Un engagement inédit de l’État pour l’école calédonienne

La ministre de l’Éducation nationale, le Haut-commissaire et le président du gouvernement ont signé le protocole d’accord le mercredi 26 octobre, en présence d’Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement. (© photos Gouvernement/Marc Le Chélard)
La ministre de l’Éducation nationale, le Haut-commissaire et le président du gouvernement ont signé le protocole d’accord le mercredi 26 octobre, en présence d’Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement. (© photos Gouvernement/Marc Le Chélard)

 

Temps fort de la visite de Najat Vallaud-Belkacem, la signature du protocole d’accord entre la Nouvelle-Calédonie et l’État, pour la mise en œuvre du projet éducatif, s’est déroulée mercredi. Il précise  les moyens humains, financiers et techniques octroyés sur trois ans.

 

Cinq mois jour pour jour après leur entretien à Paris, l’accord de principe que la ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche avait donné au président du gouvernement s’est concrétisé. Une réactivité qui a été vivement saluée par Philippe Germain, de même que « l’écoute et la détermination » dont a fait preuve la ministre. Le protocole décrit les différentes mesures d’accompagnement de l’État sur la période 2017-2019 pour la mise en œuvre de la politique éducative que la Nouvelle-Calédonie a adoptée en janvier dernier. « C’est extrêmement important car notre action éducative doit s’inscrire dans la durée, bien au-delà des vicissitudes politiques, des calendriers électoraux, et doit dépasser les seules contraintes budgétaires annuelles, s’est félicité Philippe Germain. Pouvoir s’engager ainsi sur trois ans, c’est nous donner le temps de mettre en place nos actions et de les évaluer pour en tirer les conclusions. » Najat Vallaud-Belkacem a souligné la « grande qualité » du projet éducatif calédonien et l’exemplarité de la démarche qui a conduit à sa large adoption. « C’est pourquoi l’État a souhaité l’accompagner à la hauteur de ses ambitions pour la réussite de la jeunesse calédonienne », a-t-elle ajouté.

Création d’emplois et crédits

Cet accompagnement exceptionnel, dans un contexte budgétaire pourtant contraint, se traduit d’abord par la création de 75 postes (enseignants, personnels administratifs et techniques) pérennes – a tenu à préciser la ministre –, ceci pour répondre à la fois au développement de l’enseignement de la culture et des langues kanak, à la création de quatre nouveaux BTS pour assurer la montée en compétences des élèves et au bon fonctionnement du nouveau lycée du Mont-Dore et de l’extension du lycée de Pouembout.

L’État octroie également des crédits qui seront consacrés notamment à des investissements en équipements pédagogiques et à la formation des enseignants (3,3 millions de francs supplémentaires par an). Par ailleurs, il maintient 7 900 heures d’accompagnement éducatif « pour accompagner les élèves les plus en difficulté et prévenir le décrochage scolaire », a indiqué la ministre. Autre point : un accompagnement sous forme d’ingénierie méthodologique. « C’est-à-dire une aide en ressources humaines pour contribuer à la rédaction du code de l’éducation, à la mise en place de l’observatoire de la réussite éducative et recourir à une mission d’inspection générale en fonction du désir exprimé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ». Ce protocole d’accord représente un effort de plus de deux milliards de francs, rien que pour les personnels, sur trois ans.

« Nous ne pouvons être que satisfaits d’avoir mis en œuvre ce que nous nous étions engagés à faire dans la déclaration de politique générale d’avril 2015 en faveur de la jeunesse calédonienne, car l’épanouissement de nos enfants commence bien sûr par l’école », a conclu le président du gouvernement.

Choix conjoint du prochain vice-recteur

Une autre étape importante a été franchie quatre ans après la mise en œuvre du transfert de compétence de l’enseignement secondaire. La Nouvelle-Calédonie pourra désormais participer, dans les mêmes conditions que l’État, à la procédure de sélection et de nomination du candidat pour le poste de vice-recteur et directeur général des enseignements. Cette décision, qui a été convenue entre la ministre et le président du gouvernement, a entraîné la signature, à la suite du protocole d’accord, d’un avenant à la convention qui définit le mode de désignation de cette fonction.

 

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