Un plan de soutien pour les sinistrés agricoles de Cook

Le gouvernement a reconnu le 18 avril le caractère de calamité agricole aux dommages provoqués par le cyclone Cook.

 

Le gouvernement, en concertation avec les provinces, a arrêté un plan de soutien aux agriculteurs et aux communes impactés par le cyclone Cook. L’objectif est d’accélérer les indemnisations mais aussi, à travers le versement d’aides exceptionnelles, de relancer le plus rapidement possible la production et de remettre en état les infrastructures.

 

Jeudi 13 avril, une délégation du gouvernement, conduite par le président Philippe Germain, s’est rendue dans sept exploitations agricoles de la province Sud (Païta, La Foa, Farino, Moindou, Bourail) dévastées par le cyclone Cook. Le constat est sans appel : les dégâts sont énormes pour la filière fruits et légumes, tandis que les élevages ont eux-aussi enregistré des pertes matérielles. Après cette visite de terrain, le gouvernement s’était engagé à accélérer la procédure d’aides pour les sociétaires de la Cama (Caisse d’assurances mutuelles agricoles). Ainsi, dès le 18 avril, il a reconnu par arrêté le caractère de calamité agricole aux dommages provoqués par le cyclone Cook, sans attendre les deux ou trois mois habituellement nécessaires au chiffrage complexe des sinistres. Une décision qui permet d’ouvrir sans délai l’instruction des demandes d’indemnisation.

Acomptes sur les indemnisations

Les exploitants touchés par le cyclone doivent donc adresser leur déclaration de sinistre avant le 21 avril à l’Apican (Agence pour la prévention et l’indemnisation des calamités agricoles) qui centralise les demandes.  Et cela, qu’ils soient assurés ou non à la Cama. Ils peuvent être aidés dans leur démarche par les services provinciaux ou de la Chambre d’agriculture. Dans le cadre du plan de soutien adopté par le gouvernement, la Cama a été exceptionnellement autorisée à verser un acompte à ses sociétaires à hauteur de 25 % du capital souscrit. « Cette aide à la trésorerie doit permettre aux agriculteurs de remettre en état leurs installations et de replanter le plus tôt possible », souligne Philippe Germain. La procédure reprendra ensuite son cours et au terme du calcul des indemnisations, les exploitants percevront un complément. « Lors de sinistres de cette importance se pose aussi la question des non assurés, nombreux dans le domaine de l’agriculture familiale. Au nom de la solidarité, nous devons aussi leur apporter un soutien. Cette aide, via l’Apican, devrait correspondre à la moitié de ce qu’ils auraient pu obtenir s’ils avaient été assurés », poursuit le président du gouvernement. D’où l’importance de faire sa déclaration de sinistre.

Maintien de l’emploi

Une autre mesure adoptée vise « à la fois à maintenir l’emploi sur les exploitations agricoles et à soutenir le surcroît d’activité chez certains agriculteurs qui vont avoir besoin de main-d’œuvre pour réparer et relancer leur production », explique Philippe Germain. Cette aide à l’emploi sera discutée dès demain en séance extraordinaire du conseil d’administration de l’Apican. La prise en charge devrait s’élever à 50 % du salaire, plafonnée à 75 000 francs par mois par ouvrier, dans la limite de quatre mois et de cinq ouvriers par exploitation. Enfin, des discussions sont en cours avec l’État pour une intervention en faveur de l’agriculture vivrière, essentiellement en brousse, via l’Apican.
 
Les réductions de productions locales sur le marché seront compensées par des produits importés a annoncé l’Ifel (Interprofession fruits et légumes de Nouvelle-Calédonie).

115 millions de francs pour les communes

La liste est conséquente : Ouvéa, Lifou, Pouembout, Koné, Voh, Hienghène, Touho, Poindimié, Ponérihouen, Houailou, Kouaoua Canala, Poya (nord et sud), Bourail, Moindou, La Foa, Sarramea, Farino, Boulouparis, Thio, le Mont-Dore, Dumbéa et Païta. Pas moins de 23 communes ont été impactées par le passage du cyclone Cook. Une subvention de cinq millions de francs va être versée à chacune d’elles, soit un total de 115 millions de francs. « Cette enveloppe d’urgence donne les premiers moyens aux communes pour faire face aux réparations. Une fois qu’elles auront établi un bilan précis, l’intervention du gouvernement sera complétée par des aides provinciales plus ciblées », détaille Philippe Germain. Le concours de l’État est également attendu, après qu’il ait reconnu l’état de catastrophe naturelle, à travers ses fonds d’extrême urgence et de secours.  
 
Nakutakoin, à Dumbéa, aux lendemains du cyclone Cook.

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