Le budget 2017 maintient l’investissement

Le budget primitif 2017 présenté par le gouvernement sera prochainement soumis aux élus du Congrès.
Le budget primitif 2017 présenté par le gouvernement sera prochainement soumis aux élus du Congrès.

 

Le gouvernement a arrêté le 6 décembre le budget primitif 2017. Ses priorités : préserver l’investissement et respecter les engagements pris par l’exécutif, notamment en faveur de la jeunesse.

 

Contraint est encore le terme s’appliquant à ce nouvel exercice budgétaire qui a reçu l’avis favorable de l’ensemble des membres du gouvernement. « Nous sommes dans un contexte difficile avec la crise du nickel qui continue de produire ses effets négatifs et une croissance presque atone », expose Philippe Dunoyer. Face à cette situation, le gouvernement poursuit son travail pour rétablir les finances de la Nouvelle-Calédonie. « Un effort a été demandé aux directions et aux établissements publics pour tenir compte d’une baisse des recettes de 5 % », poursuit le membre du gouvernement en charge du budget.

Au final, la collectivité a pu construire un budget de fonctionnement équilibré, notamment en ayant recours – comme cela avait été acté lors du débat sur les orientations budgétaires – aux excédents d’établissements publics. Seront donc mis à contribution l’OPT et le Port autonome de la Nouvelle-Calédonie, « sans conséquence sur leur capacité d’action », a tenu à préciser Philippe Dunoyer. Autres opérations exceptionnelles : le premier versement du XIe FED (Fonds européen de développement) à hauteur de 700 millions de francs destinés à l’insertion professionnelle, ainsi que la cession du foncier de l’ancienne université de Magenta au FSH pour un montant de 350 millions. Cette décision a été arrêtée par le gouvernement le 6 décembre et sera ensuite examinée au Congrès. Le bailleur social envisage de construire sur ce terrain des logements aidés et libres, des commerces et des bureaux.

9,5 milliards pour les investissements

Point essentiel, le gouvernement a réussi à préserver sa capacité à investir pour redonner du travail aux entreprises et « booster » le secteur des travaux publics. Le niveau des investissements est préservé à plus de 9,5 milliards de francs, équivalent au BP 2016, avec un niveau d’emprunt limité à 6 milliards. « C’est un signal fort adressé à notre économie », souligne Philippe Dunoyer. Les premières concrétisations figurent dans les nouveaux contrats de développement 2017-2021 et concernent le barrage de Pouembout, le barrage de la Ouinné, la centrale C, le doublement de la voie entre Païta et La Tontouta ou encore la route de contournement du Mont-Dore. Ces réalisations représentent près de 80 milliards de francs de chantiers potentiels.

Par ailleurs, le budget 2017 vise à tenir les engagements pris à l’égard des Calédoniens dans le cadre de la déclaration de politique générale du 13 avril 2015 qui plaçait la jeunesse au cœur des préoccupations. Ainsi, il permettra de mettre en œuvre le projet éducatif qui a fait l’objet d’un protocole d’accompagnement avec l’État, le parcours d’excellence et le service civique calédonien. Autre priorité, accroître les moyens de la direction de la Protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse pour faire face à la recrudescence des actes de délinquance. 2017 verra aussi la poursuite des travaux du gouvernement sur la réforme des comptes sociaux. Celle-ci s’appuiera notamment sur les mesures prises dans le cadre du plan de santé calédonien Do Kamo.

Trois sous-budgets

Comme en 2016, afin d’accroître la lisibilité, la présentation des comptes 2017 s’est faite en trois budgets distincts :

– un budget de répartition de 122,4 milliards de francs destinés aux collectivités. Il affiche une prévision à la baisse de 0,9 % par rapport au BP 2016. En raison de l’effet cliquet qui garantit aux communes un maintien de leur dotation, la part de la Nouvelle-Calédonie au BP 2017 sera réduite de 1,9 % ;

– un budget de reversement  de 65,8 milliards, au profit des établissements publics, dont les recettes sont à nouveau prévues à la hausse de plus de 5 % ;

– un budget propre de 64,6 milliards.

Relancer la croissance

Face à un contexte économique morose, toutes les réformes engagées depuis deux ans par le gouvernement s’attachent à déployer de nouveaux relais de croissance. Ainsi, les mesures prises en faveur de la défiscalisation locale tendent à soutenir l’investissement privé. La consommation des ménages sera décuplée grâce à la baisse des prix permise par l’instauration de la TGC et les accords de compétitivité. La réforme de l’impôt sur le revenu, qui a été adoptée par le Congrès le 5 décembre, vise également à redonner du pouvoir d’achat aux classes moyennes. Il s’agit également de poursuivre le développement de filières alternatives au nickel : agriculture, tourisme, énergies renouvelables…

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