L’épidémie de dengue est déclarée

Afin d’éviter la prolifération des moustiques, il faut veiller à détruire les gîtes larvaires en nettoyant les gouttières et en éliminant tout ce qui peut contenir de l’eau de pluie aux abords des habitations.

 

Suite à l’augmentation des cas de dengue de type 1 et à la multiplication des foyers, notamment dans le Grand Nouméa, l’épidémie de dengue a été déclarée. Sur le terrain, la direction des Affaires sanitaires et sociales (DASS) dépiste et informe, aidée par la Sécurité civile.

 

« La situation est préoccupante, a déclaré Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la santé. Nous sommes à l’aube d’une épidémie qui pourrait être importante. La mobilisation de tous est indispensable ».

Avec 163 cas confirmés depuis décembre, dont 80 au cours des dix premiers jours de janvier, la dengue de type 1 sévit fortement en Nouvelle-Calédonie. Des chiffres auxquels s’ajoutent d’autres critères inquiétants, tels que les conditions climatiques des prochains mois favorables au développement du moustique Aedes aegypti, les vacances scolaires qui intensifient les déplacements de personnes sur le territoire, et donc le risque d’apparition de nouveaux foyers, ou encore le danger d’une introduction du virus de type 2 qui circule actuellement au Vanuatu et contre lequel la population calédonienne n’est pas immunisée (dernière épidémie en 1998).

Plus de 40 nouveaux cas par semaine

« Si la dengue continue à progresser à ce rythme, elle risque de mettre à mal notre économie et de saturer nos structures de soins, a souligné la membre du gouvernement. Je lance donc un appel à tous les Calédoniens pour qu’ils prennent les mesures nécessaires ». C’est-à-dire, en priorité, éliminer les gîtes larvaires en nettoyant gouttières et jardins, se protéger des piqûres de moustiques, détruire les moustiques et consulter un médecin en cas de fièvre ou d’apparition de maux de tête, de douleurs musculaires ou articulaires, de plaques rouges sur le corps – notamment suite à un voyage au Vanuatu.

75 % des quartiers de Nouméa sont touchés

La direction des Affaires sanitaires et sociales (DASS) est d’ores et déjà sur le pied de guerre. Chaque soir, dès 17 h, des équipes mènent des actions de terrain pour dépister des “cas secondaires” et informent les habitants autour des logements des “cas confirmés”. Des dépliants et des répulsifs sont distribués et des prises de sang peuvent être réalisées sur place, chez les personnes présentant des signes cliniques suspects. Des auxiliaires de sécurité civile de la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR) et des agents PPIC (programme provincial d’insertion citoyenne) renforcent également le dispositif dans les communes de la province Sud.

Les équipes municipales conduisent, dès connaissance des cas, les opérations de lutte antivectorielle associant épandages de deltaméthrine et lutte antilarvaire.

Mobilisation à La Tontouta

L’épidémie s’étend rapidement et de nouvelles communes sont touchées, à l’image de Yaté, Boulouparis, La Foa, Bourail et Poindimié. À l’aéroport international de La Tontouta, dépliants et informations sont diffusés au départ et à l’arrivée des vols en provenance du Vanuatu, et des contrôles sanitaires des passagers par caméra thermique à l’arrivée sont déjà mis en place pour certains vols et seront rendus systématiques dès le 16 janvier.

Concernant les épandages, l’utilisation combinée de la deltaméthrine (actuellement employée pour traiter les maisons des personnes malades dans un rayon de 100 m) et du malathion – à nouveau autorisé par l’Organisation mondiale pour la santé – pourra être envisagée si l’épidémie progresse.

Membre du gouvernement en charge de la santé, Valentine Eurisouké en appelle à la responsabilité de tous les Calédoniens.

 

 

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