Lancement du Service civique calédonien

Le dispositif des guetteurs de feu répond aux principes du futur Service civique calédonien.
Le dispositif des guetteurs de feu répond aux principes du futur Service civique calédonien.

 

Articulé en trois parcours, le Service civique calédonien forme le cadre unique d’un large dispositif qui vise la cohésion sociale de notre société. Ce projet s’inscrit dans la déclaration de politique générale prononcée par le président Germain le 13 avril 2015 devant les élus du Congrès. Il vient d’être adopté par le gouvernement.

 

« Les deux premiers dispositifs ont déjà été présentés lors du vote du projet éducatif par le Congrès en janvier dernier, rappelle Hélène Iékawé, en charge de l’enseignement au gouvernement. Aujourd’hui, nous en organisons les modalités concrètes d’application ». Entièrement scolaire, le premier circuit consiste à dispenser un enseignement civique et moral aux élèves, de l’école primaire jusqu’au lycée. Le parcours suivant a pour objectif de remettre sur les rails de l’enseignement et de la réinsertion des jeunes déscolarisés, sans qualification, diplôme ni emploi. Le dernier volet de ce triptyque sacralise un service civique citoyen, ayant vocation à être obligatoire pour tous les 17-25 ans.

Préparer les petits citoyens de demain

Le parcours civique à l’école concernera chaque année 54 000 élèves. Ils devront valider des actions citoyennes au travers de l’enseignement moral et civique, théorique comme pratique, qui leur sera délivré via les programmes. D’autres démarches, de nature associative, pourront également être validées, du moment qu’elles développent le sens de l’engagement et de la responsabilité.

À l’école primaire, le passeport citoyen sera – par exemple – l’un des supports pédagogiques de sensibilisation aux valeurs républicaines et de la société calédonienne.
À l’école primaire, le passeport citoyen sera – par exemple – l’un des supports pédagogiques de sensibilisation aux valeurs républicaines et de la société calédonienne.

 

Réinsérer les jeunes « décrocheurs »

Deuxième volet, offrir une nouvelle chance aux quelque 600 jeunes âgés de 16 à 18 ans qui chaque année quittent le système scolaire sans qualification, diplôme ni emploi. Nouvelle-Calédonie et services provinciaux travailleront de conserve pour leur proposer des formations sur six mois minimum, avec un seul but : leur intégration professionnelle et sociale. Concrètement, les jeunes décrocheurs se verront proposer des formations passerelles visant un retour à l’école, des dispositifs de formation continue habituellement réservés aux jeunes adultes, ou encore des formes d’alternance telles que l’apprentissage ou les contrats de professionnalisation. Créée sur le modèle des Établissement pour l’insertion dans l’emploi (EPIDE), la Maison du service civique intégrera chaque année 60 à 80 bénéficiaires, parmi les plus éloignés de l’emploi. Un parcours qui pèserait 600 millions de francs par an et ferait l’objet d’un contrat de développement avec l’État.

Le gouvernement a également examiné un avant-projet de loi du pays qui propose d’attribuer des prestations familiales aux familles des jeunes impliqués dans ces dispositifs de réinsertion.
Le gouvernement a également examiné un avant-projet de loi du pays qui propose d’attribuer des prestations familiales aux familles des jeunes impliqués dans ces dispositifs de réinsertion.

 

Créer un service civique citoyen pour tous

Troisième et dernier parcours, le service civique citoyen. « Une étape capitale en matière de politique jeunesse », assure Hélène Iékawé. Pas moins de 4 500 Calédoniens, entre 17 et 25 ans, seraient en effet concernés chaque année par ce parcours d’apprentissage des valeurs républicaines et océaniennes. Si le gouvernement le souhaite obligatoire pour tous, l’État doit encore approuver ce point, qui impose de modifier soit la Constitution, soit la Loi organique. « Une option alternative serait de rendre obligatoire en Nouvelle-Calédonie le service civique universel de l’État », mentionne la membre du gouvernement. Une option d’autant plus intéressante que le dispositif serait ainsi financé par l’État.

Parmi les formations envisagées, des mises à niveau sur différents thèmes comme la santé, la prévention routière, les règles de vie en société ou encore les bases de français et de mathématiques. Côté pratique, des activités sportives et culturelles, et même du secourisme, seraient au programme. À la clé, l’amélioration de la cohésion sociale et de l’esprit citoyen. Le Congrès délibérera parmi les trois options de durée – et de budget – qui lui seront soumises par le gouvernement : un, trois ou six mois.

L’agence calédonienne du service civique

Une agence calédonienne du service civique, chargée de structurer et de promouvoir le dispositif, regroupera les principales institutions calédoniennes et provinciales et l’ensemble des dispositifs existants. Elle constituera la plate-forme unique d’information et de déploiement des différentes formes d’engagement, des volontariats nationaux et internationaux.

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