d’étape sur le dispositif qui a permis de définir un calendrier de travail.

Après les cérémonies coutumières du jeudi, la journée du vendredi a accueilli les partenaires venus partager leur expérience : services du gouvernement (aménagement, affaires maritimes, formation professionnelle), maires de plusieurs communes, banques, bailleurs sociaux, chambres consulaires, partenaires privés, Adecal-technopole, associations et ONG.

Pour Anthony Lecren, membre du gouvernement en charge du développement durable, le bilan de ces rencontres est très positif : « Au vu de la mobilisation, le concept Zodep intéresse fortement, mais il demande à être davantage connu et valorisé ». À l’heure actuelle, une équipe travaille sur la production d’une synthèse, afin d’arrêter un calendrier de travail autour de deux objectifs principaux clairement identifiés : la mise en place d’un dispositif fiscal très attendu par les investisseurs, et l’éligibilité des Zodep au contrat de développement Nouvelle-Calédonie-État.

Quatre axes de développement

Rappelons que ce dispositif initié par le gouvernement et voté à l’unanimité au Congrès en 2012, s’insère dans la politique de rééquilibrage voulue par l’Accord de Nouméa. En liaison avec les politiques publiques provinciales, les Zodep doivent permettre un développement équilibré d’un territoire selon quatre axes : l’habitat individuel et collectif, le développement économique, la valorisation de la terre et l’implantation d’infrastructures publiques.

« En Nouvelle-Calédonie, le foncier coutumier représente plus de 490 000 hectares, soit 26 % de la surface totale du pays. Le potentiel de développement sur ces terres est donc une opportunité réelle, avec une prise en compte des valeurs et des populations », poursuit Anthony Lecren. À ce jour, le dispositif est engagé dans vingt des trente-trois communes calédoniennes. Créée en 2013 et disposant déjà d’un schéma d’aménagement, la Zodep de la tribu de l’Embouchure, à Ponérihouen, est de loin la plus avancée.

Point de convergence

L’habitat océanien est un des thèmes phares des Zodep, car il concerne à la fois le lieu de vie des populations, l’aménagement et la valorisation des savoir-faire traditionnels et des matériaux travaillés et produits localement. Une opération expérimentale est d’ailleurs prévue avec la SIC afin de pouvoir proposer ce type d’habitat dans ses programmes. Concernant le développement économique, on trouve désormais un point de convergence entre la volonté des autorités coutumières de s’inscrire dans le développement et celle des investisseurs d’implanter des activités sur ces zones.

 

Témoignages

Henriette Hmaé, maire de Poum

« Notre commune s’est inscrite dans le cadre du concept Zodep pour pouvoir implanter une activité économique basée sur le savoir-faire des communes du Grand Nord, notamment Belep et Poum, et liée à la pêche et l’exploitation des produits de la mer. Nous souhaitons créer une filière en implantant une unité de collecte et de transformation afin de pouvoir offrir un débouché aux pêcheurs. Le but de cette activité est également de développer l’aménagement et l’habitat sur terres coutumières. »

Marcel Naaoutchoue-Pouroin, président du conseil des chefs de clans de la tribu de l’embouchure, à Ponérihouen

« Nous sommes inscrits dans le dispositif Zodep sur une terre que nous avons acquise dans le cadre de la réforme foncière. Nous avons contacté le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour réaliser ce projet. Il est aujourd’hui en bonne voie. Nous avons en amont rassemblé les gens de la tribu afin de régler les problèmes inhérents au foncier coutumier. Dans le monde kanak et selon la coutume des anciens, la femme n’a pas le droit à la terre. Mais nous considérons que cela n’est plus adapté à notre époque. Nous voulons privilégier les femmes et leur avons réservé plusieurs lots dans la Zodep. […] »

François Antiphon, représentant de la Fédération française des banques

« Le financement sur les Zodep, et plus particulièrement sur terres coutumières, est très simple. Il faut quatre éléments : un projet pérenne ; un prometteur qui ait la compétence, prenne un risque et apporte quelques fonds propres ; une banque ou une autre structure financière qui complétera le financement ; et un organisme qui garantisse le prêt bancaire. […] »

Raymond Ayawa-Yari, président du conseil des clans de la tribu de Bâa, à Houaïlou

« Le concept de Zodep est totalement en adéquation avec la pensée kanak car il considère le développement en prenant en compte l’Homme et son environnement naturel. Il nécessite du respect et de la conscience. »

Alain Chung Wee, chargé de mission à l’Adecal

« Plusieurs filières intéressent les Zodep aujourd’hui : la diversification aquacole pour l’élevage d’holothuries, les filières de valorisation des cultures de tubercules tropicaux, la production du miel mais aussi des applications en matière de cosmétique et de traitement médical. […] »

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