Une main en cadeau

Isabelle Champoreau a testé les mains imprimées en 3D par l’association E-nable NC South Pacific.

 

E-nable NC South Pacific fabrique gratuitement des mains mécaniques articulées pour des enfants handicapés. Isabelle Champmoreau, en charge notamment du handicap au gouvernement, a rencontré les membres de cette association qui offrent bénévolement leur temps pour donner un « coup de main » aux autres.

 

Liée à l’apparition des premières imprimantes 3D sur le marché, l’idée est née aux États-Unis, en 2013, avec la création de l’association E-nabling The Future. Le concept, à la fois philanthropique et technologique, se développe rapidement à l’international, jusqu’en Nouvelle-Calédonie où E-nable NC South Pacific en devient, en juin 2016, la 46e antenne. « Aujourd’hui, il en existe plus de 60 », explique Jean-Christophe Turcon, qui préside l’association locale, à Isabelle Champmoreau. Gérant d’un cabinet de conseils en organisation et management, c’est avec des amis d’horizons très variés qu’il s’est lancé dans cette aventure : un biologiste-plongeur scientifique, une hydrobiologiste, une infirmière et un ingénieur en mécanique. Des profils diamétralement opposés, mais complémentaires, qui ont déjà relevé le défi de fabriquer deux mains articulées pour des enfants de Lifou et de Nouméa. « Ces mains de « super-héros«  leur permettent de jouer, de tenir un objet, de faire du vélo… Elles ne remplacent pas des prothèses médicales, souligne Jean-Christophe Turcon, mais elles proposent un regard différent sur le handicap qui aide leurs receveurs à s’intégrer socialement. »

Des mains sur mesure

L’association produit ces appareillages ludiques sur la base de protocoles développés par E-nabling The Future et disponibles en ligne. « Nous adaptons ces plans numériques à la taille et aux capacités de l’enfant et y ajoutons les couleurs de son choix, poursuit Jean-Christophe Turcon. Les pièces de la prothèse sont ensuite fabriquées individuellement par une imprimante 3D, puis nous les assemblons manuellement. » Après un essai et quelques réglages sous l’œil d’un ergothérapeute, l’heureux jeune propriétaire repart avec sa nouvelle main.

« C’est une démarche remarquable que le gouvernement va s’efforcer d’accompagner, a conclu Isabelle Champmoreau à l’issue de la rencontre. Une subvention devrait être accordée et une étude est en cours en vue d’exonérer de taxes à l’importation les consommables nécessaires à la fabrication des mains. Nous allons aussi mettre en contact l’association avec d’autres partenaires afin de l’aider à développer son réseau qui peut très certainement intéresser de nombreuses familles sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie. »

Membre du Collectif-handicaps Nouvelle-Calédonie, lauréate des Nickels de l’initiative en 2016, aidée par l’association Les bouchons d’amour (collecte puis revente de bouchons en plastique) et éligible au mécénat depuis peu, l’association en appelle aussi à toutes les bonnes volontés susceptibles de lui « donner la main » pour lui permettre de continuer à tendre la sienne à ceux qui en ont besoin en Nouvelle-Calédonie, et pourquoi pas, jusqu’au Vanuatu !

 

Des mains et plus encore

E-nable NC South Pacific expérimente également la fabrication d’objets usuels destinés à faciliter le quotidien des personnes handicapées : prothèse équipée d’un médiator ou d’une baguette pour jouer de la guitare ou de la batterie, cuillère ergonomique, fourchette antidérapante, tête de clé pour faciliter la préhension… Grâce à l’impression 3D, le handicap devient une source de créativité.

Des projets pédagogiques

Jean-Christophe Turcon a développé des projets éducatifs afin de sensibiliser les enfants au handicap. Il a notamment organisé, l’an dernier, des activités d’assemblage de mains articulées pour les Louveteaux et les Jeannettes des Scouts et Guides de Nouvelle-Calédonie dont il fait partie. Des activités que l’association aimerait renouveler auprès d’autres groupes d’enfants, dans un cadre scolaire par exemple.

 

 

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