U17, les nouveaux ambassadeurs

La photo de groupe : joueurs, staff, DJS et élus politiques.

 

Ce vendredi 24 novembre, Philippe Germain a reçu les moins de 17 ans (U17) qui ont participé en octobre en Inde à la première Coupe du monde de football jamais disputée par une sélection calédonienne. L’occasion de les féliciter, de leur offrir des médailles, et surtout de les sensibiliser sur l’exemplarité de leur performance.

 

« Le défi était de taille, et vous l’avez relevé, au milieu de grandes nations du ballon rond, l’Angleterre vainqueur du tournoi, l’Espagne, finaliste, ou encore le Brésil, face à de jeunes adversaires qui pour certains ont déjà signé un contrat professionnel. Contre le Japon, vous avez puisé dans vos ressources pour égaliser grâce à un but dont Abiezer Jeno se souviendra toute sa vie ! », s’est réjoui Philippe Germain.

Ce but, à la 83e minute, le capitaine de la sélection le raconte avec plaisir : « Un jeu à trois dans la profondeur qui finit par un corner. Cyrille Nyipie le tire au premier poteau, Pierre Bako dévie de la tête au 2e poteau. J’ai vu le ballon au dernier moment, j’ai mis la tête. Et ça a fait but, dans le petit filet. » Le soir, dans les chambres, après avoir dîné entre joueurs, les U17 ont refait le monde, repensé à ce match fou (1-1) et à tout le parcours accompli depuis les éliminatoires à Tahiti. « On s’est dit que, tout de même, on n’avait pas été ridicules et qu’on avait réussi à rivaliser avec de grandes équipes. On était fiers de nous. »

Les petits Poucet

« Ce jour-là à Calcutta, devant près de 45 000 spectateurs qui avaient pris fait et cause pour vous les « petits Poucet », vous vous êtes transcendés, vous avez, à n’en pas douter, vécu l’expérience la plus extraordinaire de votre vie, poursuit le président du gouvernement. Quoi de plus valorisant, quoi de plus excitant, pour un footballeur, que de disputer une Coupe du monde, surtout devant un stade plein à craquer ? ».

Quelques jours plus tôt, Sidri Wadenges avait inscrit contre la France le premier but de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie dans une compétition organisée par la FIFA. Lui aussi ne l’oubliera pas de sitôt, malgré la lourde défaite (1-7). « Un ballon flottant au niveau des 6 mètres. Il me tombe dessus et je marque, un peu surpris, de la cuisse. Ma famille m’a dit qu’elle était fière de moi. Je garde la vidéo précieusement… »

Pour le coach de la sélection, Dominique Wacalie, « les jeunes n’ont pas su maîtriser leurs émotions lors des deux premières rencontres ». « Ils étaient encore au stade de la découverte. Ils n’ont vraiment pris conscience de l’enjeu de la compétition que lors du troisième match où ils ont donné tout ce qu’ils pouvaient pour le pays. Cette expérience aura permis de mesurer l’écart entre le foot de haut niveau et celui qui se pratique en Nouvelle-Calédonie. Ceux qui nourrissent l’ambition de devenir professionnels savent désormais le chemin qu’il leur reste à parcourir. »

Un exemple pour la jeunesse, comme Teddy Riner

« Vous avez été de bien beaux ambassadeurs de la Nouvelle-Calédonie, reprend Philippe Germain, avant de féliciter l’ensemble de la délégation, joueurs, entraîneurs, et tout le staff, du préparateur physique au médecin. Ce match nul face au Japon représente le fruit de six mois de préparation, l’aboutissement de six mois d’efforts et de sacrifices, où il a fallu changer vos habitudes, respecter une nouvelle hygiène de vie, boire un peu moins de coca et aller moins souvent au McDo, renoncer le soir aux sorties avec les copains ou les copines, jongler entre les études et le football… Votre aventure est un exemple pour toute la jeunesse de ce pays ! » D’ailleurs, la fédération calédonienne de football a enregistré en 2017 près de 2 000 licenciés de plus qu’en 2016 dans la catégorie jeunes. Un bond en partie dû à l’exploit indien.

Pour finir, Philippe Germain a indiqué aux U17 qu’il avait reçu quelques jours plus tôt Teddy Riner : « Un modèle pour nos jeunes judokas, qui incarne les valeurs que sont l’effort, le courage, le travail, le dépassement de soi, mais aussi le respect de l’adversaire. Comme lui, vous avez prouvé qu’avec de la volonté, tout devenait possible ».

Abiezer Jeno, auteur du but égalisateur face au Japon, avec Philippe Germain et Dominique Molé.

 

Sidri Wadenges, buteur contre la France, aux côtés d’Hélène Iékawé et Philippe Dunoyer.

 

Réactions

Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement : « On vous a suivis, à la maison, dans les familles. […] Ce déplacement, vous n’êtes pas près de l’oublier ! À cet âge-là, on aurait aimé nous aussi vivre une telle expérience ! »

Dominique Molé, 3e vice-président de la province Sud : « Vous avez prouvé qu’un petit pays pouvait rivaliser avec les grandes nations, et montré, à travers le sport, qu’on avait aussi une jeunesse qui réussit, dont on ne parle pas uniquement lorsqu’il y a des problèmes d’alcool ou des bagarres. J’espère que ce n’est qu’un début, vous avez l’avenir devant vous. »

Philippe Dunoyer, député de la 1re circonscription : « Ce que vous avez accompli est historique ! Ce n’était pas un cadeau de tomber contre la France… Au-delà des résultats, vous avez montré que vous formiez vraiment un groupe, une équipe. […] »

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