La Calédonie engagée pour la santé

Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la santé, au bureau régional de l’OMS, à Manille.
Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la santé, au bureau régional de l’OMS, à Manille.

 

L’accès de la Nouvelle-Calédonie au statut de membre associé de l’organisation mondiale de la santé (OMS) a été annoncé le 10 octobre dernier. Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge du secteur de la santé, dresse un aperçu des perspectives en lien avec cette nouvelle coopération.

 

La Calédonie vient d’obtenir son siège, sans voix délibérative, au comité régional du Pacifique occidental de l’OMS, dont les échanges en matière de politiques de santé sont essentiels au développement de la région. La décision a été rendue officielle lors de l’ouverture de la soixante-septième session de ce comité, où la membre du gouvernement en charge de la santé a siégé pour la première fois, aux Philippines.

Objectif annoncé dans la déclaration de politique générale de Philippe Germain, cette décision est « le fruit de démarches engagées auprès du Premier ministre, Manuel Valls, pour faire aboutir cette candidature », explique Valentine Eurisouké.

À la clé, « un réseau beaucoup plus élargi en matière d’économie de la santé et de coopération technique. Ce statut donne le pouvoir de proposer des thématiques de recherche prioritaire, ce que nous avons immédiatement fait en demandant d’inscrire à ce titre la cardiopathie rhumatismale* en vue d’une collaboration scientifique et technique ».

Ce nouveau statut de la Nouvelle-Calédonie permettra aussi une mutualisation des programmes de lutte. Ainsi, l’Australie qui mène « une étude pour bloquer la réplication, et donc la circulation des virus de la dengue, du chikungunya et du zika », pourra déployer ses travaux sur des sites pilotes du Pacifique, dont la Nouvelle-Calédonie.

Contribuer à la stratégie régionale de santé publique

L’accès à l’OMS est aussi une porte d’entrée vers un nouvel espace économique. Forte de ses infrastructures de pointe (Médipôle et centre de radiothérapie), la Nouvelle-Calédonie pourra proposer soins et services d’expertise et de formation aux pays de la région. « Fidji se dit très intéressée par nos prestations de soins, une mission pourrait être organisée en 2017 », annonce Valentine Eurisouké.

« Ce statut au sein de l’OMS régionale apportera à la Nouvelle-Calédonie de nombreuses opportunités, et un écho certain au plan de santé Do Kamo dont elle vient de se doter, conclut-elle. Cette décision est donc positive pour la santé future des Calédoniens et de nos voisins, et pour la reconnaissance, par l’ensemble des pays du Pacifique, de la pleine appartenance de la Nouvelle-Calédonie à la région, non plus uniquement sur un simple plan géographique, mais aussi politique et économique. »

* La cardiopathie rhumatismale est une conséquence grave du rhumatisme articulaire aigu. Cette maladie, éradiquée en Europe et en Amérique du Nord, touche encore en Nouvelle-Calédonie deux enfants sur mille, ce qui en fait un pays à forte prévalence.

Antibio-résistance

Considérée par l’OMS comme l’une des plus graves menaces mondiales en terme de santé publique, la résistance de certaines bactéries aux médicaments antibiotiques est un thème de recherche prioritaire de l’organisation. Ce phénomène réduit en effet l’arsenal thérapeutique disponible et impacte les services hospitaliers en conduisant parfois à leur fermeture ponctuelle.

L’OMS a fourni un appui régional et national pour développer la surveillance de et la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (renforcement des capacités des laboratoires, harmonisation des normes, etc.). La Nouvelle-Calédonie, touchée par l’apparition de nouveaux mécanismes de résistance et disposant d’une expertise en bactériologie, pourrait partager ses travaux avec les pays de l’OMS.

Microbiote

Des études récentes ont montré que le microbiote (flore intestinale) joue un rôle dans la prise de poids et l’obésité. La Nouvelle-Calédonie, concernée par l’obésité comme de nombreux pays de région, a choisi d’orienter ses recherches pour déterminer l’impact du microbiote sur l’obésité de ses habitants. Partagés avec ceux des pays de l’OMS régional, ces efforts pourraient mener à l’identification d’un levier d’action contre l’obésité qui participerait à l’amélioration de la santé des populations.

 

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