Planifier les dépenses hospitalières

Le Médipôle de Koutio, qui doit accueillir ses premiers patients dans quelques jours, bénéficiera d’un taux directeur exceptionnel.
Le Médipôle de Koutio, qui doit accueillir ses premiers patients dans quelques jours, bénéficiera d’un taux directeur exceptionnel.

 

Le taux directeur d’évolution des dépenses hospitalières publiques a été arrêté par le gouvernement. Élaboré au regard des orientations du plan Do Kamo et en concertation avec les partenaires sanitaires et sociaux, il fait la part belle au Médipôle de Koutio.

 

Pour reconduire les moyens existants et financer les besoins nouveaux, les budgets des hôpitaux doivent évoluer tous les ans. Ainsi, le taux d’évolution des dépenses hospitalières est calculé chaque année selon des hypothèses économiques générales et des prévisions de recettes du régime maladie-maternité de la CAFAT.

« Les difficultés conjoncturelles qui impactent le système de financement exigent une gestion ciblée de la progression des dépenses hospitalières, explique Philippe Dunoyer, membre du gouvernement notamment en charge du budget. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de suivre les recommandations des experts* en fixant ce taux à 7,84 %. » Dans le détail, il est de 1,6 % pour le centre hospitalier du Nord (CHN), de 2,03 % pour le centre hospitalier spécialisé Albert-Bousquet (CHS), et de 9,43 % pour le centre hospitalier Gaston-Bourret (CHT).

Accompagner le Médipôle

Ce taux exceptionnel retenu pour le CHT (qui représente une hausse de son budget de 2 232 millions de francs) prévoit l’ouverture du Médipôle de Koutio, sa marche à blanc et la création de 167 postes à temps plein.

Pour le CHS Albert-Bousquet, le taux de reconduction fixé amènera une augmentation de budget de 30 millions de francs qui permettront l’affectation d’un pédopsychiatre et d’un infirmier supplémentaires, dans le cadre d’un projet d’hospitalisation d’adolescents dans le service de pédiatrie du Médipôle de Koutio.

Le CHN, quant à lui « sera, à son tour, prioritaire en 2018, dans le cadre d’un programme des dépenses hospitalières 2018-2019 dédié au financement du pôle sanitaire de Koné », précise Philippe Dunoyer.

*KPMG-Auclair Dupont

Vers une politique territoriale de l’offre de soins

En parallèle aux taux directeurs 2017 qui doivent maintenant être validés par le Congrès, le gouvernement a approuvé une planification de l’offre de soins hospitaliers publics et privés pour la période 2017 à 2021. Baptisé « contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) 2017-2021 », il prend en compte les prévisions d’activité des établissements, leurs besoins, les priorités stratégiques de la Nouvelle-Calédonie et les moyens alloués. En dressant un état des lieux – réalisé en concertation avec les structures hospitalières et les partenaires sanitaires et sociaux – le CPOM offre une visibilité inédite, sur cinq ans et à l’échelle du territoire, des actions prioritaires et de leurs financements. « Cet espace doit permettre de travailler en amont pour rationnaliser les dépenses, optimiser l’offre de soins et responsabiliser les acteurs », souligne Philippe Dunoyer.

Le plan Do Kamo comme feuille de route

Défini au regard des grands objectifs du plan Do Kamo, le CPOM est aussi le premier texte qui en découle. Il fait écho à sa proposition de gouvernance vers un modèle soutenable, équitable et durable, précisé dans son axe stratégique n° 3 : « Assurer la pérennité du système de santé à travers une optimisation de l’offre de soins » et précisé dans l’objectif « Harmoniser les modalités de financement entre les secteurs hospitaliers public et privé en s’appuyant sur la contractualisation. »

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