Un plan d’actions pour renforcer la lutte contre la dengue

Ce plan d’actions renforcera les équipes en place et apportera des moyens supplémentaires pour cibler les quartiers les plus touchés, les populations les moins aisées et les scolaires.

 

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a lancé, en partenariat avec la province Sud, un programme d’envergure pour lutter contre l’épidémie de dengue déclarée le 5 janvier. Les présidents de ces deux institutions, Philippe Germain et Philippe Michel, en ont présenté les principales mesures à la presse, vendredi 24 février.

 

« Avec ce plan, nous entrons dans une deuxième phase de lutte en passant à la vitesse supérieure, a déclaré le président du gouvernement. Il reflète la mobilisation des autorités pour tenter de contenir cette épidémie par le déploiement de davantage d’agents et de moyens. »

85 agents supplémentaires viendront renforcer les équipes de terrain (composées d’agents de la direction des Affaires sanitaires et sociales (DASS) et des communes) qui mènent déjà, chaque soir, des visites préventives dans une centaine de domiciles de Nouméa et du Grand Nouméa. Ces nouveaux moyens humains seront, pour 60 d’entre eux, des agents PPIC (programme provincial d’insertion citoyenne) mis à disposition par la province Sud. Ainsi que dix agents en service civique volontaire et dix pompiers volontaires de la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR), et cinq infirmiers de la direction des Affaires sanitaires et sociales (DASS).

Les mesures ont été présentées au cours d’une conférence de presse, au gouvernement.

 

Renforcer la lutte anti-vectorielle

Constitués en équipes mobiles de cinq personnes, ils se rendront en priorité au domicile des personnes résidant dans les quartiers les plus touchés, mais également dans l’ensemble des communes de Nouméa et du Grand Nouméa. Leurs tournées débuteront vers 16 heures au lieu de 17 heures, et se prolongeront jusqu’à 20 heures, du lundi au vendredi, jusqu’à la fin du mois de juin. Leur rôle : « Effectuer un premier diagnostic directement sur le terrain, grâce à la présence systématique d’un infirmier dans chaque équipe, distribuer des moyens de protection contre les moustiques – répulsifs cutanés, prises électriques, serpentins – aux personnes les moins aisées, et bien sûr, informer et sensibiliser la population, a expliqué Philippe Germain. Ce dispositif, construit par le gouvernement et la province Sud, pourra aussi s’étendre aux autres communes du territoire, notamment grâce au renfort des sapeurs-pompiers communaux. »

Faciliter l’accès aux produits répulsifs cutanés

Pour éviter toute pénurie, la DASS a commandé des répulsifs afin de constituer un stock et s’est assurée que les pharmacies en avaient fait de même, tout comme les importateurs, contactés par la direction des Affaires économiques (DAE).

« Concernant les prix des produits, je rappelle que ceux des répulsifs corporels et des insecticides sont réglementés et encadrés par la DAE, qui procède à des contrôles, a poursuivi le président du gouvernement. En complément de ces dispositions existantes, nous étudions la possibilité d’étendre le contrôle des marges aux dispositifs muraux (prises et plaquettes) et de suspendre les taxes à l’importation pour tous ces produits. »

Des répulsifs cutanés seront par ailleurs mis à disposition dans les salles d’attente des centres médico-sociaux, de l’aide médicale et de l’aide aux familles de la DPASS (direction provinciale de l’Action sanitaire et sociale), et plus généralement au personnel de la province Sud.

Une circulaire du gouvernement a aussi été adressée aux pharmaciens pour les sensibiliser à leur rôle de conseil quant au choix des répulsifs corporels, et aux médecins, pour leur rappeler la conduite à tenir en situation épidémique.

Protéger les élèves de la province Sud

Très attendues des parents, des actions vont aussi être menées dans les établissements scolaires. Au programme : la diffusion de mallettes pédagogiques pour sensibiliser les directeurs, les personnels enseignants et les élèves, et une mise à disposition, par la province Sud, de répulsifs corporels dans les écoles, les foyers et les internats. « Les parents trouveront prochainement, dans le cahier de correspondance de leur enfant, une autorisation parentale à signer qui permettra aux enseignants d’appliquer du répulsif aux élèves », a expliqué Philippe Michel.

Avec trois sérotypes en circulation, cette épidémie de dengue qui a touché 386 personnes en janvier et déjà 506 en février (nombre de cas déclarés au 24 février), pourrait prendre une ampleur importante. « Elle n’en est probablement qu’à son début, a averti le Dr Grangeon, directeur adjoint de la DASS. Elle pourrait durer jusqu’en juin et avoir des conséquences humaines et économiques réelles. Il faut en appeler au sens civique de chacun pour éviter cela. »

Pour toutes vos questions, n’hésitez pas à contacter le numéro vert gratuit de la DASS : tél. 05 11 03.

60 millions pour la prévention

Ce plan d’actions, d’un montant de près de 60 millions de francs est un investissement partagé par le gouvernement et la province Sud, qui vient renforcer les moyens déjà mis en œuvre par les collectivités. Il comprend :

  • 36 millions de francs pour les 60 PPIC,
  • 7 millions de francs pour les cinq infirmiers,
  • 3 millions de francs pour les 10 agents service civique et les 10 pompiers volontaires de la DSCGR,
  • 14 millions de francs pour 36 000 flacons de répulsifs cutanés.

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