Top départ pour la réforme du collège

 

Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement, Yolande Verlaguet, directrice de l’Enseignement de la Nouvelle-Calédonie, et Jean-Charles Ringard-Flament, vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie, directeur général des enseignements.

 

Les directeurs d’établissement du  public et du privé,  les inspecteurs académiques, les inspecteurs du 1er degré ainsi que l’encadrement du vice-rectorat étaient réunis, lundi 20 mars, pour donner le coup d’envoi de la réforme du collège. Objectif : être prêts et formés d’ici son entrée en vigueur à la rentrée 2018.

 

 

Adoptée par le Congrès fin décembre 2016, la réforme du collège vient compléter le cadre réglementaire dont s’est doté la Nouvelle-Calédonie afin de rénover son système scolaire. « Après le projet éducatif voté le 15 janvier 2016 par les élus du Congrès, puis la charte d’application des orientations de politique éducative adoptée le 1er décembre, la réforme du collège est le défi suivant que nous devons relever », a déclaré Hélène Iékawé en ouverture de cette journée d’information proposée par le vice-rectorat et le gouvernement. « Rien ne se fera sans vous et sans vos équipes », a-t-elle ajouté à l’intention des acteurs du monde enseignant présents en nombre dans la salle.

« Démocratiser la réussite scolaire »

Globale et modifiant à la fois la structuration de l’enseignement, ses contenus et les pratiques, cette réforme s’apprête à « faire bouger le collège, a prévenu le vice-recteur. Elle permettra de démocratiser la réussite scolaire, ce qui est aussi un enjeu pour le développement économique de la Nouvelle-Calédonie. »

Pour cela, la réforme instaurera une nouvelle organisation des cycles, « en modifiant le troisième cycle pour le faire glisser sur trois ans (CM1, CM2, 6e), en articulation avec la première année de collège, a rappelé la directrice de l’Enseignement de la Nouvelle-Calédonie. Elle passera donc aussi par l’évolution du premier degré pour permettre aux élèves d’entrer au collège avec les compétences nécessaires. »

Les enseignements seront aussi restructurés avec l’introduction d’heures d’accompagnement personnalisé (trois heures par semaine en 6e, puis une à deux heures de la 5e à la 3e) et d’enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI, deux à trois heures par semaine à partir de la 5e), et l’apprentissage d’une deuxième langue vivante dès la 5e. Les horaires de cours seront mieux répartis sur les quatre années de collège et les établissements bénéficieront d’une autonomie élargie dans leurs actions pédagogiques.

Davantage d’heures de maths et de français

Si elle est de portée nationale, cette réforme sera cependant contextualisée et adaptée à la Nouvelle-Calédonie par des mesures déclinées des grandes ambitions du projet éducatif. Par exemple, afin de contribuer à « Ouvrir l’école sur la région Océanie et sur le monde », les langues kanak (drehu, nengone, paicî, ajië) seront relevées au rang des choix de la deuxième langue vivante, au même titre que l’espagnol, l’allemand, le chinois, le japonais et l’italien. Autre point fort pour le collège calédonien : un renforcement des horaires en français et en mathématiques, pour pallier les lacunes des élèves dans ces matières.

Véritable déclinaison du projet éducatif, cette réforme doit désormais être prise en main et préparée par les chefs d’établissement, sous l’égide des institutions : « Le processus de formation de tous les acteurs commencera prochainement et des réunions de bassin seront organisées pour favoriser les échanges de pratiques », a rassuré le vice-recteur.

L’auditorium de la province Sud a accueilli la journée de lancement de la réforme du collège en Nouvelle-Calédonie.

 

Sept collèges déjà engagés dans la réforme

Depuis 2016, le collège Jean-Mariotti, ceux de Tuband, de Koutio, de La Foa, de Koumac, de Tadine et le collège du Sacré-Cœur de Bourail expérimentent cette réforme afin de procéder à son adaptation à la Nouvelle-Calédonie.

Un cadrage fort

La nouvelle autonomie offerte aux établissements s’inscrira néanmoins dans un cadrage fort, garant de la conformité de l’enseignement (notamment au plan de l’évaluation des élèves à travers le nouveau Diplôme national du Brevet), mais aussi de l’égalité entre les collégiens et entre les volumes horaires affectés aux différentes matières. « Par exemple, il sera possible de consacrer davantage d’heures au français et aux mathématiques au premier trimestre de 6e, à condition de « rembourser«  les enseignements non dispensés ou « sacrifiés«  pendant cette période, au cours des trimestres suivants de la même année », explique Michelle Roire, adjointe pédagogique du vice-recteur.

Les programmes, les diplômes, la formation et le contrôle pédagogique des enseignants du secondaire resteront pour leur part de la compétence de l’État.

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