Booster l’économie numérique

Parmi les actions prioritaires pour le développement de la filière numérique, la création d’un lieu « totem » pour réunir et structurer la filière.

 

Élaboré par le gouvernement, un programme d’actions vise à développer la filière des technologies de l’information et de la communication et à accompagner la transformation numérique du territoire. Très attendues par les acteurs du secteur, les premières réalisations devraient voir le jour cette année.

 

La filière numérique calédonienne compte environ 190 acteurs – essentiellement des petites entreprises – répartis dans les domaines des télécoms, de l’équipement informatique, de l’électronique grand public, du développement d’applications (logiciels, sites Internet, etc.) et de la prestation de services. En 2017, le gouvernement a conduit, à travers sa cellule économie numérique (ÉcoNum), une étude en vue de définir la stratégie de développement de ce secteur d’activité, incontournable au XXIe siècle. « Cette action s’inscrit dans le plan stratégique pour l’économie numérique (PSEN, lire l’encadré) et dans la déclaration de politique générale du 22 décembre 2017, rappelle Bernard Deladrière, membre du gouvernement chargé notamment du numérique. Au niveau mondial, c’est le secteur qui progresse le plus rapidement. En Nouvelle-Calédonie, la filière représente une part insuffisante du produit intérieur brut*, nous avons donc une grande marge de progression. Cela répond également à la volonté de diversifier notre économie ».

Innovation et compétitivité

Acteurs du secteur, représentants de la nouvelle économie ou e-commerce, mais aussi utilisateurs (administrations, entreprises, associations, syndicats patronaux)… Plus de 80 consultations ont été menées afin d’établir un état des lieux de la filière numérique calédonienne. Renforcé par plusieurs analyses, ce diagnostic a permis de confirmer le potentiel d’emplois et de croissance économique du secteur. D’autres constats sont apparus. « Peu d’actions ont été mises en œuvre pour développer la culture de l’innovation par le numérique, illustrée typiquement par des sociétés comme la jeune entreprise PickMe.nc (application mobile de mise en relation entre usagers et chauffeurs). En Métropole, la majorité des start-up sont digitales !, souligne Bruno Ferrandis, chargé de mission à la cellule ÉcoNum. Par ailleurs, peu d’entreprises calédoniennes ont conscience des enjeux du numérique pour gagner en compétitivité ».

Pour Bernard Deladrière, c’est un sujet essentiel : « Surtout au moment où la Nouvelle-Calédonie souhaite se développer à l’international et permettre à ses entreprises d’exporter, que ce soit des biens ou des services, dans les pays de la région. Pour cela, l’amélioration de la compétitivité est indispensable et cela passe en particulier par le numérique ».

Stratégie des télécoms

Des principaux résultats de cette étude a découlé un programme d’actions articulé autour de trois grands axes : innover par et avec le numérique, engager le développement régional de la filière et accompagner la transition numérique de l’économie calédonienne. « Lors d’une phase intermédiaire, avec des acteurs du secteur réunis en groupes de travail, onze actions ont été priorisées. Elles constituent le socle du développement de la filière et de son écosystème », indique Bruno Ferrandis.

Parmi ces mesures, une étude pour définir la stratégie sectorielle des télécommunications est sur le point d’être lancée. « Au sein de l’économie numérique, les télécoms jouent un rôle essentiel. Le gouvernement souhaite que le prochain plan stratégique de l’OPT s’inscrive dans une stratégie globale qui sera proposée par le gouvernement au Congrès à l’issue de cette étude », explique Bernard Deladrière.

Autre projet bien avancé, une étude relative à la création d’une plate-forme d’open data, « afin de mettre à disposition des données publiques que les entreprises pourront réutiliser pour les valoriser et développer des applications  », précise Bruno Ferrandis.

Un lieu dédié au numérique

Dans un deuxième temps, des actions seront engagées afin d’accompagner le tissu économique calédonien dans sa transformation numérique, mais aussi pour structurer la filière. Sur cet aspect, il est prévu de créer un lieu emblématique qui regroupera l’ensemble des acteurs du secteur (cluster, Observatoire du numérique, structure d’accompagnement des jeunes pousses, cellule ÉcoNum, etc.) afin de créer des synergies. Une des finalités de ce programme, qui sera développé de manière partenariale (public/privé, avec les provinces, les chambres consulaires, etc.), est bien de « soutenir les jeunes pousses car ce sont ces entreprises innovantes qui vont tirer la croissance économique », conclut Bernard Deladrière.

* 2,77 % du PIB en 2015 contre 6 % en moyenne dans les pays membres de l’OCDE.

Le PSEN à mi-parcours

Porté par le gouvernement et mis en œuvre par la cellule ÉcoNum, le plan stratégique pour l’économie numérique (PSEN) 2014-2022 comporte plusieurs axes. Avant de traiter la question du développement de l’économie numérique, de nombreuses actions ont déjà été réalisées pour améliorer la gouvernance et la confiance dans les nouvelles technologies, soutenir l’aménagement du territoire et ses infrastructures (équipement des établissements scolaires, cases numériques, etc.) et développer les usages (création de service-public.nc, téléservices, etc.).

La filière numérique en chiffres (2015)

– 191 sociétés actives localisées à plus de 80 % en province Sud à Nouméa

– 1 965 emplois, soit 2,4 % de l’emploi salarié (équivaut à l’agriculture et à la pêche)

– Environ 59 milliards de chiffre d’affaires hors taxe

– Le secteur des télécoms représente 58 % du chiffre d’affaires et 55 % de l’emploi

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