« Le futur se bâtit par l’éducation »

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a visité le collège Baudoux vendredi 4 mai.

 

Dans le cadre de la visite du président de la République en Nouvelle-Calédonie, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, s’est rendu au collège Baudoux. Une visite placée sous le signe du projet éducatif calédonien.

 

Alors que le week-end avait déjà commencé pour la plupart de leurs camarades, les élèves du collège Baudoux n’ont pas hésité à jouer les prolongations pour accueillir comme il se doit le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, en cette fin d’après-midi de vendredi. Une haie d’honneur et les chants des élèves des classes à horaires aménagés musique ont souhaité la bienvenue à leur invité de marque, accompagné notamment d’Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement, et de Jean-Charles Ringard-Flament, vice-recteur, directeur général des enseignements.

Après cet accueil chaleureux, le ministre s’est rendu en classe aux côtés des élèves de la section internationale franco-australienne (SIFA, voir encadré) qui bénéficient d’un enseignement renforcé en anglais. « Sur le plan géopolitique, cette section est en phase avec la stratégie à laquelle travaille le Président Macron pour développer un axe indopacifique , a noté Jean-Michel Blanquer. Le Pacifique est fondamental sur notre planète, et la France à un rôle à y jouer. Cette vision ne peut avoir de sens que par l’école, en préparant les jeunes à l’avenir, comme le fait cette section ».

Le ministre a échangé quelques mots « in English » avec les élèves de la SIFA.

LCK, une discipline bientôt consacrée

Le ministre s’est ensuite intéressé à l’enseignement des langues et de la culture kanak (LCK), élément essentiel du projet éducatif  destiné à rapprocher les communautés en créant des passerelles de compréhension mutuelle. Après une présentation factuelle de cet enseignement spécifique, une enseignante a tenu à attirer l’attention du ministre : « J’aime mon travail et je m’épanouis en enseignant le drehu, a déclaré la jeune femme originaire de Lifou. Mais je suis maître auxiliaire, des collègues ont d’autres statuts inadaptés… Nous profitons de votre présence, Monsieur le ministre, pour vous solliciter sur la création d’un CAPES bivalent* en langues kanak. » Une requête à laquelle Jean-Michel Blanquer – ancien recteur de Guyane, sensibilisé à la question des langues vernaculaires – a promis d’accéder. « On va aller vers un CAPES bivalent et accompagner le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en la matière, a-t-il affirmé. C’est important pour souligner cet ancrage culturel que nous souhaitons tous et pour permettre aux enseignants de faire carrière dans l’éducation au travers de cette compétence. J’espère revenir quand il sera installé ! »

Échange autour des langues et de la culture kanak.

« Des atouts considérables que l’école peut faire valoir »

La visite du collège Baudoux s’est terminée par une réunion, en présence de chefs d’établissements, de professeurs, d’inspecteurs, de conseillers pédagogiques, etc., sur un thème central du projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie : le vivre-ensemble,

« Nous sommes dans une année particulière, a insisté le ministre. 2018 est un rendez-vous avec l’histoire pour la Nouvelle-Calédonie. Mais quoi qu’il se passe, il y aura un après

4 novembre, fait de vivre-ensemble. Il est donc très important que collèges et lycées le permettent. Des choses extraordinaires sont faites ici et je suis très optimiste : on voit le chemin parcouru et même l’avant-gardisme qui existe ! Vous avez la capacité à faire vivre la diversité des origines et à en tirer de la force. La Nouvelle-Calédonie a des atouts considérables que l’école peut faire valoir. Le futur se bâtit par l’éducation. »

*Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré. Il sera bivalent en associant les langues kanak à une autre discipline, comme le français, par exemple.
« Je tiens à vous féliciter et à vous dire la gratitude de l’institution vis-à-vis de ce que vous faites », a déclaré le ministre face aux acteurs de l’enseignement.

La section internationale franco-australienne

Créée en 2017 au sein des collèges Baudoux et de Dumbéa-sur-Mer, cette section accueille cette année une cinquantaine d’élèves dans chaque établissement, répartis entre la 6e et la 5e. La SIFA offre un enseignement renforcé en anglais, ainsi qu’une découverte de la culture et de l’histoire australienne. Les élèves, recrutés sur l’ensemble du territoire, pourront décrocher l’option internationale au brevet, puis au baccalauréat. La création de cette section fait partie des actions mises en œuvre dans le cadre du projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie, en répondant à l’ambition d’ouvrir l’École calédonienne sur la région Océanie et sur le monde.

Les élèves des classes à horaires aménagés musique ont interprété un chant kanak, l’hymne national australien et La Marseillaise.

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